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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 00:00

Antonin Varenne a déjà écrit deux romans, mais c'est avec Fakirs qu'il commence à faire parler de lui, si on en croit les nombreux - et élogieux - articles de presse. Désormais publié chez Viviane Hamy, il signe un polar subtilement décalé et, ma foi, franchement réussi.


D'un côté, deux flics qui enquêtent sur une vague de suicides spectaculaires. De l'autre, un américain à Paris venu identifier le corps d'un vieil ami, et qui se retrouve au coeur d'une machination.
Deux intrigues parrallèles qui finissent par se rejoindre. La trame classique.

Le reste l'est beaucoup moins, à commencer par les personnages : le lieutenant Guérin, placardisé à la section suicides du Quai des orfèvres, sa silhouette frêle toujours recouverte d'un douteux pardessus jaune, est sujet à de violentes crises d'automutilation. Il est aussi flanqué d'un perroquet neurasthénique - qui s'arrache les plumes comme Guérin le cuir chevelu - et d'un adjoint, Lambert,
grand échalas un brin naïf toujours vêtu d'un survêtement.
Alan Mustgrave, un fakir qui fait fureur dans les cabarets du Paris underground, est aussi un ancien
membre des forces spéciales américaines en Irak, spécialisé dans les interrogatoires (ou torture, dans le langage courant...).
John, son ami et compatriote, est un ermite qui a planté son tipi au bord d'une rivière lotoise - autrement dit en pleine cambrousse - et s'entraîne au tir à l'arc dans la forêt avoisinante.
Il finira par se réfugier chez le dénommé Bunker (clin d'oeil à l'écrivain du même nom), un ancien taulard du genre taiseux, et son chien répondant au nom de... Mesrine !

Quand la police lui apprend qu'Alan vient de mourir sur scène après s'être vidé de son sang, John pense immédiatement à un suicide, d'autant que son ami était un vrai... écorché vif, pour le coup. Mais une fois sur place, et après avoir croisé un diplomate américain à l'attitude suspecte et les poings de quelques types, il va avoir tendance à réviser son jugement. Complot politique ou banale affaire de drogue ? Sa route croisera bientôt celle du lieutenant Guérin.


On est rapidement pris par cette histoire, d'autant plus qu'on ne sait pas du tout où l'auteur va nous emmener. Et on se laisse agréablement balader dans les méandres d'une intrigue assez riche et dans celles plus retorses encore de l'esprit humain.
Perversion, sado-masochisme, troubles obsessionnels... Varenne nous donne à voir quelques spécimens humains assez singuliers, mais plutôt que d'explorer de façon plus ou moins racoleuse les thèmes de la déviance ou du voyeurisme, il fait un pas de côté et adopte un point de vue différent pour nous parler du Corps, comme révélateur de la personnalité et comme dernier territoire à explorer, à dompter. Ou à détruire.


Récit à la fois très sombre et un brin fantaisiste, peuplé de personnages insolites et attachants, Fakirs dégage une atmosphère trouble et singulière, parfois envoûtante. De quoi séduire de nombreux lecteurs, notamment ceux qui aiment à s'éloigner un peu des balises habituelles (sociales, policières...) du polar.
 

Fakirs / Antonin Varenne (Viviane Hamy, 2009)

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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 00:00

"Arizona Bill n'avait plus remis les pieds à Paris  depuis l'affaire du parlementaire jeté dans une auge à cochons. Un soir, il entra au crépuscule par la porte de Versailles, conduisant deux mille têtes de bétail. C'étaient de superbes normandes, qu'il avait accepté de convoyer depuis les plaines de l'Ouest vers le ranch du nouveau propriétaire du troupeau, du côté de la gare Montparnasse."


Enfant, vous avez joué aux cow-boy et aux indiens, non ?
William Larue, lui, continue. Un grand enfant passionné de western, collectionnant tout un tas d'objets, incollable sur toute la panoplie cinématographique et la tête encore pleine d'exploits du vieil Ouest.
Tout va plutôt bien pour cet acteur de seconde zone, entretenu par sa femme, et il a même décroché le rôle principal dans un film, un western à l'ancienne, made in France.

C'est là que les ennuis arrivent : sa femme le jette dehors, lassée par ses enfantillages et ses infidélités ; du jour au lendemain il se retrouve à la rue et sans le sou, se réfugiant dans un hotel de passe, dormant sous les ponts de Paris parmi les SDF, en "plein territoire comanche", ou dans un squat avec des sans-papiers. 
Se mêlant aux parias de la société, tous les sans-grade, parqués, oppressés, méprisés. Pour les indiens d'aujourd'hui, la loi (de l'ouest) peut être impitoyable.

Il est temps alors pour William alias Arizona Bill de sonner la charge, et de retrouver l'esprit chevaleresque de ses héros - les James Coburn, Gary Cooper, Henry Fonda... - pour vaincre ses ennemis. Encerclé par la cavalerie, le squat prend le nom de Fort Apache, sus aux coyotes et aux foies jaunes !

C'est la conquête de l'Ouest version citoyenne, le mythe de la Frontière version intra-muros.
La métaphore de Rutés est bluffante à certains moments. Ce qu'il a réussi à faire en partant du western, un genre bien moins codifié qu'on ne le pense, est assez ingénieux. Comme quoi une imagination débordante doublée d'une bonne dose de fantaisie peut être le meilleur moyen de montrer et de dénoncer une réalité peu reluisante.

Car s'il semble bien s'amuser à nous raconter cette histoire, l'auteur ne se prive pas pour autant de ruer dans les brancards et d'égratigner au passage le pouvoir actuellement en place - on croise un ministre de l'intérieur aux dents longues, suivez mon regard -, le règne de la communication, de l'information-spectacle. Et de nous livrer aussi une réflexion clairvoyante sur cette rhétorique et ce ressort de la peur dont se servent allègrement certains politiciens pour manipuler l'opinion publique ou détourner son attention.


Le tir est d'autant plus précis que Rutés n'a pas confondu fiction et tract politique. Il s'agit avant tout d'un roman, et d'un bon ! L'un des plus originaux que j'ai lus ces dernières années. Un vrai régal, et que vous appréciez le western ou non, ce serait vraiment dommage de s'en priver.

Comme tout western qui se respecte, La loi de l'Ouest s'achève sur un duel, bien-sûr, mais je ne vous en dis pas plus, pour ne pas gâcher le plaisir. Sachez juste que la Grand Rue est remplacée par les travées du Festival de Cannes et que vous serez entouré d'une belle bande de bagarreurs ! Quant au fameux duel, il a disons des vertus... cathartiques.

Allez, faites-moi confiance, ou à Jean-Hugues Oppel alors, qui signe la préface du présent ouvrage, ou encore à Jean-Marc Laherrère, qui ne me contredira sûrement pas.


La loi de l'Ouest
/ Sébastien Rutés (L'Atinoir, 2009)

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 00:00
Après le marathon Citoyens clandestins (700 pages tout de même, et Grand Prix de Littérature policière en 2007), DOA (pour "Dead On Arrival", tout un programme...) s'essaye au demi-fond avec ce Serpent aux mille coupures, 200 pages qui vous tiennent en haleine tout du long. 


Nous sommes à Moissac, Tarn-et-Garonne. Ses vignes, ses vergers. On dirait le sud, mais ça n'a rien de joli. Pas d'enfants qui se roulent sur la pelouse ici, et à la place du linge sur les terrasses, quelques affreux étendus au bord d'une route, descendus par un mystérieux tueur professionnel alors qu'ils avaient rendez-vous pour affaires.

Un jour ou l'autre il faudra qu'il y ait la guerre, avait prévenu Nino Ferrer. On y est. Dans ce petit coin du sud-ouest vont se croiser - et se télescoper - des trafiquants de drogue sud-américains, des mafieux napolitains, un pandore avisé qui cherche à comprendre, une brochette d'abrutis locaux, un couple (mixte) de vignerons harcelé par des voisins racistes, un "terroriste" réfugié chez eux après avoir abattu trois gangsters et s'être blessé.


Une fois les rôles distribués commence alors un grand jeu du chat et de la souris. Chacun cherche sa proie, tandis qu'un psychopathe appartenant au cartel colombien taillade tout ce qu'il trouve sur son chemin, selon un ancien rituel chinois appelé... le serpent aux mille coupures, qui consiste à dépecer méthodiquement la victime à l'aide d'un grand couteau effilé.
La tension monte irrésistiblement jusqu'au dénouement, une explosion de violence, de vengeance et de scènes d'action mémorables parfaitement rendues. On s'y croirait !


Sur le fond ? La 4ème de couverture nous donne quelques indices et la définition des termes suivants : chasselas, cocaïne, mondialisation. A partir de ces souches, DOA a fait sa petite mise en culture, mis le tout dans une fiole et secoué.
La réaction est immédiate et hautement toxique ! Ce sont deux systèmes de valeurs qui se percutent : d'un côté celui de la globalisation effrénée que symbolise un trafic de drogue à grande échelle, de l'autre un p'tit coin de terroir replié sur lui-même et foncièrement méfiant vis-à-vis de l'étranger et de ce qui est différent.
Ne cherchez pas la morale de l'histoire, mais sachez simplement que le dosage est parfait et l'expérience fort concluante.

Car DOA possède une grande maîtrise du rythme et un sens impeccable de la narration. Tout au plus peut-on lui reprocher quelques effets de manche stylistiques, et cette coïncidence improbable (c'est un euphémisme) au début du texte, mais on passe facilement outre pour apprécier pleinement ce polar nerveux et vif.


Une interview croisée de l'auteur sur Bibliosurf.

Conseil(s) d'accompagnement : pour cette histoire de mercenaire solitaire trahi par ses employeurs, on pense à La position du tireur couché de Manchette ainsi qu'au Chaton : trilogie de Jean-Hugues Oppel. Du très recommandable, donc.


Le serpent aux mille coupures / DOA (Gallimard, Série noire, 2009)
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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 19:00

De temps à autre, un éclair illumine le paysage littéraire.
On ne sait pas grand-chose de Margot D. Marguerite, sinon qu'il fut clown au cirque Archaos et artiste de cabaret à Berlin !, et qu'il signe là un premier roman survolté et un brin foutraque.

Une petite bombe parue chez La Manufacture de livres, un nouvel éditeur qui se propose d'"explorer le monde criminel français et international à travers des romans, des documents et des essais". Pour le coup, ils ont eu le nez creux (soit dit en passant, ils viennent aussi de rééditer Le Hotu d'Albert Simonin, un polar truffé d'argot paru à la fin des années 60 et qui a marqué son temps).


Une histoire de vengeance. Un plat somme toute classique (qui se mange chaud dans le cas présent) mais sacrément relevé par des personnages haut en couleur et un mélange des genres détonnant.

Distribution des rôles (loin d'être exhaustive !):
Pauline Verdi, 80 ans passés, révolutionnaire dans l'âme, qui s'est battue sur tous les fronts (Espagne 36, France 40, Indochine années 50), et n'a rien perdu de sa saine colère et de son exubérance.
Son petit-fils Paul, patron de Verdi Exotico, société spécialisée dans les fruits et légumes, en banlieue parisienne.
Agamemnon Rosenberg, ami de Paul, médecin rayé de l'ordre et imprésario improvisé d'un couple de dansuers de tango.
Charles Zampieri, parrain mafieux aux nombreuses et douteuses accointances.
Stan-le-Slave, jeune truand précoce, chef de gang impitoyable aux activités multiples et très lucratives - trafic de drogue, réseaux de prostitution...

Et quand l'une de ses filles a des envies de liberté, il s'empresse de la récupérer et de la torturer à mort devant les autres. C'est ce qui va arriver à Princesse, la petite fille chérie de Pauline et soeur de Paul. Le bout du tunnel n'était pourtant pas loin et elle commencait, grâce à ses proches, à décrocher de la drogue.
Pauline décide alors de reprendre le sentier de la guerre. Avec son complice Xiang, un vieux compagnon de la lutte indochinoise rompu à la lutte armée, elle fourbit ses armes et son plan : venger la mort de Princesse, énième victime de la barbarie humaine. 
Ca défouraille, ça dézingue à tout va, et les morts s'amoncellent. Aidés de Paul, nos deux octogénaires vont foutre une sacrée pagaille dans les trafics bien rôdés des truands qui, d'abord médusés, finissent par complètement s'affoler !


Derrière la truculence, Marguerite ne se prive pas de conspuer les puissants et les oppresseurs, le colonialisme et toutes les formes de racisme. Avec un certain manichéisme tout de même - les bons d'un côté et les vraiment méchants de l'autre, politiques sado-corrompus, hommes d'influences intouchables, super-fliquette bouffée par l'ambition mais pas étouffée par ses scrupules -, mais son récit est si rageur, si plein d'énergie qu'on lui pardonne aisément son manque de nuance.

Dialogues savoureux, rebondissements à foison servis à un train d'enfer (pas de chapitres mais des scènes courtes à chaque fois sous-titrés), moments de calme avant la tempête, tout s'enchaîne avec souplesse, et les pages défilent sans qu'on y pense, à peine alourdies par quelques longueurs (vite digérées) et discours un peu mous sur la dégueulasserie du monde.


Tour à tour léger, grave, épique, intimiste, sanglant, tendre... Margot joue sur tous ces registres avec une facilité déconcertante et nous livre un roman-feuilleton inventif et gouailleur - survitaminé aux - bonnes - séries américaines (?) et aux films de Kusturica auquels fait référence l'un des personnages.

Mémé Pauline nous emmène en balade, de quoi nous remplir les poumons, les tripes, le coeur. On en revient ragaillardi !


La vieille dame qui ne voulait pas mourir avant de l'avoir refait / Margot D. Marguerite (La Manufacture de livres, 2009)

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 00:00

"Trop de notes, Mozart !" (l'Empereur autrichien, dans Amadeus de Miloš Forman)

Son premier roman m'était tombé des mains et j'avais fait l'impasse sur Versus. Intrigué par ce j'ai pu lire au sujet d'Antoine Chainas, considéré par beaucoup comme l'un des jeunes auteurs les plus talentueux du polar hexagonal, je me suis donc attelé à la lecture de son dernier roman, Anaisthêsia. J'ai bien fait.


Désiré Saint-Pierre est un flic noir dans une ville blanche. Méprisé par ses collègues, manipulé par sa hiérarchie. Il s'en fout.
Il habite le même quartier pourri depuis l'enfance et fait figure de traître aux yeux des habitants. Dans sa boite à lettres, il retrouve quotiennement des lettres de menace , un rat mort, des excréments. Il s'en fout.
Désiré n'a pas la vocation, son insigne facilite les choses, c'est tout. Comme d'arroser le quartier en poudre. L'ennui c'est qu'il a "égaré" un kilo de cocaïne et qu'il va avoir des comptes à rendre. Il s'en fout.
Désiré a une balafre qui court du menton jusqu'au front, à la lisière du cuir chevelu. Défiguré et atteint d'une singulière pathologie depuis l'accident de voiture : une indifférence totale à la douleur. Cause neurologique. Cas unique, choyé par son psychiatre. Un cobaye en puissance. Un monstre de foire. Il s'en fout.

Désiré se fout de tout. Ou plus exactement : il ne ressent plus rien. L'absence de douleur physique annihile aussi les émotions, les sentiments. Capacité d'empathie nulle. Compassion, colère, frustration, joie, peur... Tout s'évapore. Ne subsiste que quelques sensations fugaces et l'impression d'être déjà mort. Jusqu'à son chemin croise celui de la Tueuse aux bagues, qui met la police et les huiles politiques dans tous leurs états.

 
"Ils disent que quand tu meurs, on t’enferme dans une housse biodégradable Hygéral 100 avec une fermeture en nylon et drap absorbant conforme au décret numéro 8728 du quatorze janvier quatre-vingt-sept, article vingt-neuf, agréée par le ministère de la Santé et de l’Action humanitaire."
Dès les premières pages, Chainas nous projette dans un univers aseptisé, vaguement déshumanisé. Aucune indication sur le lieu où se déroule l'histoire, aucune donnée temporelle, et pourtant nous voilà de plein pied dans une réalité à la fois familière et lointaine, comme une version hypertrophiée de notre société actuelle. Et c'est pas beau à voir. Genre coupe longitudinale d'une tumeur.

D'ailleurs, Chainas semble s'intéresser de près à la chose médicale, versant neurologie, dont il nous donne un aperçu assez éloquent. Troubles psychiatriques, syndromes, comportements déviants, camisole pharmacologique, altération des sens, dérèglements. Observer les phénomènes marginaux pour mieux rendre compte de la réalité. Evoquer plutôt, dit-il, "...les laissés-pour-compte, les déviants, les marginaux... Tous ceux qui, à la périphérie de la société, définissent bien mieux que n'importe quel discours pontifiant, la normalité".

On dit que les livres de Chainas ne sont pas à mettre entre toutes les mains. Dérangeants, hyperviolents. Dans ce roman, en tout cas, il traite la violence avec une précision clinique, et l'effet est saisissant. Un peu comme si vous teniez fermement un morceau de glace jusqu'à ce qu'il vous brûle.


"Ils disent que ce seront les dernières choses qui resteront de toi. Des numéros.Statistiques, échantillons. Audimat, sondage. Cobtrat. TVA. Compte bancaire, carttes. Enregistrement, numéro de casier. Dossier, téléphone. Numéros de décrets, normes. Poids, taux, mesures.
Ils disent tous ça, mais aucun d'eux n'est mort.
Moi,si
."
Suivant un rythme lancinant, Chainas accélére soudain, coupe, hache, raccourcit ses phrases. Répétitions, accumulations, césures. Au point de forcer le trait parfois, de marteler, se s'éparpiller. Un peu plus épuré, le texte aurait encore gagné en impact, je trouve. Mais tout de même, l'ensemble est d'une belle virtuosité. Original, inspiré, fulgurant à certains moments.


Pour reprendre un procédé du roman, on peut dire qu'Anaisthêsia vous laissera, au choix :
a/ stupéfait
b/ choqué
c/ circonspect
d/ enthousiaste

Mais pas indifférent.


Anaisthêsia / Antoine Chainas (Gallimard, Série Noire, 2009)

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 00:00

"D'origine suisse, le personnage est connu, et reconnu. C'est un médecin ambitieux, brillant, spécialisé dans la recherche sur le système nerveux sympathique et les tissus vivants. (...) C'est un savant, donc.Il n'a rien d'un fou ni d'un agité. J'insiste : c'est un homme raisonnable, intelligent, sensible aussi.J'ai pu apprendre par exemple qu'il était un grand amateur de Richard Strauss, de ses opéras et de ses lieder." (p.21)

Il n'y a pas longtemps, Joseph Bialot écrivait sur le camp de concentration de Neuengamme et la tragédie du Lübeck. Des histoires pas forcéments connues, comme celle que nous raconte à son tour Gérard Streiff, à propos d'une collection pour le moins macabre que se constituait un médecin SS (encore que la juxtaposition de ces deux mots soit incongrue). Il s'appelait August Hirt et officiait à l'institut d'anatomie de Strasbourg pendant l'Occupation quand lui est venue cette idée - comment dire... aberrante ? monstrueuse ? - d'un musée du juif, dont les pièces principales seraient des restes humains. Une façon "scientifique" de sauvegarder des "spécimens" de cette "race" vouée à disparaître par la grâce du IIIème Reich.

Près de Strasbourg, au camp de concentration de Struthof, une centaine de juifs (des Stücken : des "morceaux") seront gazés pour servir les ambitions du nazi et ses thèses eugénistes, puis acheminés vers les caves de l'institut, où leurs corps subiront les pires atrocités avant d'être abandonnés quand les Alliés libèrent la ville, fin 44.
Aux militaires s'offrira une véritable vision d'horreur, les restes d'un carnage sans nom. Le récit s'articule autour du journal de l'un d'eux (un personnage fictif), chargé de rendre un rapport concernant cette affaire, et d'une enquête policière : de nos jours, des scientifiques à la retraite sont sauvagement assassinés. Le capitaine Cesare Borelli tente de trouver les liens qui les unissent. Bien-sûr, passé et présent vont se rejoindre.

On ne va pas chipoter sur l'intrigue qui sert essentiellement de prétexte à nous raconter cet épisode glaçant de notre histoire récente. Sachez tout de même qu'il n'est pas recommandé de réunir dans un village fantôme une bande de néo-nazis et des ex-soixante huitards...


Certes, ce court roman n'a pas la force et l'émotion contenues dans le livre de Bialot, celui-ci ayant été lui-même témoin et victime des événements, mais n'en reste pas moins un bon polar, bien documenté et qui nous met devant une terrible réalité. Voyez ce que l'homme est capable d'infliger à son semblable. La littérature sert aussi à ça, à méditer sur cette question et à se souvenir. Gérard Streiff l'a bien compris, qui revisite bien souvent l'histoire à travers le polar, et qui inaugure de façon salutaire la nouvelle collection L'Ecailler de l'Est (après L'Ecailler du Sud et du Nord).

On connait depuis 2003 l'identité des 86 juifs massacrés. Leurs noms figurent en fin d'ouvrage.

La collection / Gérard Streiff (L'Ecailler de l'Est, 2009)


 

On se retrouve dans une dizaine de jours (c'est-à-dire après mes vacances à St Malo où je vais humer l'air marin et celui du festival Etonnants voyageurs !), je vous parlerai notamment du premier roman d'un jeune auteur inconnu qui ne devrait pas le rester longtemps : ça s'appelle La vieille dame qui ne voulait pas mourir avant de l'avoir refait (!), et c'est publié chez un tout nouvel éditeur de polar qui a eu le nez creux.

Je vous dirai aussi deux mots de la rencontre (d'aujourd'hui) avec Marc Villard, mais sachez déjà que j'ai eu le plaisir de voir Bob Garcia hier soir pour un concert-lectures. Entre deux standarts de jazz (The man i love, Basin street blues...), on écoute des lectures d'extraits de polars, qui récapitulent un peu l'histoire du jazz et du polar, deux univers qui sont proches.
Bob, quand il ne plaisante pas, assure comme un beau diable à la contrebasse (et au banjo), et Flore, sa femme, a une voix magnifique. Bref, on a passé un sacré bon moment en leur compagnie, d'autant plus qu'ils sont tous les deux adorables.
Si certains parmi vous (et je sais qu'il y en a !) travaillent en médiathèque, je vous conseille vivement d'accueillir ce duo très complice - baptisé Harlem nocturne : vos lecteurs auront droit à une chouette "conférence en musique", avec la pédagogie sans le pontifiant. C'est pas beau, ça ?

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 00:00
Le jazz a toujours inspiré le polar. Question d'ambiance, surlignée par les destins tragiques et romanesques de quelques figures - Art Pepper, Charlie Parker, Chet Baker... Question d'essence : le jazz comme le roman noir chante "le blues de tous les déprimés qui sont seuls, tristes et inquiets et qui ne pourront jamais dire leur malheur".

En voilà une nouvelle illustration avec ce Jazz me blues, initié par les éditions Moisson Rouge, qui ont fait encore une fois du bon boulot : "à l'origine de cette anthologie, il y a la découverte fortuite de quatre grands textes : deux nouvelles de Charles Beaumont, deux autres de Davis Grubb (l'auteur de
La nuit du chasseur). (...) Avec une base aussi solide, il était tentant de constituer un recueil entier dans la même veine".


Tentant, et vraiment alléchant.
A l'affiche, donc : quatorze nouvelles inédites en France (la plupart ont été composées spécialement pour ce projet) et un orchestre franchement impressionnant : Marc Villard, Michel Boujut, Laurent de Wilde, Bob Garcia, Nathan Singer, Bill Moody, Jake Lamar, John Harvey et James Sallis. Rien que ça ! C'est un peu comme si on avait réunis les meilleurs solistes du "jazzpolar".


Des connaisseurs, de surcroît, musiciens pour certains, et qui s'attachent surtout au jazz vivant et populaire plutôt qu'à cette musique d'initiés vaguement intellectualisante qu'on nous sert depuis quelque temps. 

Chacun, dans un registre grave ou plus léger, joue sa partition avec doigté, pour former un ensemble harmonieux et cohérent, avec une mention spéciale pour les solos de John Harvey (Minor Key), Davis Grubb (Tous les chemins que j'ai parcourus) et Bill Moody (Child's play), particulièrement en verve.

De la Louisiane au canal Saint-Martin, du Birdland à une salle des fêtes des Vosges, des années 20 à nos jours, on croise de vieux bluesmen fatigués, un trompettiste de génie, un batteur raté, une beauté fanée, le frère de Phillip Marlowe, Billie Holliday, et même un crapaud coincé dans une caisse claire !

14 morceaux à la tonalité souvent intimiste, aux inflexions dures, mélancoliques ou enjouées, 14 trajectoires aux lignes brisées et ce même chorus des rêves inaccomplis, des promesses non tenues, des gloires éphémères. Tout n'est pas noir pour autant, entre les retrouvailles émouvantes de deux amis séparés depuis longtemps, l'affection d'un trompettiste pour son mentor, et, surtout, tous ces moments de complicité et de joie simple entre musiciens après un set bien balancé. Trop rares instants de plénitude.


Voilà un magnifique recueil de nouvelles, de mélodies souples et de breaks tranchants, d'où s'échappent à la fois la complainte d'un sax et l'énergie d'un swing. Beau, triste, parfois poignant. Le concert était réussi, comme on dit. Allez, un rappel ?


Jazz me blues / anthologie proposée par Jean-Paul Gratias ; 14 nouvelles noires inédites signées : Charles Beaumont, Michel Boujut, Bob Garcia, Davis Grubb, John Harvey, Jake Lamar, Bill Moody, James Sallis, Nathan Singer, Marc Villard et Laurent de Wilde (Moisson Rouge, 2009)
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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 00:00
"Mais si ça tournait mal, le malheur ne serait pas réparti équitablement. Les justes ne sont jamais épargnés, alors imagine ceux qui ont pêché." (Punchlines)

Les éditions Sarbacane lancent une nouvelle collection, Exprim'Noir. Ça peut surprendre venant d'un éditeur publiant surtout des albums pour enfants, mais on trouve déjà des romans noirs dans sa collection Exprim', destinée aux adolescents. D'ailleurs, les deux premiers romans de cette collection peuvent aussi s'adresser à un public ado (enfin, plus proche de la majorité que de l'entrée au collège, hein ?!, c'est quand même assez cru et violent).

Je vais commencer par faire mon grincheux (avant de revenir à de meilleurs sentiments), à propos du terme "roman noir urbain" sur le bandeau. Ce qu'on appelle les cultures urbaines, ok, je situe à peu près. Mais le roman noir urbain, là je ne vois pas. Ça voudrait dire qu'il existe donc un "roman noir rural" ?! Tiens, et pourquoi pas le "polar néo-rural" (et quid du néo-polar rural ?)... Bon, passons.

Christophe Gros-Dubois et Guillaume Secalati viennent tous deux du monde du hip-hop (le premier a collaboré au magazine L'affiche, le second a crée le groupe Mortal Kombat), ce qui explique sans doute l'omniprésence de la musique dans leurs textes (ainsi que le choix des titres). Une bande-son (ou bande originale de livre, pourrait-on dire) est même indiquée au début de chaque livre, plutôt rap pour Scratch, Funk et Soul pour Punchlines, afin de répertorier les multiples références musicales des protagonistes (surtout celui de Scratch) ou/et donner une ambiance au roman, pour peu que vous vous passiez, pourquoi pas, votre p'tite play-list en tournant les pages. Surtout, ils sont très attentifs au rythme qu'ils impriment à leur récit et à la musicalité de leur texte.


Dan a juré de se venger du caïd qui a bousillé sa vie alors qu'il n'était qu'un gosse, en humiliant son père et en détruisant l'image idéalisée qu"il avait de lui. Fini les tubes d'Otis Redding ou de James Brown fredonnés en voiture avec son père quand il l'accompagnait sur les champs de courses. Fini les joies simples, la complicité et l'affection paternelle. Le pater est parti loin cuver sa honte et sa déchéance, le fils reste seul avec sa mère, et puis bientôt tout a fait seul. La rue comme foyer d'accueil et banc d'école, à se forger de nouvelles armes mentales, pour ce jeune homme qui s'est "promis de ne plus laisser le danger et la peur [l'] écraser".

Dans un récit intimiste, au style sec, lapidaire, vif, Guillaume Secalati nous raconte l'ascension d'une petite frappe dans le Milieu. Ou comment un enfant gentil et réservé devient un homme dangereux, mû seulement par l'idée de vengeance et de pouvoir. 


Tandis que Scratch attaque le lecteur de manière frontale, Punchlines tourne autour de lui, préparant ses assauts. Après quelques dizaines de pages, au moment où l'on craint de le voir tourner en rond, plutôt inoffensif, il parvient à nous cueillir de quelques coups bien placés, pour ne plus nous lâcher.

Il était une fois Debbie-the-slut (je vous laisse traduire) porno star unijambiste partagée entre un producteur de X et Nine, culturiste accro aux poids et à la Bible.
Il était une fois John, scénariste dépressif apprenti boxeur qui défendra l'honneur de son père, éternel sparring-partner du noble art, au tournoi Son's of Jack Johnson, qui voit les rejetons des anciens champions s'affronter à leur tour sur le ring.
Des trajectoires aléatoires et des histoires déjantées pour des personnages au bord de l'abîme et d'autant plus vivants.

Christophe Gros-Dubois a choisi de situer son roman aux Etats-unis, "où il se passe une histoire étonnante par jour". Un pays plus habitué à l'excès, c'est vrai, et dans lequel il est sûrement plus facile de mettre en scène des personnages outranciers comme ceux cités plus haut (enfin, nombre d'auteurs ont montré qu'il n'y a pas besoin de traverser l'Atlantique pour écrire de bons polars, heureusement).
D'ailleurs, j'ai eu peur un moment que Punchlines ne tombe dans le grotesque, mais l'auteur maîtrise assez bien, finalement, les virages inattendus et souvent loufoques qu'il fait prendre à son intrigue. Et nous offre, en prime, quelques belles pages sur la boxe.


S'ils n'évitent pas quelques effets de manche stylistiques et manquent tout de même de consistance, de coffre, ces deux textes compensent avec un sacré punch et une belle énergie, un sens du rythme et de la réplique bien sentie.
On est donc agréablement surpris par la qualité de ces deux "premiers romans" - c'est à souligner - qui laissent une bonne impression et augurent de belles choses pour la suite. 

 
Scratch / Guillaume Secalati
Punchlines / Christophe Gros-Dubois
Ed. Sarbacane, Exprim'Noir, 2009
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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 00:00

Les détectives privés sont rares dans le polar français. Question de culture. Parfois, le rôle est confié au quidam moyen (comme chez Pouy, pour ne citer que lui), mais c'est la figure du flic qui prédomine.

Dominique Sylvain a justement choisi un détective, féminin qui plus est. Double contrainte, pourrait-on dire... Pari risqué question vraisemblance, mais pari réussi. Ceux qui ont lu les précédents opus (Strad, Baka !, Techno bobo, Soeurs de sang, Travestis) ne me contrediront sûrement pas. A ce propos, cette Nuit de Géronimo se suffit à elle-même et vous pouvez faire connaisance avec Louise Morvan sans avoir lu les autres.
L'intérêt de la série ne faiblit pas et l'héroïne - orgueilleuse, têtue, énervante, déterminée, indépendante, entre autres... - gagne en épaisseur à chaque roman.

Enquêtes & filatures, planques & patience, voilà le quotidien de Louise Morvan, qui en a parfois assez de crapahuter dans la boue ou de constater des adultères. Elle prendrait bien un adjoint, mais les fins de mois sont déjà difficiles (elle n'est pas la seule d'ailleurs, surtout en ce moment...).

Ce qui ne l'empêche pas de bien réfléchir avant d'accepter une enquête. Celle que veut lui confier Philippine Domeniac notamment. Les deux femmes se connaissent et ont un ami commun, en la personne du commissaire Clémenti, qui partageait encore la vie de Louise il y a peu (les tergiversations amoureuses des uns et des autres ont tendance à m'ennuyer dans les polars, mais ce n'est pas le cas ici, soit dit en passant).
Philippine vient de recevoir un e-mail anonyme, à propos de son père : Thierry Domeniac, surnommé Géronimo dans son enfance, était un brillant scientifique, spécialiste de chimie moléculaire, qui s'est suicidé 24 ans auparavant. 
 
Au sein de cette famille bourgeoise, encore traumatisée par cette disparition et qui cultive ses secrets comme le grand-père cultive ses orchidées, Louise est chargée de découvrir l'auteur du message. Elle se heurte aussitôt à l'animosité de certains membres du clan et notamment à Hadrien Domeniac, le frère cadet de Philippe, magnat de la grande distribution et PDG d'un laboratoire de génie génétique. Certains, semble-t-il, n'ont pas intérêt à voir déterrer cette vieille histoire.

Tandis qu'un dénommé Rotko, un ex-flic de choc aux motivations nébuleuses, entre en scène, les événements se précipitent, avec la mort violente du garde-malade, qui demeurait le seul suspect de l'affaire.


Dominique Sylvain déroule habilement une intrigue assez complexe, là où d'autres auraient fini par s'emmêler les pinceaux. Famille névrotique, mafia russe, génie génétique... Des ingrédients épars qu'on ne s'attend pas à trouver ensemble, mais qui chez elle forment un plat bien équilibré, relevé par la personnalité de Louise Morvan et plus généralement par le soin apporté aux personnages.
Comme souvent, elle s'intéresse aussi à des problématiques actuelles, ici les OGM, dont elle nous fait un exposé intéressant sans être pontifiant. De quoi réfléchir et donner envie de se pencher un peu plus sur le sujet.

La nuit de Géronimo, sorte de film d'espionnage tourné par un Chabrol (!), est une pierre supplémentaire à l'édifice romanesque de Dominique Sylvain, dont les polars atypiques sont néammoins susceptibles de plaire à un large public, à l'instar d'une Fred Vargas, publiée aussi chez Viviane Hamy. Qu'elle connaisse le même succès que sa "collègue", c'est tout ce qu'on peut lui souhaiter.


La nuit de Géronimo / Dominique Sylvain (Viviane Hamy, Chemins nocturnes, 2009)

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 00:00
"Dans les couloirs des offices centraux et autres grands services, et jusque dans les commissariats d'arrondissements, les gens bien informés murmuraient qu'il était chargé en quelque sorte des intouchables, des délinquants protégés par leur statut ou par leur célébrité, et que le pouvoir lui accordait tacitement le droit d'allumer son feu de bois avec le Code de procédure pénale."

Cette fois, le commissaire Lediacre, assisté de ses fidèles Pommérieux, un ancien des RG qui a gardé pas mal de contacts, et Hélène Vermeulen, jeune capitaine prometteuse, prend pour cible une figure de l'humanitaire : Pierre-Guillaume Heuzé, quand il n'arbore pas son éternelle chemise rouge délavé sur les plateaux-télé, siphonne les comptes de son ONG théoriquement dédiée aux orphelins du Sud-Est asiatique. S'il a déjà été dans le collimateur de la justice, PGH comme on l'appelle, s'est depuis refait une virginité et compte sur l'appui tacite de personnalités ayant eu recours à ses services pour "faciliter" des procédures d'adoption.

Détournements de fonds, corruption, trafics d'enfants, paradis fiscaux... Le charity business peut rapporter gros.
Lentement, minutieusement, Lediacre et son équipe tissent leur toile, referment leur emprise sur PGH. Au détour de l'enquête, ils vont aussi retrouver la trace de La flûte enchantée, le surnom que s'est donné l'un des pédophiles les plus recherchés d'Europe.


Hormis une intrigue solide, le principal intérêt de ce roman réside dans les personnages, et notamment celui de Lediacre, très réussi. Imprévisible, malin comme un singe, farouchement déterminé, voilà un personnage atypique et diablement attachant. Pour moi qui le découvre, je retournerais volontiers sur ses pas, pour le retrouver dans ses trois enquêtes précédentes, Les intouchables, Les deux amis et Les voitures vides.

Bien-sûr, les méthodes du commissaire et la simple existence de cette brigade des "intouchables" relèvent de l'improbable et on nage... en plein polar. Cela ne gêne en rien, quant au reste tout est parfaitement crédible, hélas, il n'y a qu'à se rappeler le scandale de L'ARC et de Jacques Crozemarie.


Pas le roman de l'année, comme on dit, mais un bon roman policier, nerveux, distrayant, où l'ironie mordante de Sénécal allège un peu la noirceur du propos. Ma seule réserve concerne le choix peu inspiré selon moi du titre et de l'illustration de couverture.


Les petites filles et les petits garçons / Didier Sénécal (Fleuve Noir, 2009)
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