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20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 17:52
 « Ce livre est né de mon désir d’aller aux Etats-Unis, et mon désir d’aller aux Etats-Unis de ceux-là mêmes qui sont le sujet de ce livre : les auteurs de romans noirs. Ils sont à mes yeux les chroniqueurs les plus pénétrants de l’Amérique d’aujourd’hui, mais demeurent néanmoins soigneusement ignorés ou traités avec condescendance par les arbitres du bon goût en littérature – non seulement dans la patricienne Angleterre, mais également dans leur propre pays ».


badlands3.jpgVoici les premières phrases de ce formidable bouquin, une relation de voyage par l’anglais John Williams au début des années 90 (non, Badlands n’a rien perdu de son actualité et de son intérêt…).
Ecrit à la première personne, dans un style direct, alerte, imagé, ce livre nous embarque ni une ni deux dans un périple de 300 pages à la rencontre des grands noms du roman noir, de la Floride de Charles Willeford au New York de Nick Tosches en passant par la Californie de James Ellroy ou le Montana de James Crumley.


Décrivant une grande boucle au départ de Miami, John Williams parcourt d’abord le Sud – la Louisiane et le Nouveau-Mexique – avant de rejoindre la côte Est – Los Angeles, San Francisco -, remonte ensuite vers le Montana et Chicago pour finir par New York en faisant une halte à Détroit ainsi qu’à Boston. Au gré des déplacements et des rencontres de l’auteur, nous croiserons notamment Tony Hillerman, James Lee Burke, Elmore Léonard, Eugène Izzi ou Sara Paretsky qui évoquent leur parcours, la façon dont ils appréhendent leur métier, dont ils organisent leurs intrigues et construisent leurs personnages ; ils évoquent leur propre histoire, celle de leur quartier, comme autant de sources d’inspiration… « Ecrire sur ce que l’on connait le mieux » est une maxime qui revient souvent, quand d’autres effectuent un gros travail de recherche (on apprend par exemple qu’Elmore Léonard  a embauché un documentaliste à mi-temps qui collecte pour lui tout un tas d’informations qui sert de matière à ses romans). 

Au gré des rencontres, des anecdotes (savoureuses ou glauques, c’est selon) et des discussions avec les écrivains, le livre brosse un portrait contrasté de l’Amérique, où la misère côtoie l’opulence, où les questions raciales occupent une place d’importance dans les remous de la société américaine, minée par le racisme, la corruption, la violence… Et le rêve américain en prend un sacré coup...
Si vous connaissez déjà les auteurs mentionnés, vous aurez plaisir à les retrouver dans leur environnement ; s’ils vous sont inconnus, voilà une chouette façon de les découvrir et nul doute qu'après ce livre refermé, vous vous précipiterez sur leurs histoires.

Un mot sur l’auteur : après la rédaction de ce fameux livre, John Williams s’est lui-même lancé (avec brio) dans l’écriture de polars avec une trilogie consacrée à la ville de Cardiff : Cinq pubs, deux bars et une boite de nuit, suivi de Cardiff dead et du Prince de Galles.
Bon voyage !


Badlands
/ John Williams (Badlands, trad. de l'américain par Olivier Schwengler. Rivages, Ecrits noirs, 1994)

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Published by jeanjean - dans monde du polar
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commentaires

caroline 27/11/2007 11:56

Bonjour,
Je découvre tout juste votre site prometteur. J'aimerais pouvoir vous contacter par mail pour vous faire une proposition de collaboration littéraire. Bonne continuation sur la toile, vous avez gagné une visiteuse !

Jean-Marc Laherrère 21/11/2007 14:41

j'avais oublié ce bouquin que j'avais pourtant beaucoup aimé.
Parmi les fictions, c'est cardiff Dead qui m'a le plus touché. Un auteur à suivre.

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