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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 00:00
Désolé pour le jeu de mots mais, comme dit JM Laherrère sur actu-du-noir, "ça devait arriver un jour" : le dernier roman d'Elmore Leonard est décevant.

Détroit, 1944. Carl Webster, le Marshall du Kid de l'Arizona, est sur les traces de Walter Shrenk et Otto Penzler, deux officiers nazis échappés d'un camp de prisonniers. Hormis une comtesse ukrainienne soupçonnée d'espionnage et un dignitaire du KKK, un de leurs complices présumés se nomme Walter Schoen, boucher de profession et parfait sosie de Himmler ! Il est d'ailleurs persuadé d'être son frère jumeau et d'avoir une mission à accomplir. Schoen n'est en réalité qu'un petit nazillon sans envergure, aussi ridicule que médiocre...
Pour le retrouver, Carl compte sur son ex-femme, Honey, qui n'est pas insensible au charme du Marshall et ne pense qu'à lui mettre le grappin dessus.

Voilà pour la trame. Un mélange de cocasse et de doux-dingue comme souvent chez Leonard qui s'amuse à jouer sur plusieurs registres.


Malheureusement, ici, la pâte ne prend pas, et le soufflé retombe assez vite. Est-ce parce que j'avais encore à l'esprit le roman de Bialot que cette histoire de SS en goguette m'a parue bien trop saugrenue ? Toujours est-il que je n'ai pas goûté la farce et ne me suis jamais plu dans l'ambiance "Papa Schultz" qui se dégage du roman.

Mais ce n'est pas tout...
Hormis une succession de digressions inutiles, le problème vient surtout de l'incohérence du récit, qui repose à la fois sur des personnages improbables (et dont on comprend mal les agissements, au vu de ce que l'auteur nous apprend d'eux et de leur personnalité), et des situations qui le sont tout autant, notamment dans le déroulement de l'enquête (ok, ce n'est pas sensé être du police procedural strict et pointilleux, mais autant d'invraisemblances finissent par gêner la lecture).


Si la truculence et le sens de la répartie - quasi-indemnes - de Leonard m'ont permis d'aller au bout du récit, ce fut tout de même laborieux et je dois avouer que j'ai sauté allègrement quelques passages...

Au bout du compte, à aucun moment ou presque je n'ai vraiment cru à son histoire. Un Leonard à oublier, avant de se replonger, pourquoi pas, dans un... Leonard : deux autres titres sont réédités ce mois-ci, toujours chez Rivages : Les femmes sortent pour danser et l'excellent Dieu reconnaîtra les siens, dont l'action se situe au Rwanda au début du génocide.


Hitler's Day / Elmore Leonard (Up in Honey's Room, 2007, trad. de l'américain par Johanne Le Ray et Pierre Bondil. Rivages/Thriller, 2009)

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Published by jeanjean - dans amérique du nord
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commentaires

Alex 11/03/2009 05:13

Ha ?? Au noël 2007 de Tonton Alek, Santa Juan-Juan n'aurait pas apporté dans sa hotte le "meilleur " Leonard ? Mais c'est un scandale ! ! !

Sinon, pour cet auteur et profitant de la réédition chez Rivages, je pense m'attaquer à "Dieu reconnaîtra les siens"...

jeanjean 11/03/2009 14:10


...et ça se plaint en plus !


Alex RaM 10/03/2009 18:56

De Leonard, je n'ai lu que "La Loi de la Cité" que j'avais gentiment apprécié, mais je fus loin d'avoir hurler au prodige... Un peu monotone et téléphoné...

Josiane n'est pas intéressée par cet ouvrage ( et puis elle a 30 bouquins en attente de lecture.!!! )

Bien choisi le morceau du Serge !

jeanjean 10/03/2009 23:27


Ce n'est pas son meilleur roman, mais je le préfère de loin à ce Hitler'day, en attendant le prochain !


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