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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 00:00
En lisant le dernier Pelecanos, je pensais à ce vieil ami de la famille qu'on écoutait d'une oreille, gamin, alors qu'il se mettait en tête de vous "expliquer la vie". Jusqu'à ce qu'un de vos proches vienne à votre secours : "Arrête avec tes histoires, George, tu vois pas que tu l'ennuies ?".

Mauvais filsL'histoire, c'est celle de Chris Flynn, qui a force de multiplier les conneries, se retrouve dans un centre de détention pour mineurs, au grand dam de ses parents, des blancs de la classe moyenne. On le retrouve quelques années plus tard, en train de bosser dans la petite entreprise familiale, "Les Sols fabuleux de Flynn".

Si leurs relations se sont apaisées, père et fils ont toujours du mal à communiquer et à dénouer ce gros noeud de déceptions, de frustrations et d'incompréhensions mutuelles. Thomas Flynn, qui nourrit depuis toujours un complexe d'infériorité en croisant les médecins ou les avocats de son quartier, espérait autre chose pour son fils que de poser des moquettes toute sa vie. 
Chris, lui, veut juste mener une existence normale et s'en tire plutôt bien. Jusqu'au jour où avec son pote Ben ils découvrent un gros paquet de fric, planqué sous un parquet. 


Très proche d'Un jour en mai par sa structure (et son happy-end sirupeux, hélas, avec coeurs gravés sur les arbres), Mauvais fils brasse quelques-uns des thèmes chers à l'auteur : les relations père/fils, l'éducation, la "seconde chance", la responsabilité individuelle, ainsi que la géographie humaine de Washington.
Sauf qu'ici Pelecanos donne l'impression de réciter sa leçon, surlignant maladroitement son propos, et délivrant par ailleurs un discours un brin didactique et lénifiant sur la répression/prévention/réinsertion des délinquants juvéniles.

On aura écouté l'ami George jusqu'au bout, mine de rien. Reste qu'il s'est déjà montré beaucoup plus inspiré.  


Mauvais fils / George Pelecanos (The Way Home, 2009, trad. de l'américain par Etienne Menanteau. Seuil Policiers, 2011)

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Published by jeanjean - dans amérique du nord
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commentaires

Bruno 18/05/2011 19:10


je vais suivre le conseil donné à Manu, car pour ma part j'ai un jour ouvert un roman de Pelecanos ( dont je ne me rappelle plus le titre) mais j'avais abandonné en cours de route. Une deuxième
tentative s'impose à l'occasion!


jeanjean 18/05/2011 22:28



Tu fais bien, les romans de Pelecanos méritent un détour, surtout les premiers. @+



Jean-Marc Laherrère 16/05/2011 09:36


Entièrement d'accord, commencer par Un nommé Peter Karras.
Après moi j'ai un faible pour deux séries : celle consacrée à Nick Stefanos (liquidation, anacostia blues etc ..) et celle du duo de privés (blanc comme neige, soul circus et tout se paye)


jeanjean 16/05/2011 15:14



Voilà Manu, tu as de quoi faire, maintenant ! (tiens, et si tu pouvais glisser entre 2 Pelecanos un bouquin de Richard Price, ce serait encore mieux)



BiblioMan(u) 15/05/2011 22:29


Tiens, d'ailleurs si tu en as un à me conseiller à lire en premier, je suis preneur.


jeanjean 15/05/2011 23:03



salut,
j'ai une faiblesse pour King Suckerman (tendance blaxploitation, excellent) et les deux autres qui forment une trilogie, Suave comme l'éternité et Funky
guns. C'est même une tétralogie si on regarde bien, avec Un nommé Peter Karras qui amorce le cycle, et je te conseille de commencer par celui-là, magnifique
bouquin. @+



BiblioMan(u) 15/05/2011 21:05


Je sais que je dois remédier à ça depuis très longtemps, j'y pense régulièrement d'ailleurs, je n'ai encore jamais lu Pelecanos. Mais je vais le faire un jour, c'est sûr. Bientôt:O)


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