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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 00:00

"Si je tente cette brève histoire du roman noir, c'est essentiellement parce que j'en écris, et que je ressens, partialement, la force et la "justesse" de ce genre littéraire flou, à géométrie variable, et sujet à maintes et maintes explications, explications et définitions."

Pouy nous livre donc sa chronologie et sa cartographie du noir, en retraçant, d'Oedipe roi à Zulu de Cary Ferey, les grandes - et petites lignes - du genre.

En ne cherchant ni l'exhaustivité ni même l'objectivité : il ne s'agit pas d'une étude, plutôt d'un hommage. Il prévient d'ailleurs : "Je ne suis ni critique, ni historien, encore moins universitaire, je ne suis qu'un simple passionné. Je n'ai pas tout lu. (...)Il ne faudra donc pas me chercher des poux dans la tonsure, et des cadavres dans le tiroir, si j'oublie des pierres de touche, des auteurs importants, des livres incontournables."

Avec humour, enthousiasme et sa verve coutumière, Pouy nous présente sa galerie de "nihilistes" (Horace McCoy, Jim Thompson et sa "cirrhose de l'âme"...), d'allumés (Crumley, Crews, Christopher Moore...) ou encore de "forcenés" (Chase, Villard, Westlake...). Des figures bien connues (Chandler, Ellroy, Simenon...), d'autres beaucoup moins (Kotzwinkle, Hjortsberg...).
On croise aussi Jim Harrison, Robbe-Grillet ou Dostoïevki qui "se moquait bien du roman policier quand il a écrit Crime et châtiment". Gare à ceux qui voudraient fixer les frontières du roman noir ou décréter une bonne fois pour toutes le genre "paralittérature" !


Le tout réhaussé d'un soupçon de provocation : "... le roman noir a gagné. Le roman policier est à enfoncer dans les poubelles de l'histoire, le thriller dans les chiottes du néo-freudisme et le roman à énigme dans le compost du sudoku." Eh oui, c'est qu'il y tient à l'A.O.C. "roman noir" ! Qui ne serait pas qu'une querelle sémantique, mais je ne vais pas m'étendre là-dessus et vous laisse plutôt à cette brève histoire.


Voilà en tout cas de quoi se lancer, ou continuer à patauger, dans le roman noir : si la plupart des références sont familières à l'amateur, il se dégagera bien ici ou là quelques pistes inexplorées ; quant au néophyte, il trouvera avec Pouy un éclaireur avisé.


Une brève histoire du roman noir / Jean-Bernard Pouy (L'oeil Neuf, 2009)


Vous pouvez vous procurer ce livre directement sur le site de
l'éditeur.

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 00:00

Les lampions clignotent sur les lampadaires, les catalogues de jouets s'entassent dans votre boîte aux lettres, le Père Noël (l'intérimaire, pas le lapon) a déjà commencé sa tournée des hypermarchés... Noël approche dangereusement... et vous ne savez toujours pas quoi (vous) offrir ?

Plus que 3 semaines. Lentement l'angoisse s'empare de vous. D'ici une dizaine de jours, on vous retrouvera blotti dans un coin sombre, les yeux hagards, vous écorchant la peau.

Plus que 3 jours. En plein dans l'oeil du cyclone. La télévision, les journaux, les collègues vous harcèlent. Noël-noël-noël. Il vous faudra vous jeter à l'abordage, défier la foule qui se répand dans les galeries marchandes, avaler ce grand déballage de marchandises, lutter contre la frénésie, écouter des vendeurs vous vanter leurs crédits payez-en-36-fois-TEG-fixe-19,8%-profitez-en-vite-!  Trouver un cadeau, vite-vite-vite. Sans compter qu'il faut consommer, mon brave monsieur ! Relancer la consommation, endiguer la crise ! 

Bref, si vous vous reconnaissez un tant soit peu ces symptômes (et même dans le cas contraire),

Zinc éditions a ce qu'il vous faut !  

 

Cette petite maison d'édition débordante d'imagination propose, entre autres, plusieurs "polarobjets".
On peut y trouver des Polars Postaux (7 cartes postales pour 7 chapitres), des Polaromètres (3,55 m de polar, qui
peut "se loger dans la poche ventrale d'un bleu de travail, dans la trousse de couture, et même dans la bibliothèque ; déplié, il peut faire le tour de votre appartement, relier la terre à la lune, ou prendre la mesure de votre perspicacité."), ou encore des Polars sous-bocks !, à déguster seul ou entre amis (seule contrainte : il faut lever son verre pour lire l'histoire, mais c'est un moindre mal...).

                                                exemple de Polar sous-bock (© Nathyi)

 
Sympa, non ?
Bref, voilà quelques cadeaux originaux - à des prix tout ce qu'il y a de raisonnable - qui devraient faire plaisir aux amateurs du noir, et aux autres aussi...

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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 09:51
"... souvent je suis pris du besoin irrésistible de partir pour une virée. Une balade sans but sur cette longue route solitaire où chaque carrefour propose un choix (...). La route peut paraitre synonyme de plaisir et de liberté, mais ce n'est pas la vraie liverté. Ce n'en est que l'illusion". James Crumley

Rien de tel que ses romans, bien-sûr, pour se remémorer James Crumley. Mais on peut aussi regarder le film documentaire qui lui a été consacré il y a quelques années, réalisé par Matthieu Serveau, un cinéaste fan de l'écrivain. 

Un road-movie passionnant, une quête sur les routes du Montana à la recherche... du bar parfait ! Eh oui, c'est la mission (auto)confiée à Crumley dans ce film ("... croyez-moi, le Montana regorge d'abreuvoirs formidables"), mais c'est aussi et surtout l'occasion de côtoyer un peu le personnage, au fil d'une bal(l)ade poétique, où Crumley égrène tour à tour les verres et les souvenirs.

Un visage de l'Amérique
L'occasion aussi de pénétrer dans l'univers de l'écrivain et le pays qu'il s'est choisi, le Montana : une région grande comme la France et peuplée d'un million d'habitants seulement, située entre les Rocheuses et le Canada.
Des plaines immenses, aux longues routes droites comme un garde-à-vous, et des... bars, en plein milieu de nulle part, comme autant de refuges chaleureux. C'est l'Amérique profonde (la vraie, diraient les gens du coin), là où Crumley situe la plupart de ses romans.
Avec sa lourde dégaine d'ours mal léché et son air bourru, Crumley nous montre les bons coins, et il a le contact facile, le bonhomme. Ses arrêts au stand lui permettent de faire connaissance avec les gars du cru, de papoter un peu, et de rigoler surtout (ces types font d'ailleurs furieusement penser à certains de ses personnages). On y voit un Crumley facétieux, curieux, attentif aux autres, et plein de vitalité : une sorte d'énergie brute peu commune. Qui n'aime rien tant que le mouvement et la rencontre.

Alors ça écluse, ça taille la route, ça plaisante. On voit défiler les routes, les bars, les visages, mais surtout on voit défiler de la vie ; un concentré de 52 minutes, belles, simples, émouvantes.


Vous pouvez visionner les 10 premières minutes du film
ici.


L'esprit de la route / réal. par Matthieu Serveau (Bonne Pioche Productions, 2002)
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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 20:45
La Huit Production a sorti 3 DVD, contenant chacun 3 portraits d'auteurs de polar (de 26mn chacun). Ils y évoquent notamment leur ville, leur façon de travailler, leurs personnages...
Parmi eux, une majorité d'écrivains anglo-saxons : Marc Behm, Donald Westlake, Jérôme Charyn, Lawrence Block, Robin Cook, William McIlvaney ; on y trouve aussi des auteurs français : Fred Vargas, Tonino Benacquista et Maurice Dantec.
Sacré programme. On en reparle bientôt.


Pour vous faire une idée, vous pouvez visionner un extrait de ces films sur dailymotion, d'où est tirée la vidéo qui suit, consacrée à Jérôme Charyn, qui évoque son enfance et aussi New-York.





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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 13:27
Depuis une vingtaine d'années, le polar remporte un vif succès : il a gagné en respectabilité et draine un nombre incroyable d'auteurs de qualité, son public s'élargit, la production éditoriale augmente sans cesse... jusqu'à l'overdose ? Parmi la multitude d'ouvrages qui paraissent chaque année, on a parfois du mal à s'y retrouver, d'autant plus que les livres restent de moins en moins longtemps sur les tables des libraires, poussés par une nouvelle fournée...
Alors on cherche des conseils : ceux du libraire, du bibliothécaire, de "l'amateur averti" ou des amis, afin de se repérer dans ce véritable maquis littéraire. 


nullC'est l'objet de ce petit livre, qui recense une centaine de "classiques" classés par ordre chronologique, de Double assassinat dans la rue Morgue (1841) à Millénium (2005) (rien pour 2006 & 2007 ?! bon, dommage...).

Certes, le titre est un peu prétentieux : LE guide des 100 polars INCONTOURNABLES. Pourquoi 100, justement ? Un chiffre rond, me direz-vous. A moins que l'on ne cède au virus foudroyant (et principalement télévisuel) du Classement : le top 100 des meilleurs gags, le top 100 des plus belles actrices, le top 100 des meilleurs gags des actrices les plus belles etc... Bref.

En réalité, il ne s'agit que d'une sélection et, comme toute sélection, celle d'Hélène Amalric est réductrice et discutable, bien-sûr. Comme dit le proverbe, "choisir c'est renoncer" et comme le rappelle la 4ème de couverture, "La seule bibliothèque idéale, c'est la vôtre!". Alors on peut regretter les absences de James Sallis ou de John Harvey, relever quelques incongruités (pas trace d'un quelconque auteur sud-américain) ou déplorer la présence du Da Vinci code (pour les puristes).
A l'inverse, on peut aussi se féliciter de voir mentionner des auteurs peu connus du grand public comme William McIlvanney, Daniel Woodrell ou Andrew Vachss.

Mais l'essentiel n'est pas là, puisque ce guide n'a pas vocation à être exhaustif mais à présenter de façon succinte une centaine d'ouvrages donnant un aperçu représentatif du genre. Et là, le pari est réussi : pas d'oubli majeur, les "grands" sont bien là, même si le roman choisi n'est pas forcément leur meilleur (je pense à La loi de la cité d'Elmore Léonard, encore que ça reste très subjectif, une fois de plus...) et les informations données sont justes et pertinentes.
La présentation est simple et claire : pour chaque titre est renseigné le genre (suspense, noir, énigme...) et, le cas échéant, le titre original, le traducteur et le(s) Prix obtenu(s).  
Vient ensuite un extrait du roman, un encadré résumant la vie de l'auteur puis un résumé/critique, qu'on aimerait d'ailleurs un peu plus approfondi.

Enfin, on notera la présence de romans plus habitués aux honneurs de la littérature blanche - De sang-froid de Truman Capote, Crime et châtiment de Dostoievski -, mais qui rappellent que le champ d'investigation du polar est loin d'être limité.

Au final, un p'tit outil qui remplit bien son office, d'autant plus que les guides de lectures ne sont pas légion.





Le guide des 100 polars incontournables / Hélène Amalric (Librio, 2008)
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31 décembre 2007 1 31 /12 /décembre /2007 17:02
Beaucoup d'articles ont déjà été consacrés ici et là à la seconde édition du Dictionnaire des littératures policières, publié sous la direction de Claude Mesplède. Pas grand chose à ajouter donc au concert de louanges largement méritées... 

undefinedJe faisais partie des malchanceux-imprévoyants-frustrés de la première édition, épuisée au bout de trois semaines. Cette fois pas de problème, le Dilipo était sous le sapin. Les éditions Joseph K. ont semble t-il anticipé le succès et prévu un tirage conséquent. 
Ca fait plaisir en tout cas de voir dans les librairies ces deux tours parallèles de Dilipo qui s'élèvent du sol jusqu'à la taille... Puisqu'il s'agit bel et bien d'un événement éditorial.
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On ne se lasse pas de feuilleter les deux volumes aux proportions généreuses, butinant au hasard  ou filant directement à l'article recherché... 
Et on y trouve TOUT : les auteurs bien-sûr, des illustres jusqu'aux plus confidentiels, les écoles, les collections, des thèmes associés - le gangster, la boxe, le scoutisme (!) -, les revues & fanzines consacrés au genre, les prix...

Un livre hors-normes, auquel ont contribués quelques 120 collaborateurs, et dont la particularité, comme le rappelle François Guérif dans sa préface, "est son évidente nécessité". Il faut bien dire que les ouvrages de référence sur le polar ne sont pas légion, et sont bien loin d'approcher ce degré d'exhaustivité, de richesse, de pertinence...

Bref, un ouvrage absolument indispensable à tout amateur.


Et pour finir, BONNE ANNEE A TOU(TE)S !


Dictionnaire des littératures policières / sous la dir. de Claude Mesplède (Joseph K., 2007)
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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 15:05

Le Seuil inaugure une nouvelle collection poche intitulée Roman noir, pas très original comme titre me direz-vous, mais ça a le mérite d'être clair, d'autant plus que les huit romans déjà publiés - ou en passe de l'être - sont effectivement d'authentiques romans noirs. 
Bon, il s'agit de rééditions, dans le même principe que Points Seuil Policier, mais c'est l'occasion de (re)découvrir certains auteurs comme Clarence Cooper, Gil Scott-Héron (publiés pour la première fois dans la magnifique - et éphémère - collection Soul Fiction, dédiée au pendant littéraire de la "Blaxploitation", cinéma noir américain des années 70 dont les thèmes récurrents étaient - mais c'est réducteur - le sexe, la violence, le guetto...), ou encore Guillermo Arriaga  ou
Enrique Serna...(je vous parle bientôt de ces deux-là)

Personnellement, j'aime bien la maquette, épurée, avec ce fondu au noir et ces photos N&B. Pas vous ?


BadCityBlues.jpgPaperboy.jpgLe-Vautour.jpgJoncquet.jpg

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20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 17:52
 « Ce livre est né de mon désir d’aller aux Etats-Unis, et mon désir d’aller aux Etats-Unis de ceux-là mêmes qui sont le sujet de ce livre : les auteurs de romans noirs. Ils sont à mes yeux les chroniqueurs les plus pénétrants de l’Amérique d’aujourd’hui, mais demeurent néanmoins soigneusement ignorés ou traités avec condescendance par les arbitres du bon goût en littérature – non seulement dans la patricienne Angleterre, mais également dans leur propre pays ».


badlands3.jpgVoici les premières phrases de ce formidable bouquin, une relation de voyage par l’anglais John Williams au début des années 90 (non, Badlands n’a rien perdu de son actualité et de son intérêt…).
Ecrit à la première personne, dans un style direct, alerte, imagé, ce livre nous embarque ni une ni deux dans un périple de 300 pages à la rencontre des grands noms du roman noir, de la Floride de Charles Willeford au New York de Nick Tosches en passant par la Californie de James Ellroy ou le Montana de James Crumley.


Décrivant une grande boucle au départ de Miami, John Williams parcourt d’abord le Sud – la Louisiane et le Nouveau-Mexique – avant de rejoindre la côte Est – Los Angeles, San Francisco -, remonte ensuite vers le Montana et Chicago pour finir par New York en faisant une halte à Détroit ainsi qu’à Boston. Au gré des déplacements et des rencontres de l’auteur, nous croiserons notamment Tony Hillerman, James Lee Burke, Elmore Léonard, Eugène Izzi ou Sara Paretsky qui évoquent leur parcours, la façon dont ils appréhendent leur métier, dont ils organisent leurs intrigues et construisent leurs personnages ; ils évoquent leur propre histoire, celle de leur quartier, comme autant de sources d’inspiration… « Ecrire sur ce que l’on connait le mieux » est une maxime qui revient souvent, quand d’autres effectuent un gros travail de recherche (on apprend par exemple qu’Elmore Léonard  a embauché un documentaliste à mi-temps qui collecte pour lui tout un tas d’informations qui sert de matière à ses romans). 

Au gré des rencontres, des anecdotes (savoureuses ou glauques, c’est selon) et des discussions avec les écrivains, le livre brosse un portrait contrasté de l’Amérique, où la misère côtoie l’opulence, où les questions raciales occupent une place d’importance dans les remous de la société américaine, minée par le racisme, la corruption, la violence… Et le rêve américain en prend un sacré coup...
Si vous connaissez déjà les auteurs mentionnés, vous aurez plaisir à les retrouver dans leur environnement ; s’ils vous sont inconnus, voilà une chouette façon de les découvrir et nul doute qu'après ce livre refermé, vous vous précipiterez sur leurs histoires.

Un mot sur l’auteur : après la rédaction de ce fameux livre, John Williams s’est lui-même lancé (avec brio) dans l’écriture de polars avec une trilogie consacrée à la ville de Cardiff : Cinq pubs, deux bars et une boite de nuit, suivi de Cardiff dead et du Prince de Galles.
Bon voyage !


Badlands
/ John Williams (Badlands, trad. de l'américain par Olivier Schwengler. Rivages, Ecrits noirs, 1994)

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4 novembre 2007 7 04 /11 /novembre /2007 19:30

La collection Suite Noire (éditions de la Branche) est un hommage à la célèbre et désormais défunte Série Noire (qui doublonnait avec Folio Policier d’après Gallimard, mouais…) et emprunte leurs titres aux plus fameux jalons de l’historique collection, sous formes d’ « allitération, homophonie ou de jeu de mots ». On trouve ainsi Tirez sur le caviste, Le linceul n’est pas qu’aux moches ou encore le scabreux et non moins prometteur Pizza sur la touffe… Je vous laisse retrouver les titres originaux…

Second clin d’œil : Suite Noire reprend la fameuse maquette de son aînée, fond noir et bandeau coloré (couverture cartonnée, pas de photo, de 4ème de couv., bref pas de chichis…), mais le jaune, définitivement associée à la Série Noire, laisse la place aux rose fuchsia, saumon, vert bouteille, bleu outremer ou marron (franchement) douteux…

Le principe est de « proposer des récits courts qui devront se lire comme on déguste un petit noir, sans sucre et cul sec. » Mission réussie !
Notamment grâce au directeur de la collection, qui n’est autre que Jean-Bernard Pouy, vieux briscard du polar français et ardent défenseur de la littérature populaire. Déjà impliqué par le passé dans différentes affaires - les collections Série Grise, Pierre de Gondol, le journal Shanghaï Express -, et considéré comme le cerveau dans la fameuse affaire du Poulpe (qui est réapparu dernièrement, on en reparle bientôt…), l’homme récidive avec une nouvelle collection (et aussi un nouveau roman chez Fayard Noir), entouré d’une brochette de complices commettant de p’tits bouquins bien balancés, nerveux, tranchants comme un rasoir 18 lames sur le menton viril d’un play-boy Wilkinson (J) !
 

Parmi la vingtaine de titres déjà publiés, on trouve des auteurs comme Jean-Hugues Oppel (La Déposition du tireur caché est l’un des meilleurs de la collection à mon goût), Didier Daeninckx, Marc Villard, Tito Topin, Romain Slocombe, Caryl Férey, Chantal Pelletier et bien d’autres, qui ont tous en commun d’avoir publié à la Série Noire ; dont Pouy lui-même avec un Petit bluff de l’alcootest savoureux qui nous emmène en Bretagne accompagné d’Armand, « correspondant local » un peu foireux du canard régional, confronté à un fait divers pas banal et qui en creusant un peu va rencontrer des gens pas vraiment recommandables…
 
Bref, des romans courts (calibrés à 90 pages environ), rondement menés, qui vous feront passer un bon moment de lecture.
On y revient bientôt avec Les Fans sans balance de François Joly.
 
Seul petit bémol : le prix. A 10€ pièce, on réfléchit un peu pour un livre de poche et on l’aurait aimé un peu plus abordable, même si la couv. cartonnée fait augmenter les coûts d’impression, qu’il faut bien payer les auteurs etc…

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