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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 23:03

C’est en lisant Badlands que j’ai vu mentionné pour la première fois le nom d’Higgins. Si John Williams, dans son périple américain, fait un détour par Boston pour rencontrer et discuter avec le dénommé George Vincent Higgins, après s’être entretenu avec des « géants » comme James Lee Burke, Tony Hillerman ou James Ellroy, c’est notamment parce qu’il tient Les copains d’Eddie Coyle en haute estime, le premier roman  d’Higgins (après 14 romans refusés tout de même) paru aux Etats-Unis en 1972 et adapté l’année suivante, avec dans les rôles principaux Robert Mitchum et Peter Yates (pas vu, et vous ?).


Un peu intrigué, je me lance donc dans la lecture des Copains…. Et le ton est donné dès la première phrase : «Jackie Brown, vingt-six ans, le visage impassible, affirma qu’il pourrait fournir des revolvers.»  Le reste du roman est à l’avenant. 


undefinedEddie Coyle, entre petites combines et reventes d’armes, rend quelques services et se débrouille tant bien que mal. 
Eddie Coyle s’est fait pincer au volant d’un camion de marchandises volées et il va bientôt passer en jugement. Alors pour mettre toutes les chances de son côté, il fricote un peu avec le flic du coin, lui refile quelques tuyaux, et c’est qu’il en connait du monde, peut-être même qu’il a sa petite idée sur ces braqueurs de banque qui font tant parler d'eux…
Car Eddie Coyle est très entouré, une vraie galerie de truands, des trafiquants d’armes aux seconds couteaux de la pègre, des besogneux du crime… Mais certains de ces « copains » ne mélangent pas l'amitié et le business.
Eddie Coyle a déjà été "puni" une fois, ça lui a coûté quelques doigts brisés et de mauvais souvenirs, il n’a pas envie que ça se reproduise…
Mais Eddie Coyle n’a pas de veine…
 
Au-delà de l’intrigue, la force et l’originalité du roman résident dans les dialogues, omniprésents, aux fils desquels se mettent en place les personnages, leurs relations et le cours du récit.
Percutants, truffés d’argot, ces échanges restituent avec virtuosité le langage de la rue et des truands, dont les conversations souvent codées sont émaillés d’ellipses, d’images et de non-dits.
 

Après Les copains d’Eddie Coyle, George Higgins a écrit une trentaine de polars (dont 4 sont traduits en France, et toujours disponibles dans la collection Rivages/noir), consacrés « aux individus généralement considérés par le grand public comme appartenant aux catégories les plus malhonnêtes du corps social : les criminels bien-sûr, mais également les avocats, les politiciens et les journalistes. Des gens qu’il connaît bien, puisqu’il a été successivement journaliste et avocat, et de ce fait quotidiennement en contact avec des criminels et des politiciens, voire même avec les deux réunis en une seule personne. » (in Badlands).

George Higgins est mort en 1999, à l’âge de 60 ans.



Les copains d'Eddie Coyle / George Higgins (Rivages-noir, 1991)

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Published by jeanjean - dans amérique du nord
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