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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 00:00

Un chien sur la couverture du livre de Gonzalez Ledesma, un autre ici : je vais peut-être me spécialiser dans le "polar canin", tiens...  Toujours est-il que ce roman de l'américain Michael Lewin (réédité dans une nouvelle traduction) a de quoi égayer nos neigeuses/pluvieuses/venteuses journées d'automne.



couv lewinBien qu'il soit à la rue, Jan Moro préfére se définir comme un auto-entrepreneur. La fortune lui sourira un jour, c'est certain, suffit de rester positif et de s'adresser à la bonne personne. Tiens, justement, y a ce Billy Cigar rencontré dans un bar et qu'a l'air plein aux as, lui pourrait peut-être financer ses projets. Je ne vous ai pas dit : Moro a tout pleins d'idées qui vont lui rapporter un paquet de fric, il en est persuadé : un masque pour fumeurs ou un déodorant pour vêtements, par exemple...


En attendant, pas question de se laisser aller. Moro prend soin de son hygiène, il est organisé (il s'est aménagé des cachettes aux quatre coins d'Indianapolis), méticuleux, voit toujours les choses du bon côté, et surtout, il se tient
peinard et à l'écart des ennuis. Pour avoir goûté une fois à la prison, il n'a aucune envie d'y retourner. Ça fait d'ailleurs partie des choses auxquelles il n'aime pas trop penser, avec l'histoire de son père et puis cet "incident" quand il avait 13 ans...

Mais voilà qu'un soir, alors qu'il se trouve dans la cabane du champ de foire où il a élu domicile, il voit arriver des camions. A l'intérieur : des cages remplies de chiots et des types à moitié dingues qu'ont aucune envie de le voir traîner dans leurs pattes.
Une belle frousse plus tard, Moro s'en va voir les flics pour vendre ses infos. Le voilà devenu indic, et justement chargé de surveiller... Billy Cigar, qui s'avère être un gros caïd de la ville, qui s'est enrichi après une virée aussi fructueuse que sanglante quelque part en Amérique du Sud.



On a beau être malin, faut faire gaffe à sa couenne quand on bouffe à tous les râteliers, surtout quand on ne sait plus distinguer les amis des ennemis. Des flics déguisés en truands, des truands déguisés en flics, des truands déguisés en truands, et ce pauvre Moro au beau milieu de la meute ! 


Une histoire joliment emberlificotée, du rythme, de l'humour (quelques histoires de comptoirs en prime), et derrière la farce, un ton caustique et quelques vérités sur ce bon vieux rêve américain.

Raconté à la première personne, Les chiens sont mes amis vaut aussi et surtout pour le personnage de Moro, une calamité ambulante dont la candeur atteint des sommets inégalés (à ces hauteurs, ça tient du livre des records...), un petit bonhomme complètement ahuri, aussi poltron qu'audacieux, aussi désarmant qu'attachant, bref un spécimen rare qui mérite le détour à lui tout seul.



Les chiens sont mes amis / Michael Z. Lewin (Underdog, 1993, trad. de l'anglais (Etats-Unis) revue et corrigée par Frank Reichert. L'Atalante, 2001, sous le titre Lumpen ; Alphée, Outside Thriller, 2010)

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Published by jeanjean - dans amérique du nord
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