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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 00:00

"Ceci n'est pas une autobiographie. Je n'en mérite pas vu que je n'ai jamais rien fait pour la promotion des bonnes manières. cela dit, j'ai une ou deux histoires à raconter et tu vas les entendre."

Ça faisait longtemps que je n'avais pas autant rigolé en lisant un bouquin ! Le genre de lecture à vous attirer quelques regards suspicieux dans les transports en commun, après quelques éclats de rire difficilement étouffés...
Il faut dire que l'auteur, Rich Hall, est avant tout l'auteur de one man shows et qu'avant d'être un roman, Otis Lee Crenshaw a d'abord été un spectacle (on trouve des extraits sur internet).


Otis Lee CrenshawBienvenue dans le Vieux Sud, bienvenue dans le Tennessee, au pays des petits blancs pauvres, de la country et des trailer park.

Otis Lee Crenshaw est de ceux-là. Il tire le diable par la queue, il aime la vraie country - Johnny Cash, Hank Williams, Merle Haggard... -, les pick-up, le bourbon et a un faible pour la gent féminine.

Mais pour le moment, il est à la barre et fait le mariolle devant le juge. Passez donc par la case prison, ça vous apprendra. 
Otis Lee Crenshaw est un collectionneur acharné : d'emmerdes, de procès et de femmes prénommées Brenda.
Sinon, quand il ne vole pas des mobiles homes avec un de ses bras cassés de copain ("quand je dis "voler" (...), cela ne signifiais pas que je les cambriolais."), il court après Brenda n°1 qui s'est enfuie avec... James Earl Ray (l'assassin de Martin Luther King) ou tente de percer dans la musique.


Otis, ce n'est pas le mauvais bougre, et même tout le contraire d'un lourdaud. Plutôt un philosophe défroqué qui nous fait partager, tout au long des 350 et quelques pages de sa curieuse odyssée (déjà finie ?!), sa singulière vision du monde et nous abreuve de réflexions et d'aphorismes tous plus hilarants et pertinents les uns que les autres, concernant les femmes, l'Amérique et l'existence en général.

Vous aurez notamment droit à : un conseil d'ami pour surmonter une peine de coeur, un match de basket joué à dos d'âne, une invasion de cigales, la compagnie d'un co-détenu qui s'endort avec un mannequin de secourisme, et j'en passe...


Dans la famille "losers magnifiques", je demande Otis le comique. Crenshaw, c'est un peu Candide aux Amériques ou un Homère redneck rentrant (enfin) chez lui complètement bourré !
Otis Lee Crenshaw contre la société, c'est aussi, et surtout, une vision à la fois désenchantée et satirique de l'Amérique. 

En tout cas, voilà le genre de bouquin qu'on a envie de refiler illico à son entourage, "tiens faut absolument que tu lises ça, tu vas tomber sur le c..". Je suis sûr que vous voyez ce que je veux dire.



Quelques mises en bouche, avant de vous payer des bonnes tranches de rire :

"Aux Etats-Unis, ton nom trahit la position que tu occupes sur l'échelle sociale. S'il est placardé à l'extérieur du bâtiment dans lequel tu travailles, c'est que tu es riche. S'il figure sur ton bureau, c'est que tu appartiens à la classe moyenne. S'il est épinglé à la pochette de ta chemise, c'est que t'es un putain de pauvre."

"Le problème, avec le coup de foudre, c'est que tu sais que ton coeur vient de signer un chèque que ton cerveau ne peut pas créditer, mais que tu essaies quand même de faire accepter par ta banque."


"Si tu veux briser la glace avec une nana, fais-la parler du cul d'une autre fille - ça marche à tous les coups. Les femmes sont constamment occupées à juger le cul des autres femmes. C'est probablement de là que vient leur sens de la répartie."


J'ai plus qu'à vous souhaiter une bonne virée avec Otis Lee Crenshaw...


Otis Lee Crenshaw contre la société / Rich Hall (Otis Lee Crenshaw : I Blame Society, 2004, trad. de l'américain par Thierry Beauchamp. Rivages, série humoristique, 2010)

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Published by jeanjean - dans un peu de blanche
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