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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 00:00

Tiens, un p'tit nouveau chez Rivages/Noir. Avec cette collection, je ne réfléchis pas trop, je prends. Et, encore une fois : bonne pioche.

Premier roman traduit en France de Sean Doolittle - qui en a quatre autres à son actif -, Savemore reprend, dans la pure veine hardboiled, le thème du loser qui prend sa revanche sur le monde. Déjà vu ? Indémodable, plutôt. Surtout quand c'est bien fait, comme ici.



Doolittle SavemoreDans la famille Worth, on est flic de père en fils. Matthew a suivi l'adage mais ne s'est pas vraiment illustré, sauf pour frapper le super-flic qui lui a piqué sa femme. Et encore, il s'est fait salement amoché. Tout ce qu'il a gagné, c'est un suivi psychologique obligatoire et un poste de surveillance de nuit dans un supermarché. Tout le contraire de son frangin, mort en service et couvert de gloire.

Au Savemore, il en pince pour Gwen, la jolie caissière, qu'il drague timidement, jouant les héros tout en se moquant de lui-même. Un raté, peut-être, mais un chouette gars, ce Matt, toujours prêt à rendre service et à ranger les courses des clients quand le préposé aux sacs prend sa pause.

La vie va son train, entre frustration et médiocrité.
Jusqu'au jour où un macchabée lui tombe dessus en même temps qu'un quart de million de dollars et une femme en détresse. Evidemment, y a des gens qui veulent récupérer leur pognon, mais Matthews-le-minable va se découvrir des ressources insoupçonnées...

Au fait, "Cleanup" - le titre original - signifie à la fois "nettoyage" et "profit". Tout un programme...


Hormis quelques épisodes subalternes qui n'apportent pas grand-chose à l'intrigue, je me suis régalé : du rythme, un style sec et nerveux, une intrigue bien construite et joliment emberlificotée, quelques scènes mémorables et très "cinématographiques" - je n'ai pas cessé de penser à l'acteur américain John Cusack, il serait parfait dans le rôle de Matthews-le-loser-plus-fûté-qu'on-pensait... 


Comme le dit Worth : "c'était comme regarder une scène glauque dans un film. Un film sur des méchants. Des méchants idiots, en plus." Un mélange détonnant de causticité et de noirceur. 

Du pur plaisir.


Savemore / Sean Doolittle (The Cleanup (Dod and Head), 2008, trad. de l'américain par Sophie Aslanides. Rivages/Noir, 2010)

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Published by jeanjean - dans amérique du nord
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commentaires

christian 09/03/2012 22:16

Bonjour, j'ai lu ce livre, en partie suite à votre post. J'ai bien aimé.
Pouvez-vous préciser : "Hormis quelques épisodes subalternes qui n'apportent pas grand-chose à l'intrigue" ? Vous parlez des scènes qui concernent son frère Vince, où autres choses ?
Pour l'anecdote : j'ai découvert le site "La fureur du noir" par votre intermédiaire, et j'ai envoyé une nouvelle pour leur dernier concours, qui sait ...
Cordialement, et malgré votre souhait de vous mettre en stand-by, bonne continuation.
Christian

jeanjean 11/03/2012 12:21



Bonjour,
je n'ai pas un souvenir précis de l'intrigue, mais l'auteur s'attardait un peu trop à mon goût sur le passé du personnage parfois. A certains moments ça éclairait son caractère et, au fond, la
situation dans laquelle il se retrouvait, à d'autres moments par contre ces flash-back m'ont semblé superflus.

Bonne chance pour votre nouvelle et le concours de "la Fureur...". Amicalement. Yann



Christian Roux 16/06/2010 22:25


Du vrai pur et dur roman noir. Un style exemplaire, une histoire sans affectation, un type qui ne se regarde pas écrire mais qui reste au coeur de ses personnages; qui ne cheche pas l'effet mais
est aussi fin que ca phrase est percutante... Du grand art.


jeanjean 17/06/2010 13:38



Tu as tout dit. Complètement d'accord, et pourvu que Rivages continue de le traduire...



holden 20/05/2010 10:07


j'achete cela à midi
merciiiiiiiiiiiiiiiiii


jeanjean 20/05/2010 16:10



+1, cool. Bonne lecture !



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