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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 00:00


Washington, de nos jours.
Alex Pappas, depuis bientôt 40 ans et la mort de son père, gère le coffee-shop. Il a eu deux fils : John s'apprête à prendre la suite, Gus a été tué en Irak. Alex est un type travailleur et généreux qui mène une vie normale et s'inquiète pour ses proches.
Il porte sur son visage les stigmates d'une erreur de jeunesse. Trente cinq ans plus tôt, "par une chaude journée d'été, trois jeunes garçons avaient "pour rigoler" pénétré en voiture dans Heathrow Height (...) et jeté une tarte à la cerise sur trois jeunes Noirs qui se trouvaient devant l'épicerie Chez Nunzio, en employant un langage raciste."
En face d'eux se trouvaient un dénommé Charles Baker ainsi que les jeunes frères Monroe. La situation a dégénéré, l'un de ses copains a été tué et lui-même a été grièvement blessé à l'oeil. Au procès, James Monroe a été condamné à dix ans de prison pour meurtre. Ce jour-là, Alex n'a injurié ni agressé personne, mais il était dans la voiture et n'a rien fait pour dissuader ses copains."L'incident" a marqué sa vie et il n'est jamais parvenu à le surmonter tout à fait.

Un jour, Alex rencontre par hasard Ray Monroe. Kinésithérapeute dans un hôpital militaire, il a un fils soldat en Afghanistan et son frère James, sorti de prison, se débrouille comme mécanicien. Ils décident de discuter ensemble et d'essayer de comprendre ce qui s'est passé ce jour-là.
Seulement, ils vont trouver sur leur chemin Charles Baker, bien décidé à profiter de la situation, et à se venger de sa misérable vie. 


Si on trouve souvent chez Pelecanos le méchant de service, on trouve surtout des gens comme vous et moi, ni pires ni meilleurs que les autres, mais que les circonstances de la vie et de mauvais choix ont entraîné sur la mauvaise pente. C'est un thème récurrent chez lui, comme celui du rachat et de la "seconde chance". Pas tant celle que la communauté veut bien vous laisser que celle, plus difficile à saisir, qu'on veut bien s'accorder soi-même.


Une autre constante chez lui : cette narration à plusieurs voix et ces histoires entrecroisées qui finissent par se télescoper avec plus ou moins de violence.
Avec Un jour en mai, Pelecanos revient aussi à ses fondamentaux, puisqu'il n'est jamais aussi bon que lorsque qu'il parle des siens, ces immigrés grecs arrivés aux Etats-Unis dans les années 20 et 30 ainsi que les générations suivantes. Comment ont-ils trouvé leur place dans ce pays, vécu, que sont devenus leurs enfants et leurs petits-enfants ?
Et il y a chez lui une profondeur de jugement, une empathie - voire de la compassion - envers ses personnages qui nous les rend proches à nous aussi, familiers, attachants. 


L'auteur poursuit de belle façon sa chronique de Washington, de ses habitants et de leurs collisions, en y adjoignant aussi son goût pour les histoires familiales. Seule fausse note : un dénouement qui verse un peu trop dans le sentimentalisme.


Un jour en mai /
George Pelecanos (The Turnaround, trad. de l'américain par Etienne Menateau. Seuil policiers, 2009)


Pelecanos émaille toujours ses romans d'innombrables références musicales. Il y en a que ça agace et d'autres qui apprécient de retrouver à chaque fois dans ses histoires cette espèce de paysage sonore.
Un jour en mai ne fait pas exception à la règle, voilà donc une p'tite play-list (loin d'être exhaustive) pour se mettre dans l'ambiance.


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Published by jeanjean - dans amérique du nord
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commentaires

mimi54 09/08/2010 20:34


Merci du tuyau; j'en ai beaucoup entendu parler d'ailleurs


jeanjean 10/08/2010 12:57



Bonne lecture !



mimi54 09/08/2010 16:57


et bien moi j'ai détesté: trop lent, ennuyeux, manque de suspens, et d'intrigue.
Ce n'est pas un polar comme indiqué, mais une chronique socio-urbaine.....
bref, du Richard Price, mais en plus court, et c'est au moins ça de bien !!


jeanjean 09/08/2010 19:37



Je te trouve bien sévère, mais peut-être que tu t'attendais à quelque chose de foncièrement différent, comme un thriller avec des rebondissements en
pagaille. Mais il reste quand même que les romans de Pelecanos (ou de Richard Price, qui t'a aussi déçue d'après ton billet) sont des polars, et même, si on en revient à la signification
première du "polar" (avant que ça devienne un terme assez générique, ce qui est pratique par ailleurs mais aussi source de confusion), des "romans noirs", qui sont bien souvent des chroniques
sociales d'ailleurs.
Sinon, la comparaison avec Price est très juste, les deux auteurs ont beaucoup de choses en commun.
Si tu aimes les trucs haletants et le suspense, y en a un qui me vient à l'esprit, c'est Pierre Lemaître, avec Robe de marié ou Cadres noirs, c'est
très bien fait.



bene 20/09/2009 17:23

Il me tente beaucoup celui-ci. J'en ai lu un seulement e j'avais beaucoup aimé!!

jeanjean 20/09/2009 23:41


Alors, même si ce n'est pas le meilleur (King suckerman ou Un nommé Peter Karras me semblent supérieurs), celui-ci ne devrait pas te
décevoir.


Jean-Marc Laherrère 17/09/2009 10:07

Ouais, un nouveau Pelecanos.
Va falloir que j'aille faire un tour en librairie !

jeanjean 17/09/2009 17:36



On est rarement déçu avec lui, tu ne risques pas grand-chose !



alain 16/09/2009 21:25

Cela fait longtemps que je n'en ai pas lu..J'adore d'habitude.

jeanjean 16/09/2009 23:34


Alors tu devrais aussi adorer celui-là !


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