Lundi 31 décembre 2007
Beaucoup d'articles ont déjà été consacrés ici et là à la seconde édition du Dictionnaire des littératures policières, publié sous la direction de Claude Mesplède. Pas grand chose à ajouter donc au concert de louanges largement méritées... 

undefinedJe faisais partie des malchanceux-imprévoyants-frustrés de la première édition, épuisée au bout de trois semaines. Cette fois pas de problème, le Dilipo était sous le sapin. Les éditions Joseph K. ont semble t-il anticipé le succès et prévu un tirage conséquent. 
Ca fait plaisir en tout cas de voir dans les librairies ces deux tours parallèles de Dilipo qui s'élèvent du sol jusqu'à la taille... Puisqu'il s'agit bel et bien d'un événement éditorial.
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On ne se lasse pas de feuilleter les deux volumes aux proportions généreuses, butinant au hasard  ou filant directement à l'article recherché... 
Et on y trouve TOUT : les auteurs bien-sûr, des illustres jusqu'aux plus confidentiels, les écoles, les collections, des thèmes associés - le gangster, la boxe, le scoutisme (!) -, les revues & fanzines consacrés au genre, les prix...

Un livre hors-normes, auquel ont contribués quelques 120 collaborateurs, et dont la particularité, comme le rappelle François Guérif dans sa préface, "est son évidente nécessité". Il faut bien dire que les ouvrages de référence sur le polar ne sont pas légion, et sont bien loin d'approcher ce degré d'exhaustivité, de richesse, de pertinence...

Bref, un ouvrage absolument indispensable à tout amateur.


Et pour finir, BONNE ANNEE A TOU(TE)S !


Dictionnaire des littératures policières / sous la dir. de Claude Mesplède (Joseph K., 2007)
par jeanjean publié dans : en marge du polar
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Samedi 1 décembre 2007

Le Seuil inaugure une nouvelle collection poche intitulée Roman noir, pas très original comme titre me direz-vous, mais ça a le mérite d'être clair, d'autant plus que les huit romans déjà publiés - ou en passe de l'être - sont effectivement d'authentiques romans noirs. 
Bon, il s'agit de rééditions, dans le même principe que Points Seuil Policier, mais c'est l'occasion de (re)découvrir certains auteurs comme Clarence Cooper, Gil Scott-Héron (publiés pour la première fois dans la magnifique - et éphémère - collection Soul Fiction, dédiée au pendant littéraire de la "Blaxploitation", cinéma noir américain des années 70 dont les thèmes récurrents étaient - mais c'est réducteur - le sexe, la violence, le guetto...), ou encore Guillermo Arriaga  ou Enrique Serna...(je vous parle bientôt de ces deux-là)

Personnellement, j'aime bien la maquette, épurée, avec ce fondu au noir et ces photos N&B. Pas vous ?


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par jeanjean publié dans : en marge du polar
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Mardi 20 novembre 2007
badlands3.jpg « Ce livre est né de mon désir d’aller aux Etats-Unis, et mon désir d’aller aux Etats-Unis de ceux-là mêmes qui sont le sujet de ce livre : les auteurs de romans noirs. Ils sont à mes yeux les chroniqueurs les plus pénétrants de l’Amérique d’aujourd’hui, mais demeurent néanmoins soigneusement ignorés ou traités avec condescendance par les arbitres du bon goût en littérature – non seulement dans la patricienne Angleterre, mais également dans leur propre pays ».
Voici les premières phrases de ce formidable bouquin, une relation de voyage par l’anglais John Williams au début des années 90 (non, Badlands n’a rien perdu de son actualité et de son intérêt…).
Ecrit à la première personne, dans un style direct, alerte, imagé, ce livre nous embarque ni une ni deux dans un périple de 300 pages à la rencontre des grands noms du roman noir, de la Floride de Charles Willeford au New York de Nick Tosches en passant par la Californie de James Ellroy ou le Montana de James Crumley.
Décrivant une grande boucle au départ de Miami, John Williams parcourt d’abord le Sud – la Louisiane et le Nouveau-Mexique – avant de rejoindre la côte Est – Los Angeles, San Francisco -, remonte ensuite vers le Montana et Chicago pour finir par New York en faisant une halte à Détroit ainsi qu’à Boston. Au gré des déplacements et des rencontres de l’auteur, nous croiserons notamment Tony Hillerman, James Lee Burke, Elmore Léonard, Eugène Izzi ou Sara Paretsky qui évoquent leur parcours, la façon dont ils appréhendent leur métier, dont ils organisent leurs intrigues et construisent leurs personnages ; ils évoquent leur propre histoire, celle de leur quartier, comme autant de sources d’inspiration… « Ecrire sur ce que l’on connait le mieux » est une maxime qui revient souvent, quand d’autres effectuent un gros travail de recherche (on apprend par exemple qu’Elmore Léonard  a embauché un documentaliste à mi-temps qui collecte pour lui tout un tas d’informations qui sert de matière à ses romans). 

Au gré des rencontres, des anecdotes (savoureuses ou glauques, c’est selon) et des discussions avec les écrivains, le livre brosse un portrait contrasté de l’Amérique, où la misère côtoie l’opulence, où les questions raciales occupent une place d’importance dans les remous de la société américaine, minée par le racisme, la corruption, la violence… Et le rêve américain en prend un sacré coup...
Si vous connaissez déjà les auteurs mentionnés, vous aurez plaisir à les retrouver dans leur environnement ; s’ils vous sont inconnus, voilà une chouette façon de les découvrir et nul doute qu'après ce livre refermé, vous vous précipiterez sur leurs histoires.

Un mot sur l’auteur : après la rédaction de ce fameux livre, John Williams s’est lui-même lancé (avec brio) dans l’écriture de polars avec une trilogie consacrée à la ville de Cardiff : Cinq pubs, deux bars et une boite de nuit, suivi de Cardiff dead et du Prince de Galles.
Bon voyage !

Badlands / John Williams (Rivages, Ecrits noirs, 1994)
par jeanjean publié dans : en marge du polar
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Dimanche 4 novembre 2007

La collection Suite Noire (éditions de la Branche) est un hommage à la célèbre et désormais défunte Série Noire (qui doublonnait avec Folio Policier d’après Gallimard, mouais…) et emprunte leurs titres aux plus fameux jalons de l’historique collection, sous formes d’ « allitération, homophonie ou de jeu de mots ». On trouve ainsi Tirez sur le caviste, Le linceul n’est pas qu’aux moches ou encore le scabreux et non moins prometteur Pizza sur la touffe… Je vous laisse retrouver les titres originaux…

Second clin d’œil : Suite Noire reprend la fameuse maquette de son aînée, fond noir et bandeau coloré (couverture cartonnée, pas de photo, de 4ème de couv., bref pas de chichis…), mais le jaune, définitivement associée à la Série Noire, laisse la place aux rose fuchsia, saumon, vert bouteille, bleu outremer ou marron (franchement) douteux…

Le principe est de « proposer des récits courts qui devront se lire comme on déguste un petit noir, sans sucre et cul sec. » Mission réussie !
Notamment grâce au directeur de la collection, qui n’est autre que Jean-Bernard Pouy, vieux briscard du polar français et ardent défenseur de la littérature populaire. Déjà impliqué par le passé dans différentes affaires - les collections Série Grise, Pierre de Gondol, le journal Shanghaï Express -, et considéré comme le cerveau dans la fameuse affaire du Poulpe (qui est réapparu dernièrement, on en reparle bientôt…), l’homme récidive avec une nouvelle collection (et aussi un nouveau roman chez Fayard Noir), entouré d’une brochette de complices commettant de p’tits bouquins bien balancés, nerveux, tranchants comme un rasoir 18 lames sur le menton viril d’un play-boy Wilkinson (J) !
 
Parmi la vingtaine de titres déjà publiés, on trouve des auteurs comme Jean-Hugues Oppel (La Déposition du tireur caché est l’un des meilleurs de la collection à mon goût), Didier Daeninckx, Marc Villard, Tito Topin, Romain Slocombe, Caryl Férey, Chantal Pelletier et bien d’autres, qui ont tous en commun d’avoir publié à la Série Noire ; dont Pouy lui-même avec un Petit bluff de l’alcootest savoureux qui nous emmène en Bretagne accompagné d’Armand, « correspondant local » un peu foireux du canard régional, confronté à un fait divers pas banal et qui en creusant un peu va rencontrer des gens pas vraiment recommandables…
 
Bref, des romans courts (calibrés à 90 pages environ), rondement menés, qui vous feront passer un bon moment de lecture.
On y revient bientôt avec Les Fans sans balance de François Joly.
 
Seul petit bémol : le prix. A 10€ pièce, on réfléchit un peu pour un livre de poche et on l’aurait aimé un peu plus abordable, même si la couv. cartonnée fait augmenter les coûts d’impression, qu’il faut bien payer les auteurs etc…

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par jeanjean publié dans : en marge du polar
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