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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 18:52

"J’ai vu un jour un reportage sur ces fameux « appartement-ravioli ». Considérant la médiocrité de l’enjeu, le déploiement de force policier et le sérieux absolu des fonctionnaires impliqués, ça m’a fait hurler de rire." (Colin Thibert, interview à lire sur Bibliosurf)


Tout commence donc, et en grandes pompes ("je suis surpris que vous n'ayez pas demandé un hélico en renfort ! Et pourquoi pas le GIGN, tant que vous y êtes !") par une descente de police dans un "appartement ravioli" - il s'agit donc d'une cuisine clandestine, où plutôt d'un immonde cloaque où l'on concocte des petits plats "à domicile", dans des marmites crasseuses et parmi les cafards. Appétissant, non ?

La scène est digne d'un film gore, et le cordon bleu de la maison, une vieille chinoise manifestement atteinte de coprolalie, n'est pas des plus accueillantes. Personne ne comprend son charabia, à part Jean-Luc, CNRS-ien au chomage et interprète-pigiste pour la police (faut bien remplir le frigo), et en premier lieu pour le stupide et falot commissaire Argouge, atteint lui de racisme ordinaire.
Un ange passe dans ce chaos : Alice Delain, fonctionnaire rattachée au service de la consommation et de la répression des fraudes, est d'une beauté à couper le souffle court des mâles en rut.

Quand l'envoûtante Alice met la main sur le magot - et un mystérieux carnet de commandes - cachés dans l'appartement, elle ne se doute pas encore qu'elle vient de déclencher une réaction en chaîne. Avec Jean-Luc, dont elle a fait son jouet-complice-amant, ils vont mettre à jour un trafic pour le moins singulier pour finalement se coltiner la mafia chinoise qui va tout sabrer sur son passage (notamment par l'intermédiaire des dénommés Kee & Kong...).


Au festin d'Alice, tout le monde déguste ! On trouve des affreux vraiment méchants, tueurs sanguinaires, à sang froid, cannibales, dépeceurs spécialisés ! Quant aux gentils de l'histoire, y a vraiment pas de quoi pavoiser : gentils crétins, racistes ordinaires, ados glandeurs, maîtres-chanteurs du dimanche, sympathiques perdants et dindons de la farce noire que nous a concocté Colin Thibert avec une bonne dose d'humour (pince-sans-rire) et un sens aiguisé de la satire sociale. Dans ce fait-tout de bêtise et de méchanceté, on croise aussi de vrais victimes, comme ces esclaves invisibles qui remboursent à leur passeur le long voyage qu'ils ont  effectué depuis leur pays pour trouver une vie meilleure...

C'est la première fois que je goûtais au suisse Colin Thibert. Parfaitement digeste (malgré les apparences), léger, savoureux. Un mélange de cocasserie et de noirceur. Idéal quand on aime le sucré-salé.


Le festin d'Alice / Colin Thibert (Fayard Noir, 2009)

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Published by jeanjean - dans france
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commentaires

cynic63 16/10/2009 10:25


Moi, je n'aime pas trop le sucré-salé. Mais l'aigre-doux oui. Ca marche aussi avec ce roman?


jeanjean 16/10/2009 19:18


Oui, c'est bon aussi à la sauce aigre-douce !


Clément 14/10/2009 20:27


Je n'avais pas prévu de le lire mais vu ton papier je vais essayer! Il faut dire que Fayard Noir me réserve souvent des bonnes surprises!


jeanjean 15/10/2009 00:34


Tu me diras ce que tu penses de celui-là, ou j'irai voir ça sur ton site. Bonne lecture, donc, en espérant que tu y trouves le même plaisir que moi. @+


Hannibal le lecteur 14/10/2009 01:18


Très belle chronique que tu nous a concocté là.
Je ne sais pas si j'aurai l'occasion de goûter à Thibert mais en tout cas ça en donne envie.


jeanjean 14/10/2009 10:52



Alors ne te prive pas ! ça ne cale pas forcément son homme, mais c'est goûtu, comme on dit !



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