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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 00:00

Après Souvenez-vous de moi, paru l'année dernière à la même époque, Les Presses de la Cité publient Frères de sang, second roman de Richard Price paru en 1976, et inédit en France jusqu'à ce jour. Je commence à aimer la Rentrée...


Frères de sangStony De Coco, 17 ans, vit à New York, entre un père volage, une mère névrosée, un jeune frère anorexique qu'il protège du mieux qu'il peut, et l'exubérant oncle Chubby. Une famille modeste du Bronx dans son quotidien, avec ses problèmes, ses tensions, ses moments de joie.

Le chemin semble tout tracé pour ce fils, petits-fils et neveu d'électriciens. Son père rêve de l'emmener avec lui, de le présenter aux collègues, comme on passe un relais, et se livre à un véritable siège pour convaincre son fils. Stony tergiverse. Bosser sur les chantiers, pourquoi pas, mais il y a ce travail à l'hôpital avec les enfants malades, dans lequel il se sent vraiment bien.

Entre suivre le sillon familial et tracer sa propre voie, Stony va devoir choisir, tiraillé entre le sentiment de trahir les siens et ses origines, et le désir de faire ce qui lui plait vraiment.



A partir de cette trame toute simple, Richard Price a écrit un magnifique roman d'apprentissage, en même temps qu'une chronique sociale et familiale dans le Bronx des années 70, dans la veine naturaliste qui est la sienne. 


Price nous parle de la difficulté de s'affranchir de son milieu, et de la nécessité, parfois, de "s'échapper" pour s'accomplir. Avec des mots simples, parfois crus, et les qualités qu'on lui connaît : force des dialogues, finesse psychologique dans l'étude des personnages et des relations humaines, et cette subtilité à déceler et mettre en relief les non-dits, les rancoeurs silencieuses, les (dés)accords tacites. 

Ecrit à seulement 27 ans (après Les Seigneurs, écrit à 23 !), Frères de sang n'a pas la même ampleur que les romans ultérieurs, mais témoigne déjà d'une grande maturité dans la maîtrise du récit, la tension narrative. Le propos est moins sombre et le timbre moins grave, mais la voix de Richard Price est là, qu'on ne se lasse pas d'entendre.

Celle d'un grand écrivain.



Frères de sang / Richard Price (Blood Brothers, 1976, trad. de l'américain par Jacques Martinache. Presses de la Cité, 2010)

PS : Richard Price sera présent au festival América, du 23 au 26 septembre prochain.

PPS : d'autre part, il entame (sous le pseudo de Jay Morris) une série de polars ayant pour personnage principal un flic new-yorkais rétrogradé après une bavure. Le premier sortira aux Etats-Unis à l'automne 2011.

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Published by jeanjean - dans amérique du nord
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commentaires

Restling 13/08/2010 12:24


Quel dommage que certains livres mettent tant de temps à arriver jusqu'à nous !!! Je vais guetter la sortie de celui-ci avec impatience !


jeanjean 13/08/2010 13:13



34 ans après, c'est vrai que là ça fait un bout... D'après l'attachée de presse de l'éditeur à qui j'ai posé la question, il semble qu'il reste encore 2 romans "de
jeunesse" de Price non traduits.
Sinon, celui-là tu peux le trouver dès maintenant, il est sorti hier. @+



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