...un blog consacré au polar en général et au roman noir en particulier. Yann Le Tumelin
Bien-sûr, j'avais déjà pensé au travail et au rôle des traducteurs. Certains d'entre eux, même, revenaient souvent dans mes lectures, comme Brice Matthieussent par exemple, traducteur de Fante, Jim Harrison, Pete Dexter... Presque une antienne, au bout d'un moment.
Mais... ce n'est pour autant que je les mentionne dans mes billets.
Or, ces derniers temps, je pense à eux de plus en plus souvent. Ça me tracasse, même.
La faute aux derniers romans de Lehane et d'Evangelisti, remarquablement traduits par, respectivement, Isabelle Maillet et Serge Quadruppani. Ce dernier est doublement fautif d'ailleurs, qui a encore dû réaliser une prouesse de traduction avec le nouveau roman d'Andrea Camilleri, comme d'habitude truffé d'argot et d'expressions issus des différentes régions siciliennes. Autant d'obstacles linguistiques que Quadruppani franchit toujours avec brio.
La faute encore à une petite discussion par commentaires interposés sur un blog "polardeux" (Noirs desseins) à propos de l'édition française. Je soulignais l'excellent travail de prospection et la curiosité des éditeurs, grâce auxquels les littératures étrangères sont si bien représentées en France (mais oui...) et, le croirez-vous, personne n'a eu la présence d'esprit de me faire remarquer que j'avais omis de parler des traducteurs !
La faute toujours au très intéressant Journal d'un traducteur d'Emmanuel Pailler (traducteur de Lovecraft et Westlake entre autres). Et aussi à l'excellente interview du bonhomme par JM Laherrère sur Actu-du-noir.
La faute enfin à cet article paru dans Médiapart, sur la (délicate) situation économique des traducteurs en France.
Bref, vous l'aurez compris, ce n'est pas de ma faute...
Je n'y suis pour rien si jusqu'à maintenant, par négligence ou par paresse, je n'indiquais jamais le traducteur dans mes billets, seulement le titre original du livre.
Mais, dans ma grande magnanimité, je veux bien passer l'éponge, et désormais je dévoilerais systématiquement le nom du traducteur (ou de la traductrice...) ; en reprenant aussi les billets publiés jusqu'à présent, voilà.
Et vous me copierez cent fois : "les traducteurs sont des auteurs/lecteurs comme les autres" !