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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 00:00

J'ai eu l'occasion de parler ici du précédent roman de Perissinotto, A mon juge, un "polar épistolaire" très réussi. Malheureusement, je ne peux pas en dire autant de cette petite histoire sordide qui me déçoit d'autant plus que cet auteur nous avait habitués à bien mieux.


Commençons par l'histoire, abracadabrantesque comme dirait l'autre : sur les conseils d'un ami, Benedetta Vitali, une riche bourgeoise milanaise, charge Anna Pavesi de retracer les derniers jours de sa demi-soeur, qu'elle n'a pas connue. Elle voudrait aussi retrouver son cadavre, pour le faire enterrer dans le caveau familial. Ah oui, j'ai oublié de vous dire : ce dernier a mystérieusement disparu entre la morgue et le cimetière. 

Anna n'est pas détective mais psychologique. Tant pis ! Elle accepte malgré tout, afin de renflouer son compte en banque.

Bon, certains auteurs tricotent avec talent des scénarios bien plus fantaisistes, mais ici ça ne marche pas. L'entrée en matière et la mise en place des différents éléments de l'intrigue est poussive et maladroite.
Le reste du récit, dénué de la moindre tension dramatique, est truffé d'invraisemblances et de raccourcis tout aussi improbables, derniers recours d'un auteur qui semble bien empêtré dans cette histoire à dormir debout.

Et que dire de l'héroïne-narratrice, Anna Pavesi ? Récemment séparée, elle promulgue à son chat la tendresse qu'elle ne peut plus témoigner à son ex. C'est tout ? Non, mais son auto-analyse perpétuelle, son auto-apitoiement chronique et ses errements amoureux m'ont profondément ennuyé, d'autant plus qu'ils n'apportent rien au récit et ne parviennent même pas à donner un semblant d'épaisseur au personnage. Un personnage qu'on pourrait bien retrouver, comme le laisse entendre l'auteur à la fin du roman. Bon...

Les apparences même ne sont pas sauvées : la prose plutôt plaisante d'A mon juge s'est transformée ici en une espèce de bavardage pontifiant et laborieux, rythmé par une profusion de points d'exclamations (on dirait du mauvais théâtre) et de considérations oiseuses.

J'attendais un ristretto bien corsé, j'ai avalé - de travers - de l'instantané. Insipide et instantanément oublié.


Une petite histoire sordide / Alessandro Perissinotto (Una piccola storia ignobile, trad. de l'italien par Patrick Vighetti. Gallimard, Série Noire, 2009)

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Published by jeanjean - dans italie
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Dodger 25/05/2009 19:30

Comme toi, j'avais été très heureusement surpris par "A mon juge", et hésitais à lire le nouveau Perissinotto, d'autant plus que j'avais lu dans la foulée "Train 8017" que j'avais trouvé un peu poussif, pas aussi formidable que certains voulaient bien le dire.
D'instinct, le résumé (long et emberlificoté) de la quat' de couv' ne m'excitait guère, ta chronique vient m'achever sans coup férir. Je passe ! (Avec d'autant moins de remords que les livres intéressants ne manquent pas en ce moment.)

jeanjean 26/05/2009 21:34


oui, y a tellement de bon bouquins en attente, je pense qu'on peut aisément faire l'impasse sur celui-là. Maintenant, il y a des avis plus positifs, comme celui de JM
Laherrère qui a trouvé ce roman plutôt plaisant.


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