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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 09:51
"... souvent je suis pris du besoin irrésistible de partir pour une virée. Une balade sans but sur cette longue route solitaire où chaque carrefour propose un choix (...). La route peut paraitre synonyme de plaisir et de liberté, mais ce n'est pas la vraie liverté. Ce n'en est que l'illusion". James Crumley

Rien de tel que ses romans, bien-sûr, pour se remémorer James Crumley. Mais on peut aussi regarder le film documentaire qui lui a été consacré il y a quelques années, réalisé par Matthieu Serveau, un cinéaste fan de l'écrivain. 

Un road-movie passionnant, une quête sur les routes du Montana à la recherche... du bar parfait ! Eh oui, c'est la mission (auto)confiée à Crumley dans ce film ("... croyez-moi, le Montana regorge d'abreuvoirs formidables"), mais c'est aussi et surtout l'occasion de côtoyer un peu le personnage, au fil d'une bal(l)ade poétique, où Crumley égrène tour à tour les verres et les souvenirs.

Un visage de l'Amérique
L'occasion aussi de pénétrer dans l'univers de l'écrivain et le pays qu'il s'est choisi, le Montana : une région grande comme la France et peuplée d'un million d'habitants seulement, située entre les Rocheuses et le Canada.
Des plaines immenses, aux longues routes droites comme un garde-à-vous, et des... bars, en plein milieu de nulle part, comme autant de refuges chaleureux. C'est l'Amérique profonde (la vraie, diraient les gens du coin), là où Crumley situe la plupart de ses romans.
Avec sa lourde dégaine d'ours mal léché et son air bourru, Crumley nous montre les bons coins, et il a le contact facile, le bonhomme. Ses arrêts au stand lui permettent de faire connaissance avec les gars du cru, de papoter un peu, et de rigoler surtout (ces types font d'ailleurs furieusement penser à certains de ses personnages). On y voit un Crumley facétieux, curieux, attentif aux autres, et plein de vitalité : une sorte d'énergie brute peu commune. Qui n'aime rien tant que le mouvement et la rencontre.

Alors ça écluse, ça taille la route, ça plaisante. On voit défiler les routes, les bars, les visages, mais surtout on voit défiler de la vie ; un concentré de 52 minutes, belles, simples, émouvantes.


Vous pouvez visionner les 10 premières minutes du film
ici.


L'esprit de la route / réal. par Matthieu Serveau (Bonne Pioche Productions, 2002)

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Published by jeanjean - dans monde du polar
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commentaires

Jean-Marc Laherrère 22/09/2008 09:26

La transcription de sa rencontre avec les lecteurs toulousains en 2002 est en ligne sur le site de 813 :

http://www.813.fr/content/view/109/1/

jeanjean 22/09/2008 09:41


Je viens de la lire, et vraiment j'aurais aimé être là ce jour-là !


alain 21/09/2008 11:12

C'est vrai. C'est une autre vision de l'Amérique.

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