Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 00:00

Après Ping-pong et Tohu-bohu, Jean-Bernard Pouy et Marc Villard nous redonnent de leurs nouvelles avec Zigzag.

Dans les deux premiers recueils, les deux compères du roman noir se répondaient du tac au tac - chacun poursuivant/ s'intercalant/modifiant le texte de l'autre. Cette fois, chacun a dressé une liste de 10 thèmes lui tenant à coeur et les a confiés à l'autre.


ZigzagPouy a donc hérité de Villard : le football, Barbès, la vie de famille, les immigrés, les flics pourris, les tueurs à gages, le jazz, la drogue, les éducateurs, les Halles.
Et Villard a hérité de Pouy : le vélo, la Bretagne, le cinéma expérimental, les libertaires, les citations philosophiques, la vache, le rock, la peinture, le train, la patate.

Et c'est parti pour 20 histoires courtes, 20 figures acrobatiques, et un numéro bien rôdé où chacun retombe finalement sur ses pieds (ou sur ceux de l'autre, quand ils se chamaillent ou se titillent à distance !). Ça a l'air simple, comme ça, tellement facile, comme quand on voit un numéro d'équilibristes ou de trapézistes. Seule différence : ici on attend la chute avec impatience, surtout quand les deux complices pratiquent si bien l'art du contrepied.

20 p'tits moments de plaisir en tout cas, et le plaisir de ces deux-là est communicatif, qui rivalisent d'audace, de malice, d'humour vache, d'irrévérence, de dérision (et d'auto-dérision).



Alors, je ne vais pas vous dire que toutes les nouvelles sont des chefs d'oeuvre, non, mais (pour rebondir sur les noix de cajou de Jean-Marc, qui a bien raison), certaines valent leur pesant de cacahuètes.

Je pense au match de la dernière chance, où un supporter du PSG, perché en haut d'un immeuble près du Parc des princes, menace de se jeter dans le vide si son équipe ne remporte pas la partie !

Ou aux envolées anarcho-libertaires d'un pochard philosophe devant un public de flics, dans Dégrisement.

Ou au choix cornélien demandé aux gosses durant le traditionnel repas de famille dominical, et des parents qu'ont "un truc important" à leur dire, et des gosses qui n'en peuvent plus de bouffer du gigot-haricot...

Ou à ce western breton dans lequel un recouvreur de dettes découvre un cadavre dans le coffre d'une bagnole qu'il vient de récupérer.

Ou à Gabriel roule sa caisse, où on croise le Poulpe, qui a toujours le chic pour se fourrer où il faut pas.


Ce qui est rigolo, aussi, c'est qu'on reconnaît toujours le Pouy derrière le Villard, et inversement, chacun apportant sa touche personnelle, son style, voire ses propres thèmes. Et c'est comme ça qu'on trouve un peu de rock dans le jazz, un peu de jazz dans le rock, un peu de peinture aux Halles, de la drogue dans la patate, des immigrés lisant des citations philosophiques, et j'en passe...



...et voilà qu'on arrive déjà à la fin du bouquin, en se demandant ce que ces deux-là vont bien pouvoir nous concocter la prochaine fois.



Zigzag / Marc Villard, Jean-Bernard Pouy (Rivages/Noir, 2010)

Partager cet article

Repost 0
Published by jeanjean - dans france
commenter cet article

commentaires

Rechercher