Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 janvier 2008 3 09 /01 /janvier /2008 22:05

undefined1976. Wilton Cooper, un truand noir débarquant de Miami, est en train de regarder L’Exécuteur noir, un film culte de la Blaxploitation, quand il entend plusieurs coups de feu dans la baraque du projectionniste, parfaitement synchronisés avec ceux de la scène finale. Bobby Roy Clagget,  un jeune blanc complètement cinglé qui se prend pour un noir et sapé comme un sapin de noël, vient de descendre son patron, qui « n’arrêtait pas de lui sourire » (!). Le môme plait bien à Wilton et voilà la fine équipe partie pour Washington où ils vont causer pas mal d'ennuis...


Lors d’une « réunion d’affaires » avec des truands locaux, débarquent un peu par hasard Marcus Clay, un noir, vétéran du Vietnam, et son ami blanc Dimitri Karras, un petit dealer. L’ambiance ne tarde pas à dégénèrer et Marcus, après avoir un peu astiqué Clagget, a le (mauvais) réflexe d'embarquer un paquet de fric qui ne lui appartient pas. 
Wilton Cooper veut récupérer son fric et se lance à la poursuite de Marcus. Les innocents vont trinquer...

Beaucoup d’action dans ce polar rythmé, sur fond de soul music, de funk, de fusillades et dans les volutes de marijuana. 
S'il repose essentiellement sur la confrontation entre les paires antagonistes Cooper-Clagget et Clay-Karras, ce roman a bien d'autres qualités, parmi lesquelles l'omniprésence de la musique (Pelecanos a l'habitude d'émailler ses récits de références musicales), une galerie de personnages secondaires particulièrement bien croqués et le style, concis, détaillé de Pelecanos, toujours au service d'une veine réaliste qui fait office d'étude sociale.

James Ellroy et Los Angeles, Gonzalez Ledesma et Barcelone ou Andrea Pinketts et Milan… Certains écrivains dépeignent presque exclusivement leur ville. C’est aussi le cas pour Georges Pelecanos, dont l’œuvre est toute entière consacrée à sa ville natale, Washington, dont elle est une véritable radiographie (principalement de la communauté noire et des tensions raciales), des années 20 (Un nommé Peter Karras) jusqu’à nos jours (Drama city). 

King Suckerman
se poursuit avec Suave comme l’éternité et Funky guns, dans lesquels on retrouve Marcus Clay et Dimitri Karras. Un triptyque autour de la capitale américaine, du milieu des années 70 jusqu’aux années 90.


King Suckerman / George Pelecanos (King Suckerman, trad. de l'américain par Frédérique Pressmann. L'Olivier, 1999, rééd. Points Seuil, 2001)

Partager cet article

Repost 0
Published by jeanjean - dans amérique du nord
commenter cet article

commentaires

Jean-Marc Laherrère 11/01/2008 14:06

Tu as raison, Peter Karras commence dans les années 20, avec l'enfance de Peter, mais l'essentiel de l'intrigue se déroule à son retour de la guerre.
La série Strange/Quinn est excellente, mais celle consacrée à Nick Stefanos, qui commence là où la première fini (c'est à dire avec Funcky Guns) est toute aussi géniale.

jeanjean 11/01/2008 12:05

Il me semble bien qu'"Un Nommé Peter Karras" commence dans les années 20 en évoquant l'arrivée des immigrés grecs à Washington, dont fait partie le père de Dimitri Karras.
Concernant "King Suckerman", il est vrai que les multiples références musicales peuvent finir par agacer. Je n'ai pas encore lu la série autour des 2 personnages Strange & Quin, mais il parait que c'est très bon...

Jean-Marc Laherrère 11/01/2008 09:53

Juste un petit rectificatif, l'essentiel de Peter Karras se déroule au retour de la seconde guerre mondiale, donc plutôt dans les années 50 si je ne m'abuse ...
Et Pelecanos est un géant. Ceci dit, King Suckerman est, dans sa saga de Washington DC, celui que j'ai le moins aimé, peut-être aussi parce qu'il m'a fallu un peu de temps pour rentrer dans son rythme, accepter les références musicales permanentes ... Ensuite, tout, absolument tout est indispensable.
Petit scoop, Pelecanos serait annoncé aux Quai du polar à Lyon fin mars.

Rechercher