Voici
les premières phrases de ce formidable bouquin, une relation de voyage par l’anglais John Williams au début des années 90 (non, Badlands n’a rien
perdu de son actualité et de son intérêt…).
Décrivant une grande boucle au départ de Miami, John Williams parcourt d’abord le Sud – la Louisiane et le Nouveau-Mexique – avant de rejoindre la côte Est – Los Angeles, San Francisco -, remonte ensuite vers le Montana et Chicago pour finir par New York en faisant une halte à Détroit ainsi qu’à Boston. Au gré des déplacements et des rencontres de l’auteur, nous croiserons notamment Tony Hillerman, James Lee Burke, Elmore Léonard, Eugène Izzi ou Sara Paretsky qui évoquent leur parcours, la façon dont ils appréhendent leur métier, dont ils organisent leurs intrigues et construisent leurs personnages ; ils évoquent leur propre histoire, celle de leur quartier, comme autant de sources d’inspiration… « Ecrire sur ce que l’on connait le mieux » est une maxime qui revient souvent, quand d’autres effectuent un gros travail de recherche (on apprend par exemple qu’Elmore Léonard a embauché un documentaliste à mi-temps qui collecte pour lui tout un tas d’informations qui sert de matière à ses romans).
Au gré des rencontres, des anecdotes (savoureuses ou glauques, c’est selon) et des discussions avec les écrivains, le livre brosse un portrait contrasté de l’Amérique, où la misère côtoie l’opulence, où les questions raciales occupent une place d’importance dans les remous de la société américaine, minée par le racisme, la corruption, la violence… Et le rêve américain en prend un sacré coup...
Un mot sur l’auteur : après la rédaction de ce fameux livre, John Williams s’est lui-même lancé (avec brio) dans l’écriture de polars avec une trilogie consacrée à la ville de Cardiff : Cinq pubs, deux bars et une boite de nuit, suivi de Cardiff dead et du Prince de Galles.
Badlands / John Williams (Badlands, trad. de l'américain par Olivier Schwengler. Rivages, Ecrits noirs, 1994)

1919. Le "Môme" Lhozier, huit ans
et demi, vit seul avec sa mère dans un petit appartement parisien. Le père est mort à la guerre. Mais pas vraiment en héros, sur le champ de bataille après l'assaut, non là ce serait plutôt
le peloton d'exécution pour mutinerie... Les voisins le savent et leur font bien sentir, surtout à la pauvre femme qui, lasse des quolibets et des coups, finit par être internée en "maison
de repos". Le gamin atterrit à l'orphelinat, où il va rapidement s'entourer de trois compères, un peu plus âgés que lui : son "parrain" Deveau qui le prend sous son aile, le gars
Beurré, le beau parleur du groupe et le grand Aristide, l'aîné titillé par les hormones...
A
travers le personnage et la vie de Yossef Blumenthal, François Joly nous rappelle au devoir de mémoire mais surtout à la vigilance face à toutes sortes d'extrémismes...
cadavr
Jonathan Hemlock est
un homme multiple : alpiniste de renommée internationale, professeur d'art... Féru d'art et de femmes, toujours à court d'argent pour assouvir sa passion de collectionneur, il fait des "extras"
comme tueur à gages (!) pour le compte du CII, une agence gouvernementale (oui, on pense à la même chose), département (secret) Recherche et Sanction. Après l'assassinat d'un membre de
l'agence, il se voit confier une nouvelle mission : sa cible fait partie d'une expédition qui va gravir l'Eiger, montagne réputée extrêmement dangereuse. Hemlock rejoint le groupe, composé de
trois hommes, mais ignore l'identité de l'homme qu'il doit "sanctionner".
Alex, dont l'honneteté et la droiture sont proverbiales, va passer une semaine chez son vieil ami Verne, compagnon d'armes qu'il n'a pas revu depuis
longtemps. Dès son arrivée, il sent que quelque chose cloche : son ami, autrefois vigoureux et plein d'entrain, n'est plus que l'ombre de lui-même et Petra, sa femme, se montre particulièrement
charmante, attentionnée, séductrice... Alors que Verne est contraint de s'absenter, Alex tombe sous le charme vénéneux de Petra, belle à se damner, qui l'entraine dans une passion dévorante et
fait de lui le complice d'un meurtre. Alex, rongé par le désir et la culpabilité, sombre peu à peu dans le délire. Quand il tente en vain de s'extirper des griffes de la "créature", on se doute
qu'il est déjà trop tard.
