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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 00:00

Question pour pas un rond :

Top ! né à Paris en 1898 d'une mère luxembourgeoise et d'un père russe, je décide très jeune de devenir écrivain - après avoir achevé mes études en Angleterre et vécu un temps en Autriche, je rentre à Paris en 1923 puis publie l'année suivante une nouvelle intitulée Le crime d'une nuit, qui attire l'attention de Colette - c'est à elle que je confie le manuscrit de Mes amis, roman immédiatement salué par la critique et qui marque le début d'une oeuvre prolifique et considérée avant-gardiste qui fait de moi l'un des principaux écrivains de l'entre-deux-guerres, salué entre autres par Max Jacob, Rilke ou Sacha Guitry - démobilisé en juillet 40 et refusant toute publication durant l'Occupation, je rejoins Alger en 1942, où j'écris mes trois derniers romans et entre au Comité national des écrivains - rentré en France en 1944, je meurs l'année suivante des suites d'une maladie infectieuse - né Emmanuel Bobovnikoff, également connu sous les pseudonymes de Jean Vallois et Pierre Dugast, je suis... je suis...

Si vous avez trouvé, vous êtes fortiche, parce qu'Emmanuel Bove n'est plus guère lu aujourd'hui, même si ses textes sont régulièrement réédités. Le dernier en date est un roman policier, genre auquel il s'essaya brièvement en 1933 en publiant La Toque de Breitschwanz (connu aussi sous le titre La fiancée du violoniste), et Le meurtre de Suzy Pommier, court roman dont il est question ici.


Suzy PommierSuzy Pommier, une actrice en vogue, est retrouvée morte dans sa baignoire à son domicile parisien, dans les mêmes circonstances que le personnage qu'elle jouait dans son dernier film, une chanteuse de cabaret tuée par son amant.

La veille, durant la première représentation du film, le public choqué par la scène du meurtre, l'avait violemment pris à parti. Un spectateur l'a t-il suivie jusque chez elle ? Ou bien faut-il chercher parmi les nombreux courtisans de la vedette ?

Par un concours de circonstances, l'enquête échoue à l'inspecteur Hector Mancelle, habituellement confiné aux vérifications de registres d'hôtels. Intrépide, plein d'abnégation, l'esprit vif, le jeune inspecteur va résoudre à lui seul le mystère, ridiculisant au passage son chef et se couvrant de gloire.



Paris, l'étude de moeurs, les différents milieux sociaux : on retrouve ici un univers proche de celui de Simenon, comme le souligne justement l'intéressante préface signée Bruno Lopat, qui évoque par ailleurs l'édition au tournant des années 30, le coup médiatique de Simenon pour promouvoir ses premiers Maigret (on faisait déjà dans l'événementiel), et l'incroyable succès du roman policier à cette époque, porté par Le Masque et les auteurs anglo-saxons, Agatha Christie et Ellery Queen en tête.

S'il s'inscrit dans cette veine du roman d'énigme - à la fin tout est bien qui finit bien, le criminel est puni, l'ordre rétabli - Le meurtre de Suzy Pommier se distingue cependant par une certaine acuité dans l'exploration des sentiments humains, au premier rang desquelles la misère morale, la culpabilité, le remord.

Enfin, malgré (grâce ?) des personnages désincarnés et dénués de toute ambiguïté psychologique (le jeune inspecteur sans peur et sans reproches fait sourire aujourd'hui), et un style parfois compassé, l'ensemble ne manque pas de charme.



Une curiosité.


Le meurtre de Suzy Pommier / Emmanuel Bove (Manucius, Le Policier, 2010)

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Published by jeanjean - dans france
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