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11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 16:58

« Plus de cinq cent tribus ont été réduites à un seul nom, les sauvages, les Indiens, les Peaux-Rouges, etc… même une lecture superficielle, sans parler de voyages, révèle des différences uniques, mais il n’y a jamais eu beaucoup de lectures, même superficielles. Bien qu’il habitent la même région, les Hopis sont aussi différents des Navajos que les Finlandais des Italiens, et peut-être encore plus différents. Et les Uts sont aussi différents des Ojibways que les Français des Allemands, et ainsi de suite. » Jim Harrison (En marge)



Pour illustrer la remarque de Jim Harrison, rien de mieux que les romans de Tony Hillerman. Etiquetés « polars ethnologiques » (sûrement pour répondre à notre impérieux et agaçant besoin de classer/ ranger/ compiler/ compartimenter…), ils mettent en scène des flics indiens navajos, que ce soit Jim Chee ou Joe Leaphorn.

Indian spirit. Qu'est-ce qu'être amérindien aujourd'hui ?
Pas de folklore douteux chez Hillerman, pas de pittoresque. En grand connaisseur des mythes et coutumes indiens - et plus particulièrement navajos - qu'il décrit avec acuité, il révèle toute la richesse et la beauté de cette culture, ainsi que les contractions actuelles de l’identité indienne, dans un monde plus enclin au réflexes matérialistes qu'aux élans spirituels.
Tout cela sans rien céder à la qualité des intrigues, parfaitement menées, et des personnages, criants de vérité et d‘humanité. Comme le démontre une fois de plus Là où dansent les morts, un de ses premiers romans.


Alors que les Zunis s’apprêtent à célébrer Shalako - une fête traditionnelle qui marque le retour des esprits ancestraux -, un garçon de la tribu est assassiné, tandis que George Bowlegs, son ami navajo, a disparu. Joe Leaphorn est chargé de le retrouver et doit aussi collaborer avec la police zuni, ce qui n‘est pas sans provoquer quelques frictions, eu égard aux rivalités séculaires entre les deux communautés. Ses recherches le mèneront vers d’autres « tribus » : des anthropologues et des hippies.


Là où dansent les Morts
fut l’un des premiers polars publiés dans la collection Rivages-Noir, en 1986, et a obtenu dans la foulée le Grand Prix de littérature policière. Il était déjà lauréat du Prix Edgar du meilleur roman policier publié aux USA, en 1973.


Conseil(s) d’accompagnement
: de nombreux auteurs amérindiens sont traduits en France, et je vous recommande particulièrement James Welch (La mort de Jim Loney) et Sherman Alexie (Indian Killer). Si vous vous intéressez plus avant aux cultures indiennes, jetez un œil sur les ouvrages de la collection Terres indiennes, chez Albin Michel.
Un article sur les Sioux est aussi paru dans la revue National Geographic datée de juillet 08. Un reportage ahurissant. Juste un chiffre : dans le comté de Pine Ridge (Dakota du sud), l'un des plus pauvres des Etats-Unis, l'espérance de vie des Sioux Lakotas atteint péniblement 52 ans pour les femmes et ne dépasse pas 44 ans pour les hommes...


Là où dansent les morts
/ Tony Hillerman (trad. de l'américain par Danièle et Pierre Bondil. Rivages-Noir, 1986, rééd. 2006)

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Published by jeanjean - dans amérique du nord
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commentaires

pyrausta 24/03/2011 17:03


Heureusement que les Américains ont la statue de la Liberté chez eux...
je n'ai pas encore lu de Tony Hillerman mais je suis très tentée..


jeanjean 24/03/2011 21:16



Les 3 premiers de la série ont été réunis en un volume chez Rivages il y a quelques années. Un grand bonhomme du polar américain.



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