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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 18:55

Ed McBain (1926-2005) s'appelait encore Salvatore Lombino et ne s'était pas encore attelé aux (incontournables) enquêtes du 87e district, un monument du police procedural et une source d'inspiration intarrissable pour bon nombre d'écrivains.
Nous sommes en 1951, McBain vient d'être engagé à l'agence littéraire Scott Meredith, à New York. Un an plus tard, il commence à vendre quelques nouvelles à des revues, sous différents pseudonymes : Evan Hunter, Hunt Collins, Richard Marsten...


nullCe sont ces "histoires policières" (inédites en France) qu'a eu la bonne idée de publier l'éditeur Bernard Pascuito.
Avec, en prime, une préface de l'auteur ainsi qu'une courte introduction à chacune de ses nouvelles, qui nous permet de les re-situer dans leur contexte historique. 

Par exemple, McBain s'interroge sur son personnage de privé, qu'il a de plus en plus de mal à justifier.
En exergue de la nouvelle intitulée Embrasse-moi Dudley, voilà ce qu'il en dit : "Quand on commence à écrire des parodies d'histoires de détectives privés, c'est le moment de s'arrêter d'en écrire. A l'époque où celle-ci a été publiée, en janvier 1955, j'avais écrit la dernière de la série des Matt Cordell et j'étais prêt à abandonner ce sous-genre. Non seulement, je trouvais de plus en plus difficile de justifier qu'un simple citoyen enquête sur des meurtres, mais Cordell présentait de surcroît ce problème d'un enquêteur qui n'avait même pas de licence officielle."  A partir des années 50, le roman noir va peu à peu délaisser le personnage du détective privé, jusque-là omniprésent, et se trouver de nouveaux héros, plus à même de lutter contre une violence de plus en plus endémique : les policiers.

Gamins meurtriers, gangs, flics dépassés, détectives privés alcooliques, paumés de toutes sortes sont quelques-uns des congénères qu'on peut croiser dans ces nouvelles, taillées au burin et sèches comme un coup de trique... Sans ostentation, sans fard, avec compassion parfois, McBain donne à voir la dèche et la misère morale, le trognon pourri de la Grosse Pomme.

Si les premiers pas des écrivains sont parfois mal assurés, ceux-ci annoncent déjà les chefs d'oeuvre futurs. On retrouve en germe tout le talent de McBain et ce qui fait sa "patte" : économie de moyens, ton lapidaire, capacité à planter un décor et des personnages en quelques lignes, sens du dialogue.

Si vous ne l'avez jamais lu, voici une bonne introduction à l'univers de ce grand écrivain. Et si vous comptez déjà parmi ses admirateurs, faites une place dans votre bibliothèque...


Le goût de la mort : histoires policières / Ed McBain (Learning to Kill, trad. de l'américain par Zach Adamanski. Bernard Pascuito éd., 2008)

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Published by jeanjean - dans amérique du nord
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commentaires

alain 03/09/2008 22:14

Cela fait longtemps que je ne l'ai pas lu.. Il faut que j'y retourne..

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