Moisson Rougeest un tout nouvel éditeur indépendant, qui s'oriente très nettement vers le roman noir.
Publiant des auteurs contemporains, ils rééditent aussi des classiques comme Robert Bloch (ah, la bonne idée !) ou Fredric Brown (à venir). Prometteur.
Ecrit en 1977, Sang futur se veut un texte résolument punk : Vila nous livre un
texte violent, sombre, halluciné et sans issue.
Des tranches de vie baignant dans le nihilisme le plus radical. No future ! Et en effet, les personnages de ce court roman n'en ont ou n'en veulent pas. Chez eux, pas d'espoir, pas même de
recherche de solution. Ils ne sont pas là pour ça.
A l'image des membres du groupe White Spirit Flash Club, des déjantés qui partagent leur temps entre riffs furieux, baises sordides, défonce et coups bas. On y trouve El Coco Kid,
l'écrivain toxico chroniqueur du groupe, Sarah, le travelo marqué par une croix gammée à l'entrejambe ou encore Dickie la Hyène, tueur de flics...
Ce texte m'a laissé perplexe. Pour être franc, j'ai même fini par me demander si l'auteur avait mis beaucoup plus de temps à écrire ce livre que je n'en ai mis à le lire... Sang futur est un concentré d'énergie, mais qui a tendance à s'éparpiller et se liquéfier au fil de la lecture.
Certes, il possède une certaine force, due notamment aux images - celles qui illustrent le récit et celles que fait naître l'auteur - ainsi qu'à l'effet incantatoire du roman (très peu de
ponctuation, des phrases courtes, hachées), mais je ne suis pas convaincu par le propos de Vila : si on sent clairement qu'il privilégie l'ambiance à la trame, son roman manque de densité et
donne d'ailleurs un effet "clip". Quant aux personnages, ils n'ont ni réelle texture ni véritable personnalité. Dernière chose : je ne suis pas sûr que Sang futur reflète fidèlement
la philosophie punk...
Alors, supercherie, coup de génie ou simplement un gros délire ? Je serai curieux d'avoir d'autres avis...