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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 00:00

En décembre, c'est calme plat côté nouveautés, l'occasion de sortir un peu de l'actualité et de revenir sur quelques polars et auteurs marquants. Alors ce mois-ci, je vous parlerai notamment du trop méconnu Andrew Vachss, du talentueux mexicain Guillermo Arriaga et d'autres histoires de Sévices, d'Enfant de Dieu ou encore de Coeur sombre...

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En attendant, et comme promis, un petit mot sur Bone, que j'ai préféré relire pour ne pas dire trop de bêtises !  

Qui est Bone ? Un simple sans-abri new-yorkais parmi des milliers ou le tueur psychopathe qui s'attaque aux clochards de la ville ? Lui-même n'en sait rien. Il a perdu la mémoire et s'est réveillé dans la peau d'un "inconnu" après être resté trois jours durant sous la pluie, assis dans la boue de Central Park, avant qu'Anne et Barry, des services d'aide sociale de la ville, ne lui viennent en aide.

Les meurtres ont commencé un an auparavant, à l'époque où Bone est apparu dans la rue. De l'inspecteur Lightning aux psychiatres, tout le monde le croit coupable. Sauf Anne, irrésistiblement attirée par cet homme énigmatique. Pour recouvrer la mémoire et découvrir la vérité, Bone retourne vivre dans les rues de Manhattan. Les meurtres recommencent.

Chesbro, dans ce terrible plaidoyer (tristement d'actualité...), fait un portrait terrible de la rue new-yorkaise et de la situation tragique de ses milliers de sans-abris, ces âmes perdues qui errent et meurent dans une quasi-indifférence.

 

 

Alors, verdict après cette relecture ? Eh bien Bone reste un excellent polar, même si le deuxième service lui fait perdre un peu de saveur.

Voilà un roman toujours consistant, mais aussi affadi par certains ingrédients superflus, comme cette relation sentimentalo-charitable entre Anne et Bone, dont le goût de guimauve se marie mal avec les relents nauséabonds des souterrains new-yorkais.

 

Et si Chesbro est parfaitement à l'aise pour nous décrire les bas-fonds new-yorkais, la terrible condition des sans-abris à qui il prête sa voix avec beaucoup de justesse et de pudeur, il est plutôt maladroit dans le registre amoureux, commettant des phrases comme : "... ils se jetèrent dans les bras l'un de l'autre et leurs deux corps se fondirent comme deux ruisseaux attirés par la gravitation de la passion pour former un fleuve tumultueux de plaisir." Un peu dégoulinant, non ?

De la même manière, le dénouement me laisse aussi un peu... tiède. Au happy-end brasdessus-brasdessous-youpi-on-a-triomphé-du-méchant, j'aurais préféré une fin moins ingénue, et plus en adéquation avec le déroulement et la tonalité sombre du récit.

 

Voilà pour les bémols, mais je ne voudrais pas paraître trop sévère ni vous dissuader de lire ce roman, car Bone reste un texte d'une grande puissance, doublé d'un thriller bien emmené, d'où émerge le spectre de la métropole new-yorkaise, véritable personnage à la fois fascinant et répugnant.

 

Bref, Chesbro nous a servi-là un p'tit noir rudement fort, quoique un peu trop sucré. A mon goût.

 

Conseil(s) d'accompagnement : paru en France il y a quelques années, Un hiver à New York, de Lee Stringer, est un récit (vécu) hallucinant et d'une grande qualité littéraire sur la vie quotidienne d'un sans-abri dans la métropole américaine.

 

 

Bone / George Chesbro (Bone, trad. de l'américain par Jean Esch. Rivages, 1991, rééd. 2007, Rivages/Noir)

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Published by jeanjean - dans amérique du nord
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commentaires

holden 09/12/2008 11:44

yeahhhhhhh

je n'ai lu que le premier, et j'ai les 3 autres sous le coude, et apres je me taperai "born to be bad"
et après je pleurai, et après je gueulerai très fort parce qu'il n'est plus traduit en france, alors qu'aux états unis sort la suite de flood ......
depuis le temps que joe r lansdale nous dit de le lire...

jeanjean 09/12/2008 12:56


C'est vrai, c'est dommage que ses livres soient épuisés en France, on ne trouve plus que Le mal dans le sang. Sinon, il faut fureter côté occasion, c'est
comme ça que j'ai récupéré La sorcière de Brooklyn.


holden 09/12/2008 11:03

et si on parlait d'andrew vachss
je me sentirai un peu moins seul

jeanjean 09/12/2008 11:32


Ah, je suis content de voir qu'il y a des amateurs de Vachss ! Je suis en train de relire ses nouvelles, pour me remettre dans l'ambiance, je pense faire un billet
d'ici 2 semaines...


Jean-Marc Laherrère 03/12/2008 09:18

Une fois de plus nous sommes totalement d'accord. Je ne l'ai pas relu mais le souvenir que j'en ai est celui-là : Une superbe description du New-York des SDF, et un final un peu gnangnan qui malheureusement désamorce le reste et laisse une saveur sucrée en fin de bouche ! Pour ma part, je préfère le côté déjanté assumé de la série des Mongo (mais je ne les ai pas tous lus)

jeanjean 03/12/2008 10:33


oui, ok pour que ça finisse bien, mais c'est dommage que ce soit trop gentillet, surtout par rapport au reste du roman, qui est quand même bien sombre par moments.
Mais du coup, ça m'a donné envie de relire d'autres Mongo, avec ce côté déjanté c'est vrai.


alain 02/12/2008 19:08

C'est mon préféré de Chesbro

jeanjean 02/12/2008 20:41


Le mien aussi, même si je suis loin de tous les avoir lus. Mais les aventures de Mongo sont pas mal aussi et un brin déjantées...


Ram-Ram 02/12/2008 16:33

Et ainsi (et surtout !!! ) que le Stringer....

jeanjean 02/12/2008 20:39


"Polardeux libidineux", ça sonne pas mal, je trouve... En tout cas, bonne chance pour ton futur blog !! Et oui, j'te met Un hiver à NY de côté... si je le
retrouve. @+


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