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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 00:00
Après avoir lu La Cote 512, un polar historique se déroulant durant la Grande Guerre, j'ai eu envie d'en savoir un peu plus sur l'auteur, qui a gentiment accepté de répondre à quelques questions...


Thierry Bourcy a plusieurs cordes à son arc : réalisateur, scénariste, écrivain... Il a pourtant commencer à travailler à... l'hôpital psychiatrique de Vannes, après un DESS de psycho-pathologie, jusqu'à sa rencontre avec le scénariste Bernard Revon. Il commence alors une carrière d'assistant/ régisseur tout en réalisant son premier court-métrage et en faisant ses débuts de scénariste pour la télévision ; tout en continuant à réaliser des courts-métrages et des films documentaires, son activité de scénariste le fait travailler avec des personnalités aussi diverses que Georges Lautner, Jean-Claude Brialy, Jean-Louis Lorenzi ou Philippe Laïk... Depuis une douzaine d'années, il dirige régulièrement des ateliers d'écriture de scénarios. Actuellement président de la Mutuelle des Auteurs (MACD), Thierry Bourcy est également auteur de pièces de théâtre, de chansons et de... polars historiques.




Vous vous définissez d'abord comme un "raconteur d'histoires". Ce goût pour les histoires, d'où vous vient-il ?

De mon enfance plutôt solitaire et rêveuse.

 

Tous vos romans se déroulent durant la Grande Guerre. Pourquoi avoir choisi cette période ? Ou peut-être devrais-je dire : pourquoi avoir choisi d'écrire du polar pour évoquer la Grande Guerre ?

J'ai commencé à écrire ma série "Célestin Louise" à la suite du scénario de La tranchée des espoirs qui m'avait valu un prix aux RITV de Reims. Plongé dans cette période et disposant d'une documentation importante, j'ai eu envie de poursuivre et de continuer à explorer l'univers de cette guerre dite grande. Le polar m'a permis de développer le paradoxe autour de l'assassinat interdit par la loi, et permis par la guerre.

 

Une chose m'a frappé à la lecture de La cote 512 : il s'agit d'un récit très documenté sur la Première Guerre Mondiale et notamment sur la vie quotidienne des soldats. Vous êtes-vous beaucoup renseigné sur le sujet ?

Effectivement, j'ai accumulé beaucoup de documentation : livres, articles, films, photographies, et même des mémoires inédites de poilus.

 

Comment est né le personnage de Célestin Louise, ce jeune inspecteur engagé volontaire ? Parlez-nous un peu de lui...

Célestin est né d'une intuition, d'une vision que j'ai eue en écrivant le scénario de La tranchée des espoirs, une divagation de mon imagination au cours de laquelle j'ai vu un inspecteur de police continuer à faire ses enquêtes au milieu de la guerre, sans doute pour ne pas devenir fou. Je lui ai donné le prénom de mon propre grand-père paternel, Célestin Bourcy. Je l'avais d'abord appelé Louis, mais j'ai ajouté un E pour lui donner un nom en quelque sorte féminin, ce qui m'amusait et donne un peu d'ironie à toutes ses actions guerrières.

 

Le quatrième roman de la série, Les traitres, qui vient de paraitre, débute en mars 1917 ; les aventures de Célestin Louise vont-elles s'achever avec l'Armistice ?

Mon intention est en effet de mettre fin aux aventures de Célestin Louise en 1918, avec l'Armistice. Dans le dernier volume, il sera aux prises avec un Américain du contingent fraîchement débarqué des USA.

 

La réédition de La cote 512 dans la collection Folio Policier a précédé de quelques jours la mort du dernier Poilu de la Grande Guerre, Lazare Ponticelli ; désormais, nous n'aurons plus de témoignage oral direct. Craignez-vous qu'avec le temps, cette période de notre histoire perde peu à peu de son importance dans la mémoire collective ?

Au contraire, je peux constater qu'il n'y a jamais eu autant de travaux, artistiques ou historiques, sur la Grande Guerre. Je pense qu'on n'a pas fini de la revisiter.

 

Il existe une "bataille" historiographique concernant la psychologie des combattants de la Grande Guerre. A la question : comment les soldats ont-il fait pour tenir dans de telles conditions ?, l''Ecole du consentement" répond par le concept de "culture de guerre" et le fort sentiment patriotique, tandis que d'autres historiens mettent en avant une thèse de "la contrainte", c'est-à-dire une ensemble de facteurs - la pression militaire et aussi celle du "groupe", la formidable résistance physique et psychique du soldat, la banalisation de l'activité guerrière... En lisant La cote 512 (et aussi au vu du téléfilm La tranchée des espoirs), vous semblez plutôt vous situer parmi les seconds, non ?

Effectivement, quitte à me montrer un tout petit peu anachronique, je laisse mes personnages exprimer dès les premiers mois de la guerre leurs doutes et leur désarroi. C'est mon côté pacifiste (déjà à l'œuvre dans La tranchée des espoirs)

 

Savez-vous si Gallimard a prévu de poursuivre la réédition des autres romans de la série ?

Je crois qu'il est prévu de rééditer le second volume, L'arme secrète de Louis Renault, et peut-être le troisième, Le château d'Amberville.

 

Quels sont vos projets en cours ?

Un scénario avec Jean-Louis Lorenzi sur la déportation de Charlotte Delbo, Rideau rouge à Raisko, pour France 2. Un court-métrage (comme scénariste et réalisateur) sur les boucles d'oreille d'identification des vaches. Le scénario d'un documentaire sur Nungesser et Coli. La réalisation au cinéma d'une comédie sociale. Et bien sûr, l'écriture du dernier volume des aventures de Célestin Louise.



Pour en savoir plus, n'hésitez pas à consulter le site de l'auteur.

De plus, si vous habitez la région toulousaine, vous pouvez rencontrer l'auteur le 25 mai prochain, au Festival de Tournefeuille, "L'Histoire en toutes lettres", dont le thème est cette année :
le roman en habit noir.

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Published by jeanjean - dans entretiens
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commentaires

AleX 08/04/2008 11:31

Ce garçon m'étonnera toujours.... Un bonhomme qui a l'air aussi riche que sympathique en tout cas ce Monsieur Bourcy !
Bravo Jean-Jean !

AleX

Jean-Marc Laherrère 08/04/2008 09:54

Merci pour l'interview, et pour l'info concernant le festival de Tournefeuille. Encore un bouquin qui est sur ma pile, immense, qui n'arrive pas à baisser.

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