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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 16:10
« Lisez-le ce livre. Il vous donnera envie de faire la pute et de vous embourber de came. » Voici le conseil du toujours modéré et avisé (?!) James Ellroy dans sa préface.
Je n’ai pas encore les narines irritées par la poudre, mais je souscris aux propos d'Ellroy : Edward Bunker est bien un « superbe écrivain ».
 

stark.jpgStark
est le premier roman écrit par Bunker, jamais publié jusqu’à présent car retrouvé seulement en 2005, après la mort de l’auteur survenue la même année.
Edward Bunker considérait-il ce court roman de jeunesse comme une œuvre négligeable ? Peut-être, mais ces lignes augurent bien de celles à venir : on y retrouve le style – direct, âpre, imagé (« Stark se réveilla aussi soudainement qu’un animal sauvage et avec la même immédiate lucidité ») – présent dans Aucune bête aussi féroceLa Bête contre les murs et La Bête au ventre, une trilogie sur l’univers carcéral (Bunker a passé 18 ans de sa vie en détention, expérience qu’il relate notamment dans L’éducation d’un malfrat), dont il n’est pas exagéré de dire qu’elle constitue une œuvre majeure dans le champ de la littérature policière.
 

L’action se déroule en Californie à la fin des années 60, et raconte, à la première personne, les tribulations de Stark, un petit arnaqueur, bonimenteur et accro à l’héro.
Plutôt futé le bonhomme d’ailleurs, même si après s’être bêtement fait pincer pour détention de drogue, il est contraint de jouer les balances auprès de l’inspecteur Crowley, qui ne le lâche pas d’une semelle. C’est Momo qui fournit Stark, et ce que veut Crowley c’est le nom du grossiste. Crowley, Momo, Dummy le porte-flingue… Pris en étau entre les flics et la pègre, Stark va devoir louvoyer, mais il a pour lui son bagout et sa roublardise. Il se pourrait même qu’il tire son épingle du jeu, en plus d’un gros paquet de fric. Pour monter son propre réseau ou pour se mettre au vert, seul ou avec l'énigmatique et sensuelle Dorie…
 
 
Ce court roman est rondement mené, les personnages bien croqués, les ambiances parfaitement restituées. Bunker nous donne à voir, sans compassion particulière ni jugement moral, le petit monde de la rue : petits truands, camés, receleurs, prostituées... bien souvent des personnages égocentriques, peu scrupuleux, avides… Toutes ces âmes brisées, qui le soir venu, au Panama Club, pris de frénésie, s’enivrent et rient aux larmes en tentant d’échapper à la réalité


Stark / Edward Bunker (Stark, trad. de l'américain par Freddy Michalski. Rivages/Thriller, 2008)

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Published by jeanjean - dans amérique du nord
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