Le "noir" occupe une bonne place dans sa palette, comme en témoignent, entre autres, un Hammett, d'après un scénario de Jean Dufaux, le très beau L'autre laideur, l'autre folie paru en 2004, ou encore ce nouvel album.
Années 50. Une petite
ville, quelque part aux Etats-Unis. C'est là que débarque l'inspecteur Jack Barton, pour y retrouver un homme qu'il a arrêté vingt ans auparavant. Après toutes ces années, on vient de lui refiler
un détail sur l'affaire. Un détail qui l'éclaire sous un nouveau jour, un détail qui le taraude, qui l'obsède, qui contredit sa représentation du monde.Il n'a qu'une question à poser à Frank Foster, et il a besoin d'une réponse.
Dans les années 30, Frank faisait partie d'un gang de braqueurs de banques. Le dernier coup a mal tourné, un caissier est mort et son frère cadet a été abattu par la police.
Il a purgé une peine de vingt ans, puis s'est rangé des voitures. Et plus encore : l'ex-gangster est devenu un croyant fervent. Et un citoyen respecté et apprécié de tous, toujours prompt aider son prochain et à tendre l'autre joue.
Une femme, deux enfants, un job chez l'épicier du coin et le dimanche à l'église. Affable, vertueux, charitable.
Le flic, d'abord surpris par la nouvelle personnalité du bonhomme, déboule dans cette vie réglée comme du papier à musique bible, à peu près comme un éléphant dans un jeu de quilles.
Mais si Foster a fait une croix sur le passé, Barton, lui, est bien décidé à le ressusciter.
En mettant en scène deux hommes que tout oppose et en jouant de leurs antagonismes, Malès s'évertue à brouiller les pistes entre les figures du Bien et du Mal, à inverser les rôles entre le bon et le méchant.
Entre un ex-taulard transformé en candidat à la sainteté, un type bien propre sur lui, toujours une Bible dans les mains et un verset à la bouche. Et un pêcheur en puissance, un flic acâriatre et vulgaire qui feuillette des revues porno et se saoule la gueule à la moindre occasion.
Mais, et c'est là que le bât blesse à mon sens, c'est qu'au bout du compte, il y a quand même UN méchant et UN gentil dans cette histoire, ce qui me fait dire que les personnages obéissent à certains archétypes et que la réalité est finalement conforme aux apparences.
Si je regrette ce manque de nuances, j'ai apprécié par contre le dessin très contrasté : un graphisme - N&B très prononcé, trait plutôt gras et grande variation de plans -, qui confère à cet album une ambiance rappelant celle des films noirs américains des années 50.
Bref, j'aurais aimé que le propos soit plus nuancé que le graphisme, et je reste plutôt dubitatif quant au résultat final, bien qu'on ait là un travail particulièrement soigné, auquel d'ailleurs je n'ai pas grand-chose à reprocher, si ce n'est ce nappage de bons sentiments sur un polar que j'aurais souhaité plus âpre.
Cela dit, peut-être que le côté "Jésus est ton sauveur" a réveillé l'anti-clérical primaire qui sommeille en moi !
En tout cas, si vous avez un avis différent, n'hésitez pas...
Sous son regard / Marc Malès (Vents d'Ouest, 2009)
Du sang dans la sciure se déroulait dans l'East Texas dans les
années 30 et racontait l'histoire de Sunset, femme-shérif de Camp Rapture. Quelques décennies plus tard, son petit-fils
Certains auteurs prennent s'éloignent un peu de Brixton, quand d'autres impliquent directement
les Clash dans leurs nouvelles. Comme Michel Leydier, par exemple, qui imagine Joe Strummer devant Saint-Pierre, plutôt contrarié par les frasques terrestres du chanteur, ou Pierre
Mikaïloff qui à partir d'interviews imaginaires, s'amuse à pister le mystérieux Jimmy Jazz, guitariste éphémère (et inexistant) du groupe !
Sweeney est pharmacien et vient de trouver un poste à Quinsigamond, dans la
clinique du docteur Peck, un neurologue réputé. C’est là qu’il fait transférer son jeune fils Danny, plongé dans le coma depuis un an. Après l'accident, sa femme s'est suicidée. C'est un homme
dévasté, rongé de remords, de frustration, et sujet à de soudains excès de colère et de violence.
Tous les jours, en fin de
matinée, le commandant de police Pierre Vilar stationne devant l'école, prêt à interpeler et même à tuer le moindre individu suspect. Quelques années plus tôt, en sortant de cette même école, son
fils Pablo a disparu.
Dans sa cellule, un condamné à mort trouve dans la Bible un petit bout de papier
où il est inscrit 73304-23-4153-6-96-8. Le bourreau le fourrera négligeamment dans sa poche quelques minutes plus tard. Suivent une série de coïncidences : le tatouage d'un chien, le
dossard d'un sportif vu dans le journal, un numéro de téléphone, tout correspond à la série de chiffres. Et notre homme va ainsi faire la rencontre d'une femme splendide et dévaliser le casino.
Quelques hors-la-loi se retrouvent autour d'une partie de poker ; on
se jauge, on fait connaissance, avant de discuter du futur "coup". Là, ça tourne court, vu que Parker vient de cravater l'un des invités, après s'être rendu compte qu'il portait un micro. On
se débarrasse de la taupe et on se sépare ni vu ni connu. Pas bon pour les finances, mais s'agit d'être prudent dans ce métier.
Se rendant chez Jeanne Désiris, une cliente qui lui avait fixé rendez-vous, Burma la retrouve
morte. Le mari gît à ses côtés. A première vue, un drame conjugal : l'époux aura tué sa femme avant de se donner la mort.
