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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 00:00

La maison où je suis mort autrefois. Avouez qu'avec ce titre on ait envie de pousser la porte.


La maison où je suis mort...Sayaka Kurahashi n'a aucun souvenir de sa petite enfance. Aucun document, aucune photo. Un vide qui a toujours provoqué en elle un mal-être diffus, un vide qu'elle va peut-être pouvoir combler quand, à la mort de son père, elle reçoit une clé et le plan d'une maison isolée. Elle décide de s'y rendre et demande à un ex-petit ami de l'accompagner - une sorte de personnage-outil dont le rôle se borne finalement à donner la réplique à Sayaka, en la questionnant ou en échafaudant des hypothèses.

Arrivés sur les lieux, ils découvrent une maison abandonnée depuis une vingtaine d'années, mais qui semble tout de même avoir été entretenue. La porte est condamnée, on ne peut pénétrer dans les lieux que par la cave. Toutes les pièces sont restées en l'état, les objets sont à leur place, comme si ses habitants allaient revenir d'un moment à l'autre. Toutes les horloges sont arrêtées et indiquent la même heure.

Un couple assez âgé et leur jeune fils, Yusuke, vivaient là. Grâce au journal intime du garçon trouvé dans sa chambre, aux indices que livre la maison et aux flashs de Sayaka, ils reconstituent peu à peu l'histoire de cette famille, à la manière d'un puzzle dont on ne devine pas encore l'effrayant motif.


Entre fausses pistes et jeux de miroirs, Higashino s'y entend pour ménager le suspense, et on se laisse volontiers mener par le bout du nez, même si on devine ou pressent parfois le coup suivant.
Coincé entre ces quatre murs, l'atmosphère devient rapidement oppressante, et on se demande, avec ce petit pincement d'excitation, quels lourds secrets vont être dévoilés.

Des secrets et des non-dits qui ont à voir avec la façon dont l'histoire familiale conditionne et influence notre existence et notre vision du monde, et la façon dont les traumatismes de l'enfance s'impriment en nous et nous font parfois répéter les mêmes erreurs (le thème de la maltraitance, on le voit venir gros... comme une maison).


Au final, même si je ne partage pas complètement l'enthousiasme de Pierre ou de Claude, je dois dire que cette maison exerce un certain attrait.


La maison où je suis mort autrefois / Keigo Higashino (Mukashi bokuga shinda ie, 1997, trad. du japonais par Yukata Makino. Actes Sud, Actes noirs, 2010)

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Published by jeanjean - dans asie
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commentaires

béné 04/08/2010 08:05


Il m'est tombé des mains!


jeanjean 04/08/2010 17:32



Comme quoi... Certains collègues à qui j'ai prêté le bouquin ont eu la même réaction, et d'autres l'ont littéralement dévoré et prêté à leur tour.



Emeraude 10/07/2010 16:05


J'ai beaucoup aimé aussi, sans trouver ça excellent non plus. C'est très sympathique et prometteur^(disons que je lirai très probablement le prochain annoncé !)


jeanjean 16/07/2010 17:31



On est donc sur la même longueur d'ondes, en attendant le prochain. A bientôt.



Claude LE NOCHER 06/07/2010 07:52


Salut Jeanjean
Merci à Laurette de partager mon enthousiasme pour ce roman. Bien que j'en lise beaucoup, celui-ci me reste "gravé" en mémoire.
Quant aux 4e de couvertures, ainsi qu'aux étiquettes ("Thriller", par exemple), elles ne restituent que très rarement l'esprit des livres. La formule usée "suspense haletant" a tendance à rebuter
les vrais lecteurs, pour ne citer que celle-là. Parfois, ça nous entraîne sur des... fausses pistes, voire à une lecture erronée (certains livres présentés comme des "romans d'enquête" alors qu'il
s'agit bien d'ambiance noire).
Amitiés.


jeanjean 07/07/2010 10:35



Salut Claude,
d'accord avec toi, les éditeurs ont peut-être tendance à compartimenter un peu trop leurs romans, et des genres de moins en moins étanches, ce qui s'avère gênant quand le thriller n'en est pas un
ou quand l'enquête est davantage un roman noir. Cela obéit sûrement à quelque loi de marketing et de "public cible"... A leur décharge : un roman a de plus en plus de mal à trouver son public, ce
qu'accentue encore la surproduction.
amitiés.



Michel 04/07/2010 20:54


Déjà noté sur un blog québequois, après la mode nordique voilà une mode japonaise !!


jeanjean 07/07/2010 10:31



C'est vrai qu'il y a un bon bouche à oreille pour ce bouquin. Et à propos de mode, je vais bientôt me mettre en mode... "veille" pour quelques semaines.
@+



Alex Ram 03/07/2010 23:29


JOYEUX ANNIVERSAIRE JEAN-JEAN
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


jeanjean 03/07/2010 23:30



Merci Alex !!!!



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