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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 00:00

Un nouveau roman, un recueil de nouvelles et l'adaptation BD de Prisonniers du ciel : James Lee Burke occupe actuellement les tables des libraires, et c'est tant mieux. Commençons par les images.



Prisonniers du ciel

"La Nouvelle-Orléans, avril 1987. Quatorze années à la criminelle. J'admirais mon coéquipier. Il était honnête. Intègre. Et puis une arrestation a mal tourné. Il s'est fait buter. L'enquête a révélé qu'il touchait des pots de vin et rackettait les putes. J'ai tout arrêté ce jour-là."

Prisonniers du ciel vient juste après La pluie de néon, premier volume de la série consacrée à Dave Robicheaux.

Robicheaux vient de quitter la police et tient une petite boutique de location de bateaux et d'articles de pêche avec l'aide de son pote Batist. Il est sobre depuis un an et vit avec Annie, ce qui lui est "arrivé de mieux depuis un paquet de temps."

Ce jour-là, sur le bayou, ils sont témoins du crash d'un petit avion à hélice. Robicheaux plonge et ramène à la surface une petite fille. Les autres occupants de l'avion sont morts. Bien que la fillette soit certainement une clandestine, Annie convainc Dave de la garder. "Je n'avais jamais su lui résister. Mais cette voix, derrière nos battements de coeur... Est-ce celle de l'ancien officier de la Criminelle ? Quelque chose ne colle pas avec l'avion." Un des types dans l'avion avait un serpent tatoué dans le cou. Dave décide d'aller poser quelques questions et retourne trainer ses guêtres dans les bas-fonds de La Nouvelle-Orléans. Le retour de bâton ne se fait pas tarder.



La complexité et la densité des intrigues, les soliloques de Robicheaux, cette combinaison si singulière de noirceur et de sensualité qui fait le charme des romans, me font dire qu'adapter James Lee Burke est une gageure.
Bertrand Tavernier s'y est essayé au cinéma, avec Dans la brume électrique. Si le film m'avait plu, il m'avait laissé un sentiment d'inachevé (et en même temps, je ne sais pas comment il aurait pu faire mieux).     

Une gageure, donc. D'autant plus sur un format court comme la BD, qui oblige à faire des choix draconiens. Impossible de tout restituer, et on trouve assez peu d'images du bayou par exemple, si important chez Burke.
Le scénario et l'articulation des événements souffrent aussi d'une certaine confusion. A la décharge de Claire Le Luhern, il faut dire que les intrigues de Burke sont naturellement touffues, voire franchement alambiquées. Bref, à moins de faire le choix d'une adaptation libre et toute personnelle plutôt que de coller à l'original, je ne vois pas ce qu'elle aurait pu faire de plus.

Au rayon satisfactions, on trouve quelques bonnes idées, comme ce changement de police et de couleur (écriture blanche sur pavé noir) pour illustrer les pensées et les réflexions intérieures de Robicheaux, ou ce découpage ingénieux et varié - une succession rapide de petites cases marquent le rythme, qui ralentit d'un coup quand le dessin occupe une pleine ou une demi-page.
Surtout, le trait gras de Truong colle bien à l'atmosphère moite et poisseuse du roman.


Marcelino Truong (qui s'est particulièrement "illustré" dans l'édition jeunesse) et Claire Le Luhern signent une adaptation honorable, à défaut d'être vraiment convaincante. Verre à moitié plein ou à moitié vide ? A vous de voir.


Burke

Prisonniers du ciel / Marcelino Truong (dessin) et Claire Le Luhern (scénario), d'après le roman éponyme de James Lee Burke (Rivages/Casterman/Noir, 2010
)

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Published by jeanjean - dans polarabulles
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commentaires

Aurore 02/06/2010 13:19


Je suis assez d'accord avec toi! Le dessin et l'ambiance générale collent parfaitement avec l'univers de Burke, mais il manque un petit quelque chose, et tout est assez compliqué (merci M'sieur
Burke!). Mais j'ai bien aimé retrouvé Robicheaux au début car j'ai surtout grapillé dans la "série"!


jeanjean 02/06/2010 17:43



Un peu compliqué, oui. J'ai le dernier Robicheaux sous le coude, et j'en salive d'avance !



Jean-Marc Laherrère 01/06/2010 11:30


C'est vrai que Burke n'est pas le choix le plus évident pour une adaptation BD. Du coup je ne sais pas si je vais craquer ...
Et c'est une idée fausse, ou les dessins font quand même un pue penser à du Loustal ?


jeanjean 01/06/2010 14:15



C'est vrai, le trait de Marcelino Truong fait beaucoup penser à celui de Loustal, en un peu moins "rond" peut-être. En tout cas, il fait du super
boulot, notamment pour l'édition jeunesse. L'année dernière, il a aussi illustré un bouquin sur Billie Holliday, très beau.



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