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24 janvier 2009 6 24 /01 /janvier /2009 00:00
Si vous êtes de ceux qui classent et organisent leur bibliothèque personnelle (quelle idée !...), Valerio Evangelisti va vous poser quelques problèmes ! Arpentant à la fois les champs du roman noir, historique, d'aventures et même fantastique, il est l'auteur d'une oeuvre riche, variée et cohérente dont le sous-titre général pourrait être : une histoire de la violence à travers les peuples et à travers les siècles.

En voici un nouveau chapitre, avec ce roman ambitieux, dense, et très bien documenté. Evangelisti y retrace, de 1859 à 1890, la genèse de la nation mexicaine et de son identité.

Une histoire sanglante, où se succèdent sans répit carnages et batailles, dans laquelle vont se croiser personnages réels et fictifs, parmi lesquels William Henry, ranger sudiste puis mercenaire à la solde du Président mexicain, Marion Gillespie, une texane obsédée par le pouvoir et la respectabilité, Margarita la paysanne devenue révolutionnaire, le bandit galant Santos Cadena... Des individus bien peu recommandables pour la plupart, et qui forment un motif assez sombre des passions humaines.

Le Mexique traverse alors une période particulièrement mouvementée, et ses frontières sont aussi mouvantes que les régimes et les alliances politiques : ingérence américaine, lutte acharnée entre les conservateurs et les libéraux, les républicains et les monarchistes, émergence des idées socialistes, invasion armée des européens...
Le désordre et la barbarie sont partout. D'un camp à l'autre. Une seule constante : les pauvres sont exploités et maltraités, les noirs et les indiens massacrés à qui mieux mieux. Les idées de Progrès et de Liberté, même, poussent aux pires atrocités. Du ridicule au tragique il n'y a qu'un pas, et cette coulée de feu a le goût d'une farce macabre.  

Vu la profusion des personnages, des lieux, des dates, on a parfois un peu de mal à suivre le déroulement de l'histoire, d'autant plus qu'Evangelisti passe de l'un(e) à l'autre sans nous prévenir, au début d'un chapitre ou d'une nouvelle partie, ce qui nuit aussi à la fluidité du récit.
De ce point de vue, si la chronologie et les cartes, situées au début de l'ouvrage, sont les bienvenues, une liste des personnages ainsi qu'un glossaire des termes espagnols n'auraient pas été superflus.
En tout cas, lire La coulée de feu nécessite d'avoir l'esprit clair et concentré, inutile donc de reprendre la lecture après une journée bien chargée : 1 page en avant, 2 en arrière pour vérifier quelques chose, et vous allez irrémédiablement revenir au début du texte ! Heureusement les nombreux dialogues permettent d'aérer un peu 400 pages compactes et riches en détails.

Mais le principal reproche que je peux faire à ce roman, c'est son manque de souffle et d'entrain. Si le propos de l'auteur est très intéressant, sa prose et son sens de l'intrigue impeccable, je n'ai pu me défaire de cette impression d'assister à un cours magistral - "Naissance de la nation mexicaine, entre diplomatie et lutte armée" ... ! - , brillant certes, mais quelque peu dénué d'émotion. Si bien que j'ai gardé, tout au long du récit, une certaine distance par rapport aux événements et aux itinéraires des personnages.


Donc, je suis à la fois content de l'avoir lu et... de l'avoir terminé.
Vous voyez ?
a) Oui, je vois très bien, j'ai déjà ressenti cela à la fin d'un bouquin.
b) Non, ça ne veut rien dire, qu'est-ce que c'est que ce blog ?!
c) Pas vraiment, mais je peux aller voir un autre avis, sur Actu-du-noir par exemple.


La coulée de feu / Valerio Evangelisti (Il collare di fuoco, trad. de l'italien par Serge Quadruppani. Métailié, 2009)

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Published by jeanjean - dans un peu de blanche
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commentaires

Jean-Marc Laherrère 26/01/2009 14:10

Maïté Bernard a écrit une série noire (Fantôme), un polar de la série polarchives (Nimes-Santiago), et je crois un autre roman au passage, où elle publie monsieur madone.

jeanjean 26/01/2009 15:11


Merci pour tes précisions JM. j'essaierai Fantômes. j'ai regardé, et l'autre roman dont tu parles aux éditions du Passage s'appelle Et toujours en
été, l'histoire d'un argentin qui fuit la France pour ne pas être extradé vers son pays natal, où il est accusé d'avoir commis un crime contre les forces armées... ça tient pas debout cette
histoire ;-)


Jean-Marc Laherrère 26/01/2009 09:53

Le Winslow peut être une bonne idée, je suis passé par un roman Maïté Bernard (monsieur madone) et un recueil de Sepulveda (la lampe d'Aladino). Ca marche aussi.

jeanjean 26/01/2009 11:42



... connais pas du tout Maïté Bernard, même de nom. J'irai voir ça...



Dominique 25/01/2009 17:57

Dur dur de passer après Dennis Lehane !

jeanjean 25/01/2009 20:13



C'est vrai que c'est tellement ample et passionnant qu'on a du mal à passer à autre chose.
Dégote-toi le dernier roman de Don Winslow, très réussi. Ou quelque chose de complètement différent, comme Pascal Garnier... Ou un truc super nul pour repartir ensuite ! ;-) @+



Jean-Marc Laherrère 25/01/2009 09:05

C'est vrai qu'on est d'accord sur beaucoup de chose, finalement ce qui nous "sépare" c'est l'impression finale que l'on en retire.

jeanjean 25/01/2009 12:00


Oui, j'ai l'impression que j'ai fini le roman sur les genoux tandis que tu admirais encore le paysage... ;-)


ekwerkwe 24/01/2009 18:28

Je vois très bien, mais je vais quand même le lire, parce que de toutes façons, ton billet donne malgré tout envie. Ben oui.
Au pire, j'aurai appris plein de choses sur le Mexique.
^^

jeanjean 24/01/2009 22:21


Bon, tant mieux ! Tu me diras ce que t'en penses. Et, c'est vrai, on apprend beaucoup de choses sur l'histoire du Mexique.


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