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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 08:00



Manotti

                                                                   © Ramor


Avant de vous demander comment vous êtes venue au polar, j’ai envie de vous demander comment vous êtes venue au militantisme ?

J’étais très jeune au moment de la Guerre d’Algérie. Cela a été un choc pour toute ma génération. Je me souviens très précisément de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris. C’était une manifestation exclusivement algérienne, mais tous les militants français étaient dans la rue à ce moment-là quand même. Nous n’avons pas réalisé tout de suite l’ampleur du massacre, parce que les manifestants n’ont pas été massacrés sur place par la police, mais montés dans des cars et massacrés après. Les historiens, aujourd’hui, sont d’accord sur un bilan de plus de 300 morts. Plus de 300 morts dans une manifestation absolument pacifique du FLN à Paris en octobre 1961.

Dans ces années là, j’étais étudiante à la Sorbonne et quand on passait sur la place du Panthéon, on entendait hurler dans le commissariat de police du Vème arrondissement. A cette époque, le quartier latin, en tout cas cette partie située autour de l’église St-Séverin, était peuplée d’Algériens. Les immeubles étaient extrêmement dégradés, de vrais taudis. C’était le phénomène de dépérissement des centres-villes à ce moment-là. Il y avait une répression anti-algérienne effarante. Et tout le monde savait qu’on torturait. Après, c’est le problème de la circulation de l’information. Pour faire un parallèle, on découvre aujourd’hui que les Alliés, pendant la Seconde Guerre mondiale, avaient été informés de l’existence des camps de concentration et de la Solution finale. Simplement, l’information, à certains moments, ne circule pas, elle n’est pas prise au sérieux, et c’est-ce qui s’est passé concernant ces événements. Ça été le traumatisme de ma génération, celle qui a fait de la politique avant mai 68. Ça été le point de départ.

Après, dans les années 70, j’étais syndicaliste, secrétaire générale de l’Union départementale de Paris, à la CFDT. On pensait qu’on était en train de faire évoluer cette société et qu’on allait pouvoir la faire changer en profondeur, même si ce n’était pas dans une optique révolutionnaire, sous la forme du « grand soir ». On y croyait.

Et pour moi, la grève des Turcs dans le Sentier en 1980, c’est la dernière des grandes grèves des années 70. Quand Mitterrand a été élu…

 

Ce n’était pas le « grand soir » pour vous…

Ah non, pas du tout. Pour moi, et beaucoup d’autres, cette élection signifiait la fin de nos espoirs. Tout ce que j’avais espéré dans les années 70 et ce pour quoi je m’étais battu, c’était fini.

 

Et vous avez cessé brusquement toute activité militante ?

Non, pas tout de suite, ça a pris 2 ans. Mitterrand était ministre dans plusieurs gouvernements qui ont fait la Guerre d’Algérie, qui ont envoyé le contingent en Algérie, et en particulier quand il était Ministre de la Justice, il n’a pas gracié un certain nombre de gens qui ont été condamnés à mort et exécutés. A l’époque, je ne connaissais pas du tout le passé d’extrême-droite de Mitterrand mais j’avais déjà une conscience très précise de ce qu’il avait fait dans la politique française. Et s’il y a un type dont je n’ai jamais cru qu’il était un homme de gauche, c’est bien lui.

Donc, l’arrivée de Mitterrand, c’était clairement, dans les conditions dans lesquelles ça s’est fait - les types d’alliances, de programme -, la fin d’une espérance qui me faisait avancer depuis les années 60. Et puis, j’étais à l’intérieur de la CFDT, et vécu de façon douloureuse et tragique ce syndicat dans lequel on avait beaucoup discuté de l’autonomie syndicale, du rapport complexe au politique et de l’absolue nécessité d’assurer l’autonomie du syndicat. Et en 6 mois de temps, j’ai vu les ¾ des cadres de la CFDT rejoindre les rangs du gouvernement !

 

Certaines réformes ont quand même dû trouver grâce à vos yeux, non ? Comme l’abolition de la peine de mort ou…

Ah, j’étais sûre qu’on allait tomber là-dessus ! Vous savez, il n’y a pas besoin de faire la révolution pour supprimer la peine de mort.

 

… ou les radios libres.

Oui, aussi, et ça été une sacrée bagarre d’ailleurs. Bon, vous avez tout à fait raison, et l’abolition de la peine de mort est un changement profond, mais ça ne touche pas au cœur du fonctionnement de la société. C’est un changement culturel profond et important, que je soutiens absolument, mais c’est très loin des choses qu’on espérait et qu’on souhaitait voir mettre en œuvre.

Et ça été assez clair, à partir de 82-83, que le changement important de société pour lequel je m’étais battu, ce n’est pas moi qui le verrai. Peut-être mes petits-enfants. Même vous, à mon avis… (rires) Donc, j’ai arrêté, et j’étais plutôt abattue…

 

Alors comment on passe au polar après ça ?

Eh bien, on passe au polar parce que 10 ans plus tard on lit LA Confidential de James Ellroy ! Et tout d’un coup, à lire quelque chose qui bouleverse autant, qui remue autant, on se dit « ça vaut le coup d’essayer ». Voilà.

 

(public) Vous parlez de votre engagement politique, avez-vous aussi participé aux luttes féministe, contemporaines aussi des années 60-70 ?

J’ai été une des toutes premières adhérentes du planning familial, en 1961, quand il a ouvert son premier centre public. Et j’ai été très impliquée dans les bagarres du MLAC [Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception]. A la CFDT aussi, on s’est beaucoup battu sur la question du travail des femmes, sur la question par exemple du travail à temps partiel. Mais je n’ai jamais milité dans des associations exclusivement féminines.

 

Une question, entre parenthèses : que pensez-vous des interventions d’Elizabeth Badinter actuellement dans les médias, à propos de libération des femmes par rapport à la maternité ?

Ah ! Alors je ne vais pas me faire que des amis, mais je partage tout à fait son point de vue : toutes les mères sont mauvaises. Si on court après la « bonne » mère, on est cuit !

 

"Je ne crois pas au message en littérature"

Revenons à nos moutons. Vous avez dit dans une interview : « j’écris le roman de ce que j’ai renoncé à changer dans la société. Ma part de fiction est une forme de désenchantement. Tout m’échappe, alors au moins je voudrais raconter cela. » La littérature est-elle un prolongement de votre activité militante ? Voulez-vous faire passer un message ? Rendre compte ?

Oui, on peut dire « rendre compte », davantage que « faire passer un message ». Je ne crois pas au message en littérature. On me dit souvent, à propos de mon dernier roman : « vous dénoncez la police ». Pas du tout. La dénonciation, c’est un discours idéologique, c’est quelque chose de très abstrait et moi j’essaye d’écrire des romans très concrets.

 

De décrypter plutôt…

J’essaye de décrypter, voilà. J’ai connu ce monde-là, avec mon engagement, mes convictions. Je ne dis pas du tout que je fais une lecture neutre, mais j’essaye de ra-con-ter. De raconter ce que je vois, de la façon dont je le comprends.

 

Et pourquoi le roman noir, justement ? Grâce à James Ellroy ?

Pas seulement. Avant Ellroy, je lisais déjà beaucoup de romans noirs. Ensuite, je crois que le type de choc qu’a représenté pour moi la Guerre d’Algérie explique en grande partie mon goût du roman noir. Je m’explique : quand je me suis trouvé confrontée à ce qui se passait en Algérie, j’avais une bonne éducation humaniste, je faisais des études de latin/grec, envisageais l’égyptologie comme métier, lisais Corneille… Et quand j’étais petite, j’ai lu Alexandre Dumas, les romans de cape et d’épée, qui véhiculaient le brio, le brillant, l’honneur… bref, toute une instruction « classique » et qui contenait un discours auquel je croyais. Et découvrir que tout cela n’est qu’un discours idéologique sur une réalité sanglante, masquée, enterrée, c’est un choc. D’où cette espèce de tournure d’esprit que j’ai désormais : quand j’entends un discours, je me demande toujours ce qu’il y a « derrière ». Je n’y crois pas ! Qu’est-ce qu’il cache ? Il a une fonction de masque de théâtre, de mise en scène. Et je me demande toujours : derrière, il y a quoi ? Et ça, c’est fondamentalement une démarche de roman noir.

 

Après votre premier roman paru en 1995, vous écrivez une sorte de triptyque sur les années 80, avec A nos chevaux, Kop et Nos fantastiques années fric, où en partant de la crise des otages du Liban en 1985, vous évoquez à travers un trafic d’armes les compromissions au plus haut niveau de l’Etat. Une petite question pour commencer : j’adore ce titre, c’est vous qui l’avez trouvé ?

Disons que c’est la famille… (elle regarde son mari, dans la salle, sourit)

 

Il est beaucoup question de corruption, de magouilles, d’argent-roi, de guerre des services de police… C’est un règlement de compte avec les années Mitterrand, les « années fric » ?

C’est très important le virage que prend la gauche à ce moment-là. Les années 80 réhabilitent complètement, dans la gauche officielle, l’argent et l’entreprise. C’est un tournant très important.

 

En exergue de Lorraine Connection, vous écrivez « Ceci est un roman. Tout est vérité. Tout est mensonge. » C’est une des caractéristiques de vos romans : à un moment, on ne distingue plus la réalité de la fiction.  Pour écrire Nos fantastiques années fric, vous vous êtes appuyée sur des faits réels, notamment l’affaire des otages du Liban, ou encore sur François de Grossouvre qui a inspiré le personnage de Bornand, non ?

Alors, pour les faits, oui. La trame de mes romans, c’est un ensemble de faits réels. Comme je suis historienne et que j’ai quand même des scrupules, je ne modifie pas ces faits. Je calque mon histoire inventée sur cette carcasse de réalité. Les personnages, c’est une tout autre histoire. Les personnages sont toujours des personnages de fiction. Vous parlez de Grossouvre, mais il y a aussi Dumas, François le banquier suisse de Mitterrand… Il y a plusieurs personnages à qui j’ai emprunté un certain nombre d’éléments historiques et puis il y a une part, importante, d’éléments fictionnels. Autant le cadre historique me parait important, autant j’essaye de ne pas fonctionner sur la base des personnages à clé. Parce que la construction des personnages, c’est vital pour un romancier. C’est-ce qui va vous permettre à vous, lecteur, d’être embarqué dans l’histoire, ou non. C’est par les personnages que vous êtes séduit, attiré, repoussé, ému, bougé. C’est avec eux que vous vivez tout ce qu’on est en train de raconter.

La démarche du romancier n’est pas celle de l’historien. On ne cherche pas à mettre à jour ce qu’a véritablement fait telle ou telle personne, mais on s’efforce, pour entrer dans l’histoire, de faire une synthèse plus puissante que la réalité. Et là-dessus, je prends même la précaution de ne pas entrer trop profondément dans la biographie des personnages historiques, parce que je veux me laisser les mains libres pour inventer les miens.

 

Comment votre travail d’historienne a influencé votre travail d’écrivain ?

Il l’a énormément influencé. D’abord dans ma méthode de travail.

 

Justement, dites-nous comment vous préparez un livre comme Nos fantastiques années fric. Vous consultez de la documentation, vous rencontrez des gens ?

Alors, si vous voulez, j’ai écrit à peu près un roman tous les 2 ans. C’est mon rythme.  Et… Bon, il y a des auteurs qui commencent un roman parce que tout d’un coup, y a une phrase qui leur vient et ce sera la première de leur roman. Moi je ne fonctionne pas du tout comme ça. Au départ, j’ai envie de traiter un sujet, le foot, l’embargo des armes vers Iran et l’Irak et la façon dont il a été détourné… Alors je commence par faire de la documentation. Sur l’Iran et l’Irak par exemple, c’était assez facile au moment où j’ai commencé à écrire, à ce moment là, il y avait le procès d’une entreprise qui s’appelait « Luchaire » et qui avait été prise sur le fait de violation de l’embargo. J’ai récupéré les documents publics du procès et commencé à travailler là-dessus. Il y a aussi beaucoup d’informations dans les journaux ou des livres, j’interviewe des témoins, des journalistes qui étaient alors accrédités à l’Elysée…

 

Ca se fait facilement de prendre contact et de discuter avec des gens, comme ça ?

Oui. Et je le fais toujours correctement, c’est-à-dire que je dis toujours que je le fais pour un polar.

 

Quand ils entendent le mot « fiction », ça les rassure ?

Peut-être. Mais toujours est-il que je ne me fais pas passer pour je-ne-sais-qui. Et non, je n’ai jamais rencontré de problème pour rencontrer des gens.

Alors, j’accumule pendant 6 mois de la documentation, je prends des notes, je rédige des fiches biographiques, très factuelles, sur tous les gens que je rencontre. Durant ce temps-là, je n’écris pas une seule ligne de fiction. Et de façon assez spontanée, les personnages se forment petit à petit. Avant l’histoire.

 

Au fur et à mesure, alors même que vous n’avez pas encore écrit une ligne du roman, vous parvenez à les situer, à leur imaginer des manies, une personnalité, à les mettre dans certaines situations ?

Voilà. Les personnages se forment à partir de la doc, ils en sortent en quelque sorte. Il y a des phrases qui viennent, des tics, des comportements, des réactions… A partir de ce moment-là, je fais des fiches biographiques de mes personnages fictifs, et puis, au bout de ce travail-là, je construis mon histoire, avec un plan, assez précis, qui tient sur 3-4 pages. Et c’est seulement après tout ça que je commence à écrire.

 

Alors… Vos livres sont quand même assez complexes, avec des trames qui se superposent, qui s’imbriquent… Tout ça, vous l’avez donc déjà en tête, ou disons sur votre plan, avant de commencer ?

Oui, complètement. Je ne sais pas si le terme est bon, mais j’appelle ça des « filières » : une filière politique, une filière drogue, une filière trafic d’armes… Et je sais à quel moment du récit ces filières vont se recouper.

 

A l’aide de personnages-pivots, qui lient ces différentes filières ?

Oui, c’est ça. Et c’est même assez précis pour que je puisse éventuellement ne pas écrire les scènes dans l’ordre. Il y a quelquefois des scènes que j’ai envie d’écrire, alors je commence par celles-là, avant de les remanier, de les réinsérer dans le texte.

 

C’est-ce qui donne du rythme aussi à vos romans, avec une succession de points de vue, de plans, de situations…

Oui, grâce à ces entrecroisements. Et il n’y a pas de point de vue unique.

 

Dans tout le processus de la construction d’un roman, entre la recherche d’information qui dure 6 mois et le travail d’écriture qui dure…

Un an, un an et demi.

 

… quelle phase préférez-vous ?

La phase la plus excitante, c’est celle où l’histoire prend forme, où les personnages apparaissent. Et c’est sûrement excitant parce qu’il y a une part d’incontrôlé, où l’imaginaire fonctionne un peu tout seul.

La partie de recherche est aussi très intéressante parce qu’on apprend plein de choses. J’ai toujours fait des découvertes, et des rencontres. Mais ça reste assez proche de ce que je faisais quand j’étais historienne. Tandis que le plaisir du moment où les personnages commencent à prendre vie, ça c’est vraiment le meilleur moment.

Et puis y a un moment terrible : c’est l’écriture du dernier tiers du livre. On ne trouve plus rien, on ne fait que finir, achever… Et à chaque fois on a le sentiment que ça ne va intéresser absolument personne ! C’est presque une discipline de continuer. C’est épouvantable !

 

[public] Comment vous travaillez ? Est-ce vous vous levez le matin, et faites 8-12h ? Ou alors, peut-être que tout à l’heure, en rentrant chez vous en train par exemple, vous pouvez penser à quelque chose et prendre des notes ?

Alors oui, c’est vrai que c’est une activité assez obsessionnelle. Quand on est dans une phase de construction et d’écriture, on a du mal à s’abstraire totalement. On peut effectivement penser à des choses, et à ce moment-là j’essaye de les noter avant de les oublier, dans le métro ou n’importe où ailleurs. Sinon, je n’ai pas de discipline de travail. Je travaille tous les jours, mais je n’ai pas d’horaires précis et si j’ai un rendez-vous, eh bien j’y vais. J’ai très peu de « trucs » obsessionnels pour me mettre au travail, ça repose sur la volonté pure (rires).

 

"Si vous lisez le roman [Bien connu des services de police], vous verrez : presque tout ce qui va vous choquer a été dit ou a été fait."

Vous avez une méthodologie rigoureuse, vous vous appuyez sur des faits réels, vous inspirez de personnes ayant existé. Le risque n’est-il pas de livrer un documentaire ?

C’est ça le problème, et ce qu’il faut éviter à tout prix. C’est pourquoi la construction des personnages est tellement importante. Le risque le plus élevé, c’était avec Bien connu des services de police.  Je n’ai jamais dans aucun roman recyclé autant d’éléments réels, c’est-à-dire du matériau brut. Une multitude de petites phrases, de petites remarques, de petits faits. Si vous lisez le roman, vous verrez : presque tout ce qui va vous choquer a été dit ou a été fait.

 

[public] Vous pourriez reprendre votre métier d’historienne pour traiter ces faits dont vous parlez mais via le documentaire ?

Ah non, je préfère le roman, et je suis convaincue qu’il est beaucoup plus porteur et qu’il fait bien davantage penser, réfléchir, bouger, que l’étude historique.

 

Parce qu’il porte une émotion…

Oui, il porte une émotion, il s’adresse à la sensibilité. Tiens, on est en train de déménager.  On a environ 10000 livres et là où on va, on ne peut pas les garder. Donc on est obligé de purger notre bibliothèque et de donner des livres. Eh bien, c’est très difficile pour la littérature, on n’arrive pas à se séparer des livres, tandis que purger la bibliothèque d’histoire et de sociologie ne pose aucun problème ! Les ¾ des livres sont dépassés. Et il y a très peu de livres d’histoire qui aient la même puissance que le roman, et là je pense à un livre comme Le dimanche de Bouvines de Georges Duby. Mais ils sont rares.

 

Parlons de Bien connu des services de police. C’est votre expérience d’enseignante en Seine-Saint-Denis qui vous a donné l’idée de ce roman ?

Oui, bien-sûr. J’ai eu envie de raconter cela, ce que je voyais autour de moi, ce qui arrivait à tous ces gosses.

 

[public] Avez-vous rencontré des policiers pour préparer ce livre, qui est très réaliste ?

Oui, j’en ai rencontré, et d’ailleurs ce n’est jamais un travail exclusif sur les documents. D’abord, j’ai enseigné 27 ans dans le 93, et j’ai eu beaucoup de contact avec les policiers, pour aller récupérer mes étudiants dans les locaux de la police notamment ! D’autre part, j’ai beaucoup participé à une série de comité de soutiens quand il y a avait des bavures. J’ai aussi beaucoup fréquenté, et c’est une source très intéressante, les tribunaux quand des policiers passaient en jugement. Et enfin, j’ai rencontré des policiers, dont un certain nombre ont démissionné. Et ce qu’on ne dit pas, c’est que la politique actuelle pèse très lourdement sur les policiers eux-mêmes. C’est une profession qui est dans une situation terrible. Il faut quand même savoir que sur 11 mois de l’année 2009, il y a eu quarante sept suicides de policiers. Quarante sept. Dont une très grande majorité avec l’arme de service, ce qui est aussi très significatif. Voilà mes principales sources.

Mais il y a une chose que je n’ai pas faite, c’est d’aller voir le service de presse du Ministère de l’Intérieur et de lui demander de m’envoyer dans un commissariat de banlieue ; j’aurais été très bien reçue, on m’aurait mise dans une voiture puis faire un tour pendant lequel il ne se serait strictement rien passé !

 

[public] Par rapport à un engagement militant, n’est- ce pas un peu frustrant ? Quand on est militant, on peut imaginer qu’on a un peu plus de poids ou de pouvoir pour changer les choses…

Eh bien, si j’étais militante, je n’écrirais pas. Mais il y a une chose qui est terriblement frustrante, c’est de ne plus pouvoir trouver dans cette société une forme d’engagement militant, et ce n’est pas le roman qui va régler l’affaire. Les romans ont rarement contribué à un changement de société. Ca leur est arrivé, on a quelques exemples au XIXème siècle, je pense à des livres comme David Copperfield par rapport au travail des enfants ou aux Misérables de Hugo.

 

Vous voyez un lien entre ces romans du XIXème siècle et le roman noir aujourd’hui ?

Oui, il y a une parenté, il me semble, dans le sens où il s’agit de littératures très engagées dans le décryptage du réel. Et puis avec une connotation tragique.

 

Il y a une chose très importante dans vos romans, c’est la chronologie. La plupart du temps, vous renseignez le jour, voire l’heure. C’est une déformation professionnelle ?

Oui, c’est typiquement une déformation d’historienne. Mais à la base, il y a tout de même une conviction, selon laquelle les événements changent les hommes, modifient leur façon de voir et leurs comportements.

Prenons Le corps noir par exemple : j’ai situé mon histoire entre le 6 juin 44, date du Débarquement, et le 25 août 44, date de la Libération de Paris. J’ai pris un groupe de collabos à Paris et j’ai regardé comment ça évoluait. Et je pense que le 05 juin par exemple, les gens ne réagissent pas de la même façon que le 07 juin.

Pour un historien, la chronologie est extrêmement importante. Quand on met à jour un matériau quelconque, un écrit, une pièce de monnaie, n’importe quoi, ça ne devient un document historique que quand on le date. S’il n’est pas daté, il n’existe pas.

C’est une habitude dont j’essaie de m’abstraire, et sur le dernier roman j’ai enlevé les dates. Ceci dit elles y étaient quand je l’ai écrit ! (rires)

 

La plupart de vos romans se déroulent sur une période relativement courte. C’est pour la tension dramatique ?

Oui, et je crois que le roman noir rend compte d’une crise. J’essaye de prendre des gens en situation de crise. Il se passe quelque chose de fort, et je regarde comment ça éclate autour. Ca aussi c’est une notion très historique. Le temps historique n’est pas homogène du tout.

 

Au niveau de la géographie par contre, vous prenez certaines habitudes. Bien connu des services de police se déroule à « Panteuil » et « Sainteny ». Pourquoi pas Montreuil, pourquoi pas Saint-Denis ?

L’un des procédés du romancier est de concentrer son l’action sur un lieu, et tout ce qu’il raconte est plus ou moins arrivé, mais pas au même endroit évidemment, ni sur un laps de temps aussi court, c’est un effet de concentration. Et je craignais de stigmatiser un lieu précis. Alors, quand c’est une grande ville comme Paris, je mets « Paris », ça ne va déranger personne. Là, « Panteuil » ou « Sainteny » incarnent toute les villes de banlieue.

 

"... le polar est probablement la chose la plus contemporaine qui soit, c’est la littérature d’aujourd’hui. Vraiment."

[public] Avec votre formation d’historienne, pourriez-vous envisager d’écrire un roman sur le Moyen Age ou une autre période, si celle-ci vous intéresse ?

Non. Je n’aime pas vraiment le polar historique, même si certains m’ont beaucoup amusé comme la série du juge Ti. Si vous voulez pour moi, le polar historique est un voyage folklorique, dans un décor qui vous dépayse.

 

Ce type de polar évoque une réalité passée, et même largement passée. Vous préférez vous coltiner une réalité présente ?

Oui, et je vais vous dire, le polar est probablement - même si je n’ai jamais travaillé historiquement là-dessus -, la chose la plus contemporaine qui soit, c’est la littérature d’aujourd’hui. Vraiment. Parce que les histoires policières sont des histoires d’aujourd’hui. On a peut-être des embryons d’enquête policière au XVIIIème siècle mais sûrement pas chez les moines du Moyen Age.

Donc non, je n’ai pas envie d’écrire du polar historique, je préfère rester dans mon époque, et je me répète, je pense que le polar est vraiment la littérature du XXème et du XXIème siècle.

 

Vous êtes spécialiste de l’histoire économique du XIXème siècle, est-ce que vous vous êtes déjà appuyée dans vos recherches sur des œuvres de fiction ?

Oui, on utilise beaucoup les romans, mais attention : on ne les utilise jamais « en direct ». Prenons Balzac qu’on utilise énormément : on ne s’en sert jamais comme source directe, mais comme témoignage de la façon de voir de l’époque. Ce sont des sources extrêmement riches, mais il faut les prendre pour ce qu’elles sont. C’est-à-dire qu’elles ne disent pas la vérité, la romancent plutôt, tout en témoignant absolument des mentalités de l’époque.

 

[public] Vous avez évoqué la guerre d’Algérie, très importante dans votre parcours, mais vous ne l’avez jamais abordée dans vos romans ?

Non, c’est vrai, mais je pourrais.

 

Justement, tous vos romans, hormis Le corps noir, se déroulent après les années 80, après que vous ayez abandonné, non sans mal, votre activité militante et syndicale. Du coup, je me demande si vous pourriez écrire sur les années 60-70 qui correspondent pour vous à des années de luttes et d’espoirs, ou y a-t-il un fossé définitif entre ces années-là et le roman noir ?

Je ne sais pas… C’est possible qu’il y ait un fossé. Si je n’ai jamais écrit là-dessus, c’est peut-être pour des raisons de fond qui seraient celles-là, mais ce n’est pas conscient. Mais en tout cas, je ne m’y refuse pas, non.

 

[Dominique Manotti lit un extrait de Bien connu des services de police. Il s’agit du dernier échange entre Balou et Ivan, vers la fin du roman]

   

Dans cet extrait on sent très bien le travail sur la langue, avec un rythme très syncopé, nerveux, des phrases courtes. Est-ce que vous retravaillez beaucoup votre texte, est-ce que vous supprimez, barrez beaucoup ? Ou est-ce que dès le départ vous avez une écriture disons minimaliste ?

C’est les deux. Je pense qu’on ne peut pas construire un style contre sa pente naturelle, et la mienne c’est la phrase courte, l’utilisation du présent qui fait qu’on est plus dans l’action, enfin me semble-t-il. En français, en principe le récit est à l’imparfait, qui est, me concernant, un temps « lourd », alors que le présent est plus direct. Voilà, on a une façon de voir les choses et de s’exprimer qui est plus ou moins naturelle. Après, ça se travaille. Mais toujours en fonction d’une inclination personnelle et naturelle.

 

Est-ce que le rythme de la phrase est aussi conditionné par ce qu’on raconte ?

Exactement. L’idée est que selon ce qui est raconté, il faut trouver un rythme adéquat. Le rythme de la phrase est une des façons de faire sentir au lecteur ce qu’on veut lui dire. Alors, le rythme peut être plus lent à certains moments, comme des moments de repos, des prises de souffle, ou très rapide, soit parce que le personnage est en crise soit parce que l’action se précipite…

Ensuite, il y a un problème de vocabulaire. Simenon en dit très peu sur sa façon de travailler, mais il quand même écrit une vingtaine de pages, que j’ai lus et…

 

Vous voulez parler des « mots-matières » ? Expliquez-nous un peu cela…

Oui, les « mots-matières ».  C’est-à-dire des mots qui sont lourds en eux-mêmes, des mots qui font images, qui font poids, qui existent, et qui n’ont pas ou peu besoin d’adjectifs ou de comparaisons. Donc : chercher les mots, ce qui n’est pas toujours très facile, et couper. Couper, couper, couper tout ce qui n’est pas fondamental.

Et puis la dernière chose qui est importante, c’est la structure du récit, qui a beaucoup changé depuis le XIXème siècle et qui a été influencée notamment par le cinéma. On n’a plus la même façon de raconter des histoires. Et en particulier, je pense qu’il faut supprimer l‘« exposition », c’est-à-dire raconter les choses comme elles se passent dans la vie. Par exemple : vous vous trouvez en relation avec des gens que vous ne connaissez pas, personne ne va vous dire « ce monsieur est né à tel endroit, il a fait telle ou telle chose, a tel ou tel passé et voilà pourquoi aujourd’hui il est dans cette situation… » Tout ça, je supprime, et j’essaye de mettre le lecteur tout de suite en contact, et de faire en sorte que la connaissance du personnage qu’a le lecteur s’acquiert petit à petit.

La seconde chose, c’est supprimer les scènes de dénouement où pendant 30 pages on vous explique la fin… Ma copine Sylvie Granotier m’a passé les onze règles du cinéaste Billy Wilder sur la façon d’organiser un récit, et la onzième c’est « quand c’est fini, c’est fini, pas de prisonniers » ! C’est une règle que j’essaye d’appliquer systématiquement. Y en a une autre qui est formidable, c’est « quand ça ne marche pas à l’acte III, c’est que c’est mal foutu à l’acte I »…

 

"...je considère qu’à partir du moment où le roman est publié, il ne m’appartient plus. Chaque lecteur lit le livre comme il veut, et il va peut-être s’en faire une idée très éloignée de la mienne."

On peut d’ailleurs dire que vous avez une écriture assez cinématographique, et  à propos du film Une affaire d’Etat d’Eric Valette, j’étais quand même assez étonné de voir que Nos fantastiques années fric allait être adapté, au regard notamment de l’ambiguïté de vos personnages et de la complexité de votre intrigue…

Je pense que j’ai effectivement une écriture cinématographique, dans le sens où le cinéma m’a énormément influencée et que j’ai besoin de voir pour écrire. Et j’espère que le lecteur voit certaines scènes quand il les lit.

Mais avoir une écriture cinématographique ne garantit pas du tout qu’on soit adapté, et je pense d’ailleurs que mes romans ne sont pas du tout faciles à adapter, par rapport, comme vous disiez, à la structure du récit et des personnages.

Donc, quand ils ont adapté ce roman, ils ont commencé par couper les ¾ et, dans ces « filières » dont je vous parlais tout à l’heure, ils en ont pris une. Mais je reprends au début : y a un producteur qui prend une option…

 

Justement, comment ça se passe concrètement un projet d’adaptation, qui prend contact avec qui ?

Eh bien, le producteur prend contact avec l’éditeur, signe un contrat, prend une option…

 

… mais avez-vous un droit de regard ?

Oui, mais en gros c’est l’éditeur qui décide. Un peu plus tard, je rencontre le producteur qui me demande si je veux participer à la construction du scénario. Bon, je dis non.

 

L’écriture du scénario ne vous intéressait pas ?

Non, on m’a demandé et j’ai refusé.  J’ai donné à mon propos la forme que je désirais, dès lors c’est terminé.  Maintenant, si les gens sont frustrés par la version cinématographique, ils peuvent lire le livre !

 

[public] Que représente pour vous l’adaptation au cinéma de Nos fantastiques années fric ? Une façon d’étendre votre auditoire ? Et craigniez-vous que vos propos soient plus ou moins manipulés ?

Pour ma part, je considère qu’à partir du moment où le roman est publié, il ne m’appartient plus. Chaque lecteur lit le livre comme il veut, et il va peut-être s’en faire une idée très éloignée de la mienne. Je n’ai aucun contrôle là-dessus, et c’est bien comme ça. Prenons le cas Ellroy : le fait qu’il soit un homme de droite ne me gêne absolument pas. Je garde mon autonomie par rapport à ce qu’il écrit. Qu’est-ce qu’un grand écrivain ? C’est quelqu’un qui emmagasine et qui restitue tout un niveau du réel. Dans ce qu’il charrie, moi je choisis ce que j’aime ou pas, ce que je comprends ou non, j’interprète, bref je fabrique ma lecture d’Ellroy.

Alors je ne veux pas me comparer à Ellroy mais je pense que c’est pareil pour tous les livres. A partir du moment où je l’ai écrit, il ne m’appartient plus et s’il ne m’appartient plus, chacun peut en faire ce qu’il veut. Un film est une création à son tour. Le seul truc, c’est que, personnellement, je ne veux pas adapter mes romans, je ne veux plus y toucher.

 

Alors, comment s’est passée la rencontre avec le producteur ?

C’était vraiment extraordinaire ! Le roman se passe dans les années 80, sous Mitterrand, et c’est un aspect très important. Or, le producteur me dit « ça ne se passera pas à cette époque parce que c’est trop cher, 1985 c’est déjà un film historique, on ne peut plus tourner dans la rue, les voitures ne sont plus les mêmes etc… ».

 

C’est la principale facette du livre quand même…

Oui, oui ! (rires) Et puis, pour le rôle de la jeune flic beurette, il me dit « peut-être, si on trouve une actrice d’origine maghrébine et « bankable », sinon on prendra un mec… » (elle rit de nouveau) Donc, voilà, ça se passe un peu comme ça l’adaptation.

 

Mais vous, ça ne vous dérange pas…

Non, non. Je sais qu’il y a beaucoup d’auteurs qui veulent avoir leur mot à dire, mais ce n’est pas mon cas. Moi, mon problème, c’est que le film fasse vendre des livres. Cela dit, je suis très contente, et pour trois raisons. La première, c’est que c’est quand même très amusant de voir ses personnages incarnés au cinéma.

 

Et le casting est formidable…

C’est vrai, André Dussolier, Jean-Marie Winling, Thierry Frémont, ils sont tous formidables. Et le film est bien. Il ne ressemble pas vraiment au livre, mais c’est un film dynamique, plein d’action, j’aime beaucoup la mise en scène. Le film avait peu de moyens et pourtant Valette a fait quelque chose de bien, par exemple filmé Paris de façon magnifique.

La seconde raison, c’est que le cinéma rapporte de l’argent alors que les livres non. Je crois qu’on peut le dire. Et la troisième, c’est que j’espère que ça fera vendre des livres.

 

Parlons un peu argent, alors. Est-ce que la cession des droits du roman vous rapporte plus d’argent que les ventes de livres ?

Sans aucune comparaison ! Sur une échelle, c’est de 1 à 10. Si vous voulez, sur un livre en poche comme Nos fantastiques années fric, l’auteur touche 5% du prix de vente.

 

Sur un grand format, à disons 20 €, l’auteur touche environ 2 €. Vous tournez à combien d’exemplaires ? Entre 4 et 6000 ?

Un peu plus, autour de 9000 exemplaires. Là, on gagne un peu d’argent. Mais après, sur le poche… Par contre, ça peut permettre de relancer les autres. Enfin, pour résumer, il faut vendre énormément pour pouvoir vivre de sa plume, et beaucoup d’écrivains professionnels multiplient les interventions, les salons etc…

 

[public] Quels thèmes avez-vous envie d’aborder à l’avenir ?

En ce moment, je suis en train de travailler à un roman à quatre mains avec DOA. Un roman qui va se passer entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2007, où il sera notamment question de la restructuration de la filière nucléaire comme enjeu caché des élections. Au départ, on avait un projet de série télévisée qui est tombé à l’eau, alors on s’est dit qu’on n’allait pas laisser perdre ce travail et qu’on allait en faire un roman.

J’ai aussi un projet de comédie policière à quatre mains avec Sandro Thomas. Je l’espère légère, je n’ai jamais fait ça et je ne sais pas du tout si ça va marcher…

Et enfin, un projet assez énorme et qui n‘est pas encore entamé. Et je ne sais pas si on va parvenir à mettre ça sur pied. Ce serait une espèce de saga du trading du pétrole, depuis son apparition dans les années 70 jusqu’à nos jours.  C’est une branche de l’économie absolument hallucinante qui est vraiment révélatrice de l’évolution des 50 dernières années et à travers laquelle on retrouve toute la contrebande avec l’Afrique, le programme pétrole contre nourriture, la pollution toxique, et puis plus généralement le capitalisme financier…

 

 

Il y a comme un fil conducteur dans vos romans, dont Le corps noir serait la genèse. Peut-on dire qu’il s’agit d’une chronique sociale et politique de la génération du baby-boom ?

Oui, on peut dire ça, en tout cas c’est ce que j’efforce de faire. Et qui naît de ce silence sur la guerre, un silence que j’ai ressenti enfant et qui m’a donné envie d’aller voir de quoi il retournait.

 

Nous en avons terminé… Avez-vous envie de répondre à une question qu’on n’aurait pas posé ?

(rires)

  

Merci Dominique Manotti.



Propos recueillis le 13 février 2010 à la médiathèque du Val d'Europe

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Published by jeanjean - dans entretiens
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commentaires

alain 10/03/2010 21:20


Merci pour ce beau compte rendu.


jeanjean 11/03/2010 09:44


De rien, et je me suis aussi bien fait plaisir au passage !


cynic63 10/03/2010 08:20


J'en remets une couche: Merci pour cette interview!!!


jeanjean 10/03/2010 13:41


Merci !


nath la butarde 08/03/2010 13:35


Passionnante, cette interview. Quelle femme étonnante ! Et quel inédit parcours de vie ... Bravo pour cette initiative et ce travail de retranscription. Où (et sous quelle égide) a eu lieu cette
rencontre, au fait ? Lequel de ses romans conseillerais-tu pour commencer ?


jeanjean 08/03/2010 21:15


C'est vrai que Dominique Manotti est a un parcours intéressant, et surtout, elle aime discuter, échanger, écouter...
Elle est venue à la médiathèque où je travaille le mois dernier à l'occasion d'un café littéraire. J'en dis quelques mots dans un précédent billet.

Difficile d'en choisir un parmi tous ses romans, chacun a son préféré. Moi ce serait plutôt Nos fantastiques années fric (Lorraine Connection recueille aussi beaucoup de suffrages), mais
tu peux aussi commencer par son premier justement, Sombre sentier.
@+


fabienne 08/03/2010 12:44


Encore merci Yann pour cette enrichissante rencontre avec Dominique Manotti, et pour la retranscription de son témoignage que je viens de relire avec tout autant de plaisir!
Des bises et à bientôt,
Fabienne


jeanjean 08/03/2010 13:01


Merci Fabienne, et à bientôt, je t'embrasse.


Alex 08/03/2010 12:41


Bonne retranscription !!!
( Attention, Yann, tu as juste oublié de mettre en gras une de tes questions, juste en dessous de " je ne crois pas au message en littérature". )

Sinon : bon boulot !


jeanjean 08/03/2010 13:00


Oups, voilà c'est corrigé. Et merci !


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