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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 18:19

Sale temps pour les Géants...

Après James Crumley, c'est au tour d'un autre grand écrivain américain de s'éteindre. Le "père" de Jim Chee et John Leaphorn, ses personnages de flics navajos, est mort hier à l'âge de 83 ans.
Ses romans, pour la plupart, évoquent la culture navajo, avec force détails et une grande connaissance des cultures indiennes, sans pour autant rogner sur la qualité des intrigues et des personnages. J'en avais parlé il y a peu, ici-même.


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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 22:12

Je viens de l'apprendre. James Crumley vient de mourir, à l'âge de 68 ans. On ne peut pas dire qu'il nous ait quitté dans la fleur de l'âge, mais ça fout quand même un choc.

Il était l'un des plus grands écrivains de romans noirs.
Un sacré sens de la formule, du bagout, du style.
Deux personnages inoubliables, Sughrue & Milodragovitch.
Une dizaine de romans magnifiques et pleins de vie.

Il y a quelques années, à St Malo, j'ai vu un film intitulé L'esprit de la route. Un peu par hasard, et puis le titre me plaisait bien. C'était un documentaire sur un écrivain du Montana, appelé James Crumley. Le portrait original et très beau d'un bonhomme terriblement attachant.  
A ce moment, je ne connaissais pas encore ses romans, ça m'a donné envie. J'ai commencé par Fausse piste. Dès les premières pages, j'y ai retrouvé, intacts, cet humour et cette humanité qui m'avaient tant frappé à l'écran.

Ca commence à faire beaucoup cette année, après Fajardie et Grégory McDonald.
Et dire qu'on ne lira plus d'autres Crumley...

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 16:02
La famille de l'écrivain décédé en 1995 a décidé de léguer (généreusement) l'ensemble de ses manuscrits à la Bibliothèque Nationale.
Carnets de notes, dessins, correspondance, ébauches... : des archives qui devraient ouvrir de nouvelles perspectives sur l'oeuvre de Manchette et faire le bonheur des chercheurs et amateurs en tous genres.

Une autre bonne nouvelle nous vient des éditions Gallimard, qui s'apprêtent à publier les premiers cahiers de son Journal, rédigé entre 1966 et 1995 (le premier tome couvre la période 1966-1974, sortie prévue le 2 mai).


Voilà qui devrait ravir les inconditionnels de l'écrivain et nous donne l'occasion de (re)découvrir cet immense auteur trop souvent réduit au titre de "père du néo-polar".
Dix romans en dix ans. De 1971 à 1981, Jean-Patrick Manchette a publié dix romans "d'intervention sociale" qui ont contribuer à faire entrer le polar français dans la modernité. La dérive terroriste (Nada), le blues de la police (Morgue pleine) ou celui des cadres (Le petit bleu de la côte ouest)... : son oeuvre aborde de front la société contemporaine, quand elle ne met pas carrément les pieds dans le plat (L'affaire N'Gustro, en référence à l'affaire Ben Barka) !
Mais il ne faut pas réduire ces romans à leur aspect documentaire : Manchette fut d'abord un grand styliste. Epurés, imagés, se bornant aux faits et gestes dans une apparente simplicité, les romans de Manchette sont avant tout de petits bijoux littéraires.

Enfin, le plus important aujourd'hui, outre l'influence qu'il a exercé sur de nombreux auteurs, c'est que Manchette est encore et toujours lu : les rééditions successives rencontrent à chaque fois de nouveaux lecteurs, tandis que se multiplient les contrats de droits étrangers ; ses romans sont traduits en allemand, espagnol, italien, anglais, polonais, tchèque, vietnamien... !

Comment expliquer un tel succès, notamment auprès des jeunes générations ? La réponse d'Alain Dugrand, un autre "écrivain du réel" : "Parce que dans ses romans on ne s'emmerde pas. Les personnages ne prennent pas la pose devant la cheminée du salon. Le refus des sentiments et la radicalité de la phrase tranchent toujours autant avec cette littérature molle qui nous envahit à chaque rentrée littéraire. Manchette est profondément un écrivain de l'action, de la cité et de la ville. C'est pour cela qu'il restera très longtemps moderne." (Livres-Hebdo, 11/04/08)



PS : vous pouvez retrouver Manchette en images sur le site de Libération, dans la rubrique Album des écrivains.
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22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 14:44

Roger Grenier a écrit de nombreux romans, nouvelles, essais, dont un sur Camus notamment. Son dernier livre paru, Instantanés, retrace en 25 portraits les rencontres qu’il a faites au cours de sa vie, parmi lesquelles Queneau, Romain Gary, Cortazar et … James Hadley Chase (de son vrai nom René Raymond), à propos duquel il raconte :

 
« (…) A vingt ans, il devient responsable d’une chaîne de librairies de location. Il sélectionne. Il lit des milliers de livres. Il observe les clients. Il constate le succès des romans policiers tough. C’est ainsi qu’il finit par se dire : « pourquoi pas moi ? ». Equipé d’une machine, de papier bleu et d’un dictionnaire d’argot, il commença à écrire Pas d’orchidées pour miss Blandish.
Cet homme méthodique n’a rien laissé au hasard. Je lui ai demandé :
chaseportrait.jpg« Pourquoi ce pseudonyme, James Hadley Chase ? 
- J’ai longtemps observé les clients des librairies. Ils regardent les rayons, rangés par ordre alphabétique. Ils passent devant le A, hésitent devant le B et commencent à sortir des livres à C. Il fallait donc que mon nom commençât par C. Jusqu’à G, c’est bon. Après, ils sont fatigués. »
James Hadley est venu compléter Chase.
« C’était la mode des noms en trois morceaux. »
- Mais vous avez signé aussi des livres Raymond Marshall et Ambrose Grant.
- C’était la guerre. Chaque auteur n’avait droit qu’à une attribution de papier limitée. Avec trois noms, je pouvais publier trois fois plus. »
 

…Et Chase fut particulièrement productif, avec environ 90 romans à son actif !
 
Anecdote savoureuse d’une époque où les romanciers français, de leur côté, étaient presque contraints de publier sous pseudo américain, avec la vague du hard-boiled qui déboulait sur les côtes françaises juste après celle des Alliés.
Enfin, prendre un pseudo américain alors qu’on est anglais avec un nom à consonance française, là ça devient franchement cocasse !
 
Les romans de Chase sont toujours très détaillés (le nom d’une rue ou d’un bar dans telle avenue américaine…), ce qui a longtemps fait croire à ses lecteurs qu’il était américain ou, tout du moins, qu’il s’y rendait régulièrement. Hors il n’y a jamais mis les pieds ! Son truc c’était plutôt les annuaires… D’ailleurs :
 
« Parlez-lui de l’Amérique. Sous sa moustache se dessine une moue de dégoût.
- Je n’aime que les vieilles églises, la campagne, les concerts. Je ne vois pas ce que l’Amérique pourrait m’apporter. »
 
 
A noter que plusieurs romans de Chase ont été réédités cette année en Folio Policier, ainsi on peut (re)lire Pas d’orchidée…, Eva, Méfiez-vous, fillettes ! ou La Chair de l’orchidée dans une nouvelle édition. Un p’tit rafraichissement qui pouvait pas faire de mal après presque dix ans de traversée du désert éditorial…


Si vous avez un peu de temps (et ça vaut vraiment le coup, rien que pour le décor...), je vous invite à regarder cet extrait, datant de 1972, où le cinéaste Jean-Pierre Melville (Le Deuxième souffle, L'Armée des ombres...) évoque l’univers de J.H. Chase.

Enfin, vous pouvez aller jeter un oeil sur ce site, par un fan(atique) de l'écrivain.
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