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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 12:08

J'avais déjà eu l'occasion ici de vous parler de l'italien Piergiorgio Di Cara, à propos de son dernier roman Verre froid et du personnage de Salvo Riccobono, flic à la brigade anti-mafia de Palerme et "double" de l'auteur.

Dans ce nouveau roman, on croise bien Riccobono dans les couloirs de la questure, et l'ombre de Cosa Nostra plane comme une chape de plomb, mais on a changé de service et fait connaissance avec Pippo Randazzo et son équipe, de la criminelle.


Di CaraRandazzo, la trentaine plus ou moins célibataire, est issu d'une famille bourgeoise - un père ancien député de gauche, qui "avec le massacre de l'opération Mains propres (...) a réussi à traverser l'océan de merde en restant propre" - aurait pu être rentier ou haut-fonctionnaire, mais il a choisi d'être flic. Pas par vocation, mais plutôt par un concours de circonstances, un concours d'inspecteur en l'occurence. Pour le moment, ça lui convient, il verra plus tard si...

Une mère de famille sans histoires vient d'être torturée et battue à mort à son domicile. L'enquête est au point mort. Seule piste : une série d'appels anonymes reçus par le mari.

Les procédures se mettent en place - écoutes, filatures, interrogatoires... - et les méninges aussi. Randazzo et ses collègues échafaudent, vérifient, confrontent, s'enlisent et s'extirpent tour à tour dans une affaire aussi banale que sordide.


Un artiste a eu beau installer une inscription géante "HOLLYWOOD" sur la montagne qui domine Palerme, on n'est pas dans un film. Pas d'effets spéciaux chez Di Cara, mais un souci de réalisme, en ce qui concerne notamment le métier de policier : des tonnes de paperasse et de formulaires, un travail d'investigation lent et fastidieux, et surtout un travail d'équipe. Oubliez les courses-poursuites, les fusillades et les héros, chez Di Cara il n'y a que des hommes qui font simplement leur boulot, et ont une vie après ce boulot... quand ils ne sont pas rappelés en catastrophe !

Les personnages sont d'ailleurs bien croqués - dans leurs manies, leur façon de s'exprimer, leurs relations avec leurs collègues ou leurs proches -, l'intrigue convaincante, et j'aime aussi la façon dont Di Cara parle de sa ville et lui donne vie.


Malgré tout, je suis resté un peu sur ma faim. Même si j'ai passé un bon moment, même si je n'ai pas grand-chose à reprocher à ce polar, sinon un manque de tension dramatique (comme au cinéma ?!) et un Pippo Randazzo qui n'a pas (encore ?) l'épaisseur d'un Salvo Riccobono.

Mais peut-être cela viendra-t-il, et j'irai même vérifier car Di Cara a, de toutes façons, piqué ma curiosité.


Un autre avis sur actu-du-noir.


Hollywood Palerme
/ Piergiorgio Di Cara (Hollywood, Palermo, 2005, trad. de l'italien par Hervé Denès. Métailié, Noir, 2010)

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Published by jeanjean - dans italie
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