No se puede negociar con la muerte, pero sí se puede hacer negocio con
ella : « On ne peut négocier avec la mort, mais il est possible de faire du négoce grâce à elle. »
Alberto Ramirez Montelongo, dit El Guero (le Scorpion), commence sérieusement à se ramollir : pour avoir refusé d'honorer son dernier contrat, attendri par ce bon père de famille, c'est à son tour d'être pourchassé par les sbires de son ancien employeur... Ce n'est pourtant pas faute de s'être préparé convenablement : "Nous autres chasseurs aimons beaucoup les rites. Certains se mettent à poil avant de pénétrer dans la forêt, couteau à la main, pour tuer le cerf.(...) D'autres encore se frottent entièrement le corps avec la graisse de l'animal qu'ils vont tuer ; il y a aussi ceux qui s'immergent dans un cours d'eau glacée pendant plusieurs jours. Moi, je démonte mon arme et je la graisse avec le plus grand soin avant de tirer deux balles sur ma proie." Autant aller à l'essentiel, non ?!
On finit ce livre à moitié essouflé, ravi aussi par cette farce morbide, impitoyable(ment drôle) où l'on croise pêle-mêle : narcotraficants, braqueurs de banques, policiers corrompus, tueurs à gages (Laurel & Hardy revus et corrigés par Tarantino !), une Impala 1970 avec des flammes peintes sur les côtés, une tenancière de bordel, un indic, un général mort...
Décalé, truculent, caustique, Une saison de scorpions est un polar réjouissant, où le cocasse le dispute à l'absurde, dans une valse de quiproquos et de personnages haut-en-couleur.
Derrière le "grandguignolesque", on peut aussi percevoir la critique acerbe d'un écrivain qui utilise la farce pour dénoncer la corruption et le trafic, devenus monnaie courante au Mexique où, décidément, la vie et la mort sont si étroitement mêlés.
Un conseil : à déguster bien frais par une après-midi qui s'étire, alanguie sous un soleil de plomb. La lecture n'en sera que plus savoureuse !
Une saison de scorpions / Bernardo Fernandez (Moisson rouge, 2008)
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Enrique Serna est né à
Mexico en 1959 et a déjà publié en France Amours d'occasion, un recueil de nouvelles explorant les thèmes du désir, de la frustation, de l'accomplissement de soi...
o Bellini, le narrateur et personnage principal de ce polar dont l’intrigue se déroule à Rio et à Sào
Paulo. Une occasion de voir à quoi ressemblent un peu les rues et les bas-fonds des métropoles brésiliennes (ce qui nous change un peu des trottoirs de Los Angeles, New York ou Washington…) et
des bipèdes qui les peuplent. Car Tony Bellotto nous offre une formidable palette de seconds rôles et a l’art de brosser en quelques touches le portrait fidèle de ses personnages, qui sont
souvent des êtres malmenés, aux trajectoires incertaines.