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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 00:00

"J'ai perdu. J'ai toujours perdu. Ca ne m'irrite pas, ça ne m'inquiète pas. Perdre n'est qu'une question de méthode." (Luis Sepulveda, Un nom de torero)


En attendant Nécropolis 1209 qui paraît le mois prochain aux éditions Métailié, quelques mots sur le premier et savoureux roman du colombien Santiago Gamboa, Perdre est une question de méthode.

Perdre est une question de méthodeVictor Silanpa, chroniqueur judiciaire dans un journal de Bogota et détective dilettante  (pour de peu glorieuses chasses à l'adultère) un brin désabusé, n'a pas spécialement l'étoffe d'un héros. Mais comme il faut bien que quelqu'un cherche la vérité...

Après la découverte d'un cadavre crucifié et empalé, il s'empare de l'affaire et cherche à identifier la victime.

Aidé par Estupiñan, un petit fonctionnaire, les deux hommes commencent à gêner quelques messieurs haut-placés. Politicien corrompu, avocat véreux, promoteur mafieux, tous magouillent pour récupérer l'acte de propriété d'un terrain idéalement placé.


Un détective, une police aux abonnés absents, une femme fatale, des méchants qui se retournent les uns contre les autres : on a tous les ingrédients du roman noir classique.

Si ce n'est que Gamboa y imprime ce je-ne-sais-quoi de latin, de mélancolique, de tragi-comique, et que son enquêteur n'a pas grand-chose d'un dur-à-cuire. Il a une poupée comme confidente et ses déboires amoureux ne font rien pour arranger son moral déjà défaillant.

Quant à sa méthode, elle se résume quelque peu à ça : "Il pensa avec amertume qu'il s'y prenait mal mais se consola en se disant que si on avait détruit sa voiture et si on surveillait son appartement, c'est qu'il y avait au moins un truc sur lequel il ne s'était pas trompé." Ce qui ne l'empêche pas, sans vraiment calculer, de semer une belle pagaille...


Tout y est !
Une construction dynamique, des personnages saisissants - notamment ce couple "donquichottesque" Silanpa/Estupiñan -, une bonne dose d'ironie ("Il avait quelque chose qui relève du miracle dans ce pays : une vision de l'avenir"), et de burlesque (ah, la scène du taxi !), le tout entrecoupé des confessions drôlatiques d'un commissaire boulimique, font de ce roman un vrai petit bijou.

Bien-sûr, si vous cherchez de l'intrigue millimétrée et de la procédure à gogo, vous en serez pour vos frais, mais si vous voulez un polar décalé, fin et plein d'humour, vous devriez vous régaler.


Perdre est une question de méthode / Santiago Gamboa (Perder es cuestión de método, 1997, trad. de l'espagnol (Colombie) par Anne-Marie Meunier. Métailié, 1999, rééd. Points Roman noir, 2009)

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Published by jeanjean - dans amérique latine
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commentaires

CEI 04/02/2011 21:32


La neige se fait désirer en ce moment, ça laisse du temps pour autre chose. Le prochain c'est Trevanian "la sanction".


jeanjean 04/02/2011 22:41



Une p'tite balade sur l'Eiger, excellent choix !



CEI 04/02/2011 15:47


Je suis en train de le finir et je me régale!


jeanjean 04/02/2011 18:38



Entre 2 névés ? ^^ Bonne lecture !



Pierre FAVEROLLE 27/08/2010 09:15


Tu m'as convaincu. Je vais l'acheter ce week end !


jeanjean 27/08/2010 10:38



C'était le but ! ;-) Bonne lecture, alors, j'irai voir ce que t'en as pensé.



Jean-Marc Laherrère 27/08/2010 09:12


Oui pour Mallo ! Oui aussi pour avril rouge, d'un péruvien repris chez point.
Et si vous aimez les aventures souriantes, je vous conseille aussi "les captifs du lys blanc" de Gamboa. Délicieux.


jeanjean 27/08/2010 10:35



Avril rouge m'attend sagement, et je note pour Les captifs..., merci. @+



Alex 26/08/2010 23:05


Il serait peut-être malvenu de mettre des "genres dans des cases" mais pour moi, le polar "latino-américain" m'emballe toujours autant, car j'ai rarement été décu ( Senna, Mallo, Arriaga, etc...
).

Chez eux, y'a un certain lyrisme dans le cynisme je trouve


jeanjean 27/08/2010 10:34



c'est vrai, il a un charme particulier. "lyrisme dans le cynisme" : c'est joliment trouvé ! Je le garde sous le coude si tu me cèdes les droits. ;-) @+ Alex



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