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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 00:00

Tout commence avec la mort du petit Rogelio. Accident domestique ou infanticide ? Moqué par la presse, le commandant Ojeda s'empresse d'accuser la mère de l'enfant, dont la fragilité l'émeut par ailleurs, et lui donne l'idée d'écrire le grand roman dont il rêve depuis toujours. Non content de piller Pessoa, Flaubert ou Garcia Marquez, il décide tout bonnement, pour l'aider dans son entreprise, de faire kidnapper le poète mexicain et Prix Nobel de littérature Octavio Paz...


Apportez-moi Octavio PazMoins subversif qu'impertinent, Apportez-moi (la tête d') Octavio Paz ne se prive cependant pas de pourfendre la corruption institutionnalisée et les connivences entre police, justice et médias.
Flics, avocats, journalistes, tous pataugent dans la même fosse à purin, torturant, falsifiant les preuves, fabriquant des coupables ou chassant le scoop juteux. Tournées en dérision, poussées jusqu'à l'absurde, leurs manigances et leur cupidité confinent au ridicule.

Tout n'est qu'imposture et leurre au Mexique de Federico Vite, y compris l'éminent Octavio Paz (un autre représentant de l'ordre établi, des Lettres celui-là), réduit ici au rôle d'un tartuffe s'octroyant indûment les mérites d'autrui et dont la fourberie n'a d'égal que son immense renommée.

Pour avoir osé déboulonner la statue du Commandeur, tous les exemplaires de Fisuras en el continente literario ont d'ailleurs été retirés des librairies mexicaines, sur la demande de la veuve du poète.
 
Pour finir, si ce bref roman (une centaine de pages) donne parfois l'impression d'une accumulation de scènes successives - mention spéciale à l'invasion d'un commissariat par une meute de chats ! -, ce n'est pas une raison suffisante pour se priver de cette mignardise, drôle et délicieusement caustique.


Conseil(s) d'accompagnement : dans Une saison de scorpions (chez le même éditeur), Bernardo Fernandez utilise sensiblement le même registre burlesque pour traiter des travers de la société mexicaine.


Apportez-moi Octavio Paz / Federico Vite (Fisuras en el continente literario, 2006, trad. de l'espagnol (Mexique) par Tania Campos. Moisson Rouge, 2011)

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Published by jeanjean - dans amérique latine
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commentaires

Jean-Marc Laherrère 28/08/2011 16:20


Je suis resté complètement hermétique, avec une forte impression de n'importe quoi qui fait que, bien qu'il soit court, je ne suis pas allé au bout !


jeanjean 31/08/2011 11:03



Peut-être que cela dépend pas mal de notre disposition d'esprit au moment où on l'ouvre (le côté décalé de Christopher Moore m'a fait le même effet au début, pour ça
que je dis ça). Garde-le dans un coin, et ouvre-le de nouveau un jour, juste pour voir. @+



Pierre FAVEROLLE 20/08/2011 16:30


Salut Jeanjean, je vois qu'on a le même avis : un roman très drole mais un peu court. A +


jeanjean 20/08/2011 20:16



Salut Pierre,
c'est court mais c'est bon, comme on dit ! @+ 



Oncle Paul 20/08/2011 16:30


Bonjour
Un livre politiquement incorrect, tout au moins au Mexique ?
Amicalement


jeanjean 20/08/2011 20:12



Bonjour Paul,
on dirait, si on en croit la 4ème de couverture. Que la veuve demande le retrait du livre est une chose, mais qu'elle l'obtienne est quand même assez ahurissant... comme tout ce qui se passe dans
le roman, d'ailleurs. Amitiés.



Yan 20/08/2011 15:51


Celui-ci est sur ma liste. J'ai bien aimé le titre (on a les critères que l'on peut quand il s'agit d'auteurs et de livres que l'on ne connait pas) qui me rappelait "Apportez-moi la tête d'Alfredo
Garcia" de Peckinpah. Mais je vois qu'à toi-aussi cela t'est passé par la tête, si je puis dire, si j'en crois la première citation du titre dans le 2ème paragraphe de ta chronique.


jeanjean 20/08/2011 16:05



Je ne m'en étais même pas rendu compte ! Mais effectivement, on pense à la même chose. Tiens, je laisse tel quel, du coup, juste un p'tit coup de parenthèses.
@+



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