Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 00:00

Le dernier roman d'Indridason a hiberné tout l'hiver sur mes étagères. Le printemps venu, je me suis enfin décidé à entrer en hypothermie.

Après avoir abordé - sans démériter - des questions d'actualité comme le racisme et l'immigration (Hiver arctique), Arnaldur Indridason retourne dans ses eaux de prédilection : le rapport au passé, qu'incarne à merveille cet anachonisme vivant qu'est Erlendur, les vieilles histoires qui remontent (parfois littéralement) à la surface, l'étude psychologique, les liens familiaux...



HypothermieLa vie après la mort. C'était l'idée fixe de Maria, qui ne s'est jamais remise du décès de sa mère. Les deux femmes, particulièrement proches, ne s'étaient jamais quittées.
Proust. C'était l'auteur favori de sa mère. Et un indice, pour un éventuel signe de l'au-delà.
 

On a retrouvé Maria pendue, dans le chalet familial au bord du lac de Thingvellir, là où, encore enfant, elle avait vu son père se noyer. Une amie de la défunte réfute la thèse du suicide, et contacte Erlendur. Elle lui remet une cassette : l'enregistrement d'une séance chez un médium que Maria avait consulté peu de temps avant sa mort.

D'abord réticent, notre policier se décide finalement à enquêter. Pourtant, le dossier est bouclé et le suicide ne fait guère de doute. Seulement, les morts et les disparus - comme ces adolescents qu'on n'a jamais retrouvés et dont les parents continuent de rendre visite à Erlendur - ont toujours exercé sur lui une attraction irrépressible.

D'ailleurs, c'est peut-être là que résident le charme, la qualité et le succès de ce personnage : dans la façon dont l'intrigue et les événements entrent en résonnance avec la propre histoire d'Erlendur, hanté à jamais par la disparition de son frère. Dans la manière, ici, dont il poursuit des fantômes en même temps que ses propres démons.


Cette fois, Indridason ne convoque pas la machine policière - et pour cause, il n'y a même pas d'enquête officielle - et laisse Erlendur mener seul ses investigations (entre deux confrontations plus ou moins heureuses avec sa fille et son ex-femme), sans en informer qui que ce soit. Au fil de ses interrogatoires et de sa recherche du temps perdu, il se montre même beaucoup plus résolu et tenace qu'à l'accoutumée.

Au bout de cette (en)quête en solitaire : des douleurs sourdes et lancinantes, des êtres malfaisants, des secrets dont le poids ne s'allège jamais
et, peut-être, un semblant de paix et de miséricorde.

 


C'est déjà le 6ème épisode de la série, et on pourrait s'attendre à une petite baisse de régime chez Indridason (je sens que vous allez me dire qu'elle est déjà passée avec Hiver arctique), comme dans tant d'autres cycles.
Ce n'est pas le cas, e
t même, Hypothermie m'apparaît comme l'un des meilleurs.


Hypothermie / Arnaldur Indridason (Harðskafi, 2007, trad. de l'islandais par Eric Boury. Métailié, Noir, 2010)

Partager cet article

Repost 0
Published by jeanjean - dans scandinavie
commenter cet article

commentaires

dasola 21/05/2010 14:34


Bonjour, oui, moi aussi, je trouve qu'Hypothermie est le meilleur d'Indridason avec les deux premiers (Jarres et Femmes en verre). Hypothermie (voir mon billet du 07/04/10) est plus qu'un roman
policier, c'est un vrai drame psychologique qui touche. Bonne après-midi.


jeanjean 21/05/2010 20:55



Bonjour,
complètement d'accord avec toi. Je rajoute le lien : http://dasola.canalblog.com/archives/2010/04/07/17373418.html
bonne soirée.



Michel 14/05/2010 19:37


Très bon mais consernant les deux jeunes, la résolution est un peu tirée par les cheveux


jeanjean 15/05/2010 12:11



ça ne m'a pas vraiment gêné. Ce qui m'aurait davantage gêné, c'est que les deux intrigues finissent par se rejoindre. @+



alain 13/05/2010 19:16


C'est le seul que je n'ai pas lu. Il faut que je le trouve..


jeanjean 14/05/2010 00:03



Il ne devrait pas décevoir à un fan d'Indridason comme toi. Bonne lecture.



clément 13/05/2010 10:52


oui mais pour Hiver Arctique c'est la construction qui m'avait gêné car la fin n'a pas de lieu direct avec toute l'enquête. Indridason pouvait la placer à n'importe quel moment du roman.


jeanjean 13/05/2010 14:27



Si je me rappelle bien, on n'apprend l'identité des meurtriers qu'à la fin. "pas de lien direct avec toute l'enquête" : tu veux dire que la thèse du crime
raciste, développée au long du roman, ne se vérifie finalement pas ? Perso, ça ne m'a pas gêné.



Stemilou 12/05/2010 20:14


J'ai découvert cet auteur par Hypothemie et je me lance maintennat dans les précédents! J'adore


jeanjean 12/05/2010 22:21



Tu as de la chance ! Essaye de les lire dans l'ordre si tu peux, t'y gagneras quand même un peu. @+ 



Rechercher